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 In the Shadow of the valley of Death.

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MessageSujet: In the Shadow of the valley of Death.   
Sam 2 Nov - 15:39


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Emir



In the Shadow of


the valley of Death.


La discussion qu'il avait eut avec Muadhnait n'avait pas eut que du bon pour elle, mais pour lui aussi. Le fait de pouvoir s'ouvrir à ce point avec une personne, bien qu'étrangère à son milieu, avait quelque chose d'apaisant. Siobhán voulait des choses qu'il ne souhaitait pas lui donner. Non pas qu'Emir ne soit pas sûr de lui quand à ses prouesses de Vampires Maker mais, ce n'était pas quelque chose qu'il aimait faire. On lui avait donné ce choix, un choix qu'aucune personne de censé ne refuserait à moins d'être complètement versé dans la religion. Emir n'avait pas fait partit de ces gens-là. Lui, comme tout homme, pieds au mur, confronté à la mort qui avancer lentement, mais inexorablement vers lui, n'avait pas su dire non au seul moyen qu'on lui proposait pour rester en vie. Ce fut très certainement le seul moment de toute sa vie, où il avait preuve de tant de lâcheté, lui qui, pourtant, alors que la bataille s'annonçait perdue, avant sonner une dernière charge, avec une poignée d'hommes, trop fier pour rentrer bredouille, l'armée valaque sur ses flancs, la queue entre les jambes, à Edirne, ancienne capitale de l'Empire Ottoman.

Il avait vu. Il avait vu ce que le vampirisme était capable de faire. Emir n'avait pas toujours su garder contrôle de lui-même, bien qu'avec les années, ses pulsions devenaient moins vivaces. Il savait qu'il avait probablement changé au cours de sa transformation, qu'il avait été façonné par Cyrus, qui ne le connaissait ni d'Eve, ni d'Adam, ni même de Caïn. Il était devenu un monstre, une sombre créature. Fascinante, entouré d'un aura ténébreux allant merveilleusement bien avec son physique et sa prestance de général des Armées ottomanes, Emir était devenu un instrument du mal, où chaque moment de sa vie est tourmenté par son ancienne vie, ses anciennes pensées, ses idéaux qui, par la force des choses devaient changer, mais s'ancraient toujours plus férocement en lui. Tourmenté, torturé, sanglant, macabre, Emir était devenu un vampire à part entière, jusqu'à retrouver une part de son humanité en Sashka, lorsque sa vie de vampire commençait à le lasser, alors qu'il se rendait compte des atrocités dont il était capable rien que pour s'amuser. Oh, il regrette lorsqu'on le lui demande. Mais il sait qu'au plus profond de lui, il s'était plutôt bien amusé. Lorsqu'il fermait les yeux, qu'il se disait Emir, et non plus Ziad, alors il devenait ce pourquoi il avait été fait.

Emir... Emir...

Il se leva de son sommeil de mort. Encore cette voix. Cela faisait maintenant trois semaines qu'il entendait son nom résonnait dans sa tête sans qu'il ne sache d'où cela vienne. Cyrus avait une voix beaucoup plus caverneuse, plus viril. Cette voix... Elle était belle, elle mettait son cœur dans tous les sens. Mais ce n'était pas celle de Siobhán. Ni même celle de Sashka. Qui était-ce ? Devenait-il fou, lorsque la solitude l'entourait de part et d'autres ? Il poussa les draps, se levant du lit. Siobhán devait être au travail. Il se dirigea dans la salle de bain, pour se rafraîchir. Il leva son regard vers le miroir, réfléchissant toujours à cet étrange voix, et là, il vit un reflet. Le reflet d'une femme d'une beauté démoniaque. Il se pencha vers le miroir, mais la femme avait disparu. Il se retourna, mais rien. Il se pencha vers le lavabo, s'arrosant une nouvelle fois le visage.

Emir... Emir...

« Putain. » Il donna un coup brusque au lavabo qui se fissura sur toute sa longueur. Emir soupira, avant de se retirer de la salle de bain pour aller s'habiller. Il avait besoin de réponses. Sashka pourrait lui en donner. Il en était persuadé. Non. Elle allait le prendre pour un fou. Il posa son regard sur la table basse, et vit le nom de Jinan. Il esquissa un sourire. La bibliothèque de Moony. Peut-être qu'il y en aurait là-bas. Il lassa ses chaussures, ouvrit la fenêtre, et bondit.


(...)

Le vampire posa pieds au sol devant la Bibliothèque de Moony, un sourire amusé sur ses lèvres. Il contourna l'entrée principale, se dirigeant dans la petite ruelle derrière le bâtiment. Il trouva la porte de derrière, tapota dessus à plusieurs reprises comme pour tâter la résistance du bois de cette dernière, puis il envoya son poing dans la vitre pour déverrouiller la porte. Emir ressortit son bras, pour ouvrir la porte, puis entra, sur ses aguets, ses sens en éveille, s'attendant à quelques choses de magique qui allait probablement lui exploser à la figure. Rien. « Pas assez traumatisé, ces deux-là. » Il s'approcha d'un bureau où il saisit plume, encre et parchemins, et se dirigea dans les allées de la bibliothèque, cherchant désespéramment des grimoires sur des voix dans sa tête lorsque l'on était un vampire. En vain. Car après trois heures de recherches, il ne trouva que ce qu'il savait déjà : Le lien entre le créateur et le créé, et l'humain qui aurait bu son sang. Il soupira, se relevant du sol. Il se dirigea vers la sortie, et reposa tout ce qu'il avait prit, avant d'écrire sur le premier parchemin de la pile :



C'est moi qui ait fracturé la porte de derrière.
Mets des alarmes, ou quelque chose comme ça.
On dirait que ça ne vous a pas suffit ce qui c'est passé l'autre fois avec l'égyptien.

xoxo.


Emir se recula, puis sortit de la bibliothèque dont il referma tant bien que mal la porte. Il donna un coup de pieds dans une poubelle, avant de se tasser machinalement, levant les yeux vers la fenêtre au-dessus. Merde, il allait réveiller Jinan et Moony. Il eut un petit rire, avant de bondir, avec l'idée d'aller trouver Sashkapédia. Elle savait tout. Enfin, elle avait toujours su répondre aux questions d'Emir lorsqu'il lui en posait.


(...)

Emir poussa la porte du Sangria, et aussitôt le son de la musique et des discussions lui sautèrent dessus comme un vampire sur sa proie. Il secoua la tête, avant d'entrer laissant la porte se refermait derrière lui. Un espèce de vigile le scruta du regard avec mépris, auquel il répondit par un jolie sourire dévoilant ses canines. Le vigile eut un sourire, avant de se radoucir, le laissant alors tranquille. Emir se rapprocha du comptoir tandis qu'une jeune femme habillée de vinyle se trémoussait autour d'une barre de fer, devant un petit groupe d'hommes et de femmes, lui donnant un billet pour qu'elle ne les laisse la mordre (Just Bite, do not Drink affichée la petite pancarte en dessous de la petite scène). Il esquissa un léger sourire, sentant le désir de les rejoindre naître en lui, mais il repoussa cette idée en repensant à Siobhán. Il esquissa un sourire, et s'assit au comptoir. Aussitôt, Sashka apparut, comme une fleur, levant les bras avant de poser ses mains sur les joues d'Emir pour l'attirer près de lui. Elle déposa un baiser sonore sur sa joue, avant de le serrer contre lui. Il eut un petit rire amusé, avant de se défaire de l'étreinte.
« Qu'est-ce que tu fais, là ? » Elle posa une coupe de sang devant lui. Emir posa sa main dessus, le sentant curieusement chaud, à température. Il esquissa un nouveau sourire, trempant ses lèvres dedans. « J'ai besoin de ton savoir, Sashka. J'entends des voix. »

Sashka se figea, lançant un regard quelque part dans le bar, avant de le faire répéter. Elle lui énuméra alors ce qu'il savait déjà, puis, elle lui dit : « Bon. Viens avec moi. » Elle se retourna vers son partenaire pour la soirée, et elle lui dit : « Dick', tu gères le bar, faut que j'aille derrière. » Le dénommé Dick' acquiesça d'un signe de tête, avant de poser son regard sur Emir. L'ottoman croisa son regard, le défiant presque du regard. Il eut un sourire alors qu'elle ouvrait le comptoir pour qu'il passe derrière, et il suivit Sashka dans l'arrière-boutique. Elle lui fit monter des escaliers, puis le menèrent dans un bureau pas très grand, mais toujours plus que l'était la cage d'escalier. Yvan leva son regard de ses papiers, et ses yeux s'illuminèrent en voyant Emir. Il se leva automatiquement, lui serrant la main pour le saluer. Sashka reprit la parole : « Il entend des voix. Pas celle avec lesquels on peut communiquer habituellement, mais...  Plus du genre que tu m'as raconté de ton pays. » Johvanovic regarda Emir, tout de suite sérieux. Il s'approcha de lui, approchant son visage de celui de l'ottoman à tel point que Sashka mit les mains sur ses hanches, l'air de dire : Euh... Vous me faites quoi là ? « Elle te dit quoi ? »

Emir plongea son regard sanguin dans le sien, et répondit : « Emir... Emir... Emir... » Yvan se recula alors, s'approchant de son bureau, l'air pensif. Sashka s'approcha d'Emir, l'air curieuse. Yvan se passa une main dans le cou avant de dire : « Dans mon pays, certains vampires entendent des voix aussi. Il m'est arrivé de les entendre. Par moment, c'était si intense, si réel, que j'avais l'impression de voir une femme dans les reflets de miroir. » Il contourna le bureau, fouillant dedans tout en continuant : « Ce que je ne comprends pas, c'est comme ça se fait que tu les entendes d'ici ? Ton âge, peut-être ? ... » Emir ne comprenait pas non plus, et ça l'effrayait un peu. Il murmura : « Tu as fait comment pour ne plus les entendre ? » Johvanovic releva le regard de son tiroir, et il lui répondit très sérieusement. « J'ai quitté la Roumanie. » Emir eut un petit rire dont on entendait aucune joie. « Écoute, si je l'entends d'ici, je vais tout de même pas aller en Amérique. » Sashka s'immisça dans la conversation. « On a qu'à en trouver la signification ? Peut-être que si l'on sait cela, on... » « Là. Voilà. »

Johvanovic sortit un petit carnet en cuir noir, qu'il ouvrit tout en s'approchant d'eux. Emir vit alors une étrange écriture, reconnaissant la langue directement, sans pour autant la comprendre, hormis deux, trois mots par-ci, par-là. Yvan reprit : « C'est un journal de mon créateur. Il est devenu fou à cause de cette voix, et il a fini par se foutre le feu. J'aime trop la vie pour suivre ce chemin, du coup, j'ai préféré partir. Par contre, je ne comprends pas tous les mots. C'est du valaque, et je suis né deux siècles après ça. » Sashka le saisit. « Fais voir. » Emir souffla, mais prit son mal en patience. Sashka adorait ce genre de mystères. Elle avait quand même réussi à apprendre sept langues en un siècle et demi, et avait déjà passé deux doctorats d'histoire et de théologie, juste parce que ça l'intéressait. Sashka reprit après quelques minutes, où ils parlèrent à voix basse, se questionnant l'un et l'autre tout en se proposant divers significations sur certains mots. « J'ai pas tous mon matériel, on a qu'à aller chez moi, j'ai entreposé toutes mes recherches là-bas, on aura beaucoup plus d'outils pour déchiffrer cette langue que nos mémoires ! » Yvan acquiesça instantanément, visiblement ravi de passer du temps avec Sashka. Emir eut un petit sourire, puis il fit d'un ton pressent. « Go. »

Aussitôt, les trois vampires disparurent dans la nuit, laissant la gérance du bar à Dick'.


uc.
 
MessageSujet: Re: In the Shadow of the valley of Death.   
Sam 2 Nov - 21:31


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Emir
(...)

L'appartement de Sashka était tout sauf ce qu'elle leur avait décrit. On était loin du petit appartement cosy, ou l'on se sentait bien chez soit, avec une atmosphère très apaisante. Bon, pour le côté apaisant, ça pouvait se discuter. Les goûts et les couleurs étaient dans la nature, et il y en avait pour tous les goûts, mais alors pour le reste, on en était loin. C'était un magnifique Loft en plein milieu de Londres, dans l'un des quartiers les plus huppés du beau monde de la haute-société britannique, avec une décoration moderne, voir avant-gardiste avec quelques touches victoriennes. Du noir, du violet, du blanc, et du bois. Tout semblait avoir été pensé, mais bien loin de ce que leur avait dit Sashka. Lorsqu'Emir lui fit rapidement la réflexion en lui rappelant qu'elle voulait jouer l'humaine en ayant que ce qu'elle pourrait se payer, Sashka haussa les épaules avant de répondre : « En faites, j'étais parti pour. J'avais commencé à visiter des appartements, etc. Mais quand j'ai vu les taudis qu'ils me faisaient visité, et ce que je pouvais avoir grâce à mes dons, comme tu me l'as appris, j'ai vite rejoins l'école Emir. » Yvan eut un petit rire, tandis qu'Emir éclatait tout simplement de rire. Il la serra contre lui, lui embrassant le front, avant qu'elle ne les amène dans son bureau.

Le bureau. Parlons-en. Il y avait tellement de gadgets, de grimoires, de livres, et autres conneries du même acabits qu'Emir et Yvan se regardèrent quelques instants, l'air stupéfait, avant de rejoindre Sashka qui posait le journal sur un grand bureau en bois massif. Emir posa son regard sur le journal, le feuilletant rapidement. Sashka disparut et réapparut quelques secondes après, avec divers grimoires et parchemins qu'elle laissa tomber sur le bureau. « Bon. Alors, dans les parchemins, y a mes notes de ces derniers siècles. Dans ce le bleu-là, c'était du temps où j'étais encore sorcière. D'ailleurs, tout ce qui porte une étiquette ou un ruban bleue vient de ce temps-là. Là, en rouge, c'est de ce que j'ai découvert sur Emir et tes origines. D'ailleurs, tu savais que Cyrus avait un peu plus de 2500ans ? Cyrus, c'est son créateur. » Rajouta-t-il, pour Yvan qui la regardait avec de grands yeux. Emir se rapprocha de la table d'un air haineux. Visiblement, ça ne lui plaisait pas tant que ça. « Tu as quoi ? » « Je... Je... Je me posais des questions, c'est tout. J'avais besoin de savoir, et vu que tu ne voulais rien me dire ! » Le visage de l'ottoman s'assombrit rapidement. Sa veine temporale ressortit légèrement sous l'émotion, et il porta son index à ses lèvres, mordant fortement dedans, comme pour se calmer. « Tu me montreras tout ça plus tard, Sashka. » « Oui, mon agneau. » Fit-elle, en battant frénétiquement de ses cils. Emir finit par sourire, avant de se pencher de nouveau sur le bureau tandis qu'elle continuait d'expliquer ce qu'elle venait de ramener.

« Donc, si je comprends bien, tout a commencé le 30 Août 1477. Regarde-là, il dit que... » Il montra la date sur le journal, puis tapota l'endroit où son créateur parlait de voix étrange. Sashka se redressa, l'air pensive. Emir ne comprenait rien, et ne servait à rien. Il faisait les cent pas, attendant sagement qu'ils finissent de déchiffrer le journal. « Aucune guerre de ce côté-là. » murmura Emir lorsqu'il vit Sashka prendre un gros livre d'histoire. Elle le remercia d'un signe de tête, avant de disparaître, pour réapparaître avec deux petits livres. Elle les posa sur la table, tandis qu'Yvan redressait la tête, observant les livres comme s'ils eurent été fait d'or. « Tu... Comment as-tu fait pour obtenir ces livres, Sashka ? C'est... » Elle hocha de la tête, avant de continuer : « Oui, c'est bien ça. Là, on a le livre qui couvre 1388 à... » « Tamerlan... Il a essayé de s'emparer de la Turquie. » Il avait bien insisté sur le mot : Essayé. Visiblement, il ne l'aimait pas, et Sashka esquissa un jolie sourire. Emir avait tellement vécut de choses, tellement vu de choses, qu'elle se jurerait qu'un jour, elle ferait sa biographie. « ... 1453. » « Constantinople sous domination Ottomane. Si c'est pas beau... J'y ai fais mes études là-bas. Les romains étaient très raffinés, même si... » Sashka secoua la tête, conservant son petit air amusé. Yvan redressa la tête avec un sourire, puis reprit, en regardant l'autre livre. « Et l'autre, continue jusqu'en 1520. » « Sultān Suleimān-i evvel... Le législateur. J'aurais tant aimé être un de ses généraux. »

Sashka croisa son regard, avant de lui dire d'un ton amusé. « Oui... Et ? » Emir s'approcha d'elle avant de la prendre dans ses bras. Il lui embrassa le front, et il rajouta : « Et tu es devenue ma fille, le 5 mai 1521. » Elle lui embrassa la joue, avant qu'il ne la lâche, tout en s'échangeant un regard débordant d'amour. Yvan sentit une pointe de jalousie naître en lui. Leur lien était bizarre, et s'il n'avait pas su qu'Emir était éperdument amoureuse d'une humaine, alors il serait probablement parti. Emir n'avait rien vu, mais Sashka par contre... Elle eut un petit sourire pour Yvan, qui le lui rendit timidement, tandis qu'il disait : « 1457, ils ont construit la forteresse du pendu. » « Du temps de Vlad Tepes, ça. D'ailleurs... C'est un vampire, maintenant. » Sashka se mit à taper dans ses mains comme si tout d'un coup, on venait de lui annoncer qu'elle avait gagné à la loterie. « On devrait fouiller là-dessus. » Emir s'assit doucement sur une chaise qu'il tira vers le bureau. Il n'aimait pas vraiment ce Vlad. Il l'aurait très certainement haï s'il avait été sous les ordres de Mehmed II, mais en tant que spectateur, il avait tout de même bien apprécié cette période de l'histoire. Un des rares ennemies de l'Empire Turc à tenir aussi férocement tête, alors qu'il n'avait d'aide de nul part, ça laissait rêveur quand à l'homme qu'il devait être. Emir esquissa un sourire, se laissant retomber dans ses vieux souvenirs de l'époque...


uc.
 
MessageSujet: Re: In the Shadow of the valley of Death.   
Sam 2 Nov - 22:26


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Emir
(...)

Emir... Emir... « Emir ? » Emir sortit de ses rêveries d'un temps depuis bien longtemps révolu. Il se redressa dans sa chaise, fronçant légèrement les yeux. « Désolé. J'étais ailleurs... Puis j'entendais de nouveau la voix. Elle m'ensorcèle complètement. J'ai l'impression que... » Yvan semblait inquiet. Sashka l'interrogea du regard, alors il expliqua : « Evite de te laisser aller. On dit qu'il y a un vampire qui a tellement voulu savoir ce qu'il en retournait, qu'il n'aurait pas vu le soleil se levait. Les premiers rayons lui ont été fatal. D'ailleurs, dans le journal, il dit que : Sa voix avait quelque chose de captivante, elle semblait comme... Je ne comprends pas ce mot. Tu vois ce que c'est, Sashka ? » Sashka s'approcha d'Yvan, posant son regard sur le journal, posa son doigt sous celui du gérant du Sangria qui posa alors son regard sur son visage, comme captivé. Emir fronça légèrement les sourcils, mais n'en dit pas plus. Sashka répondit d'un ton hésitant : « Je... On dirait hypnose. Hypnotique ? Envoutant, peut-être ? » « Oui, oui, ça pourrait marcher, écoute : ... Comme envoûtante. Je ne savais pas comment m'en défaire. J'ai essayé d'en trouver la source, mais rien. Rien ne me venait. J'ai cherché, cherché et encore cherché mais rien. Un jour, alors que je me promenais sous le clair de Lune, j'ai vu son reflet dans l'eau de la petite rivière qui passait en dessous de chez moi. Elle était belle. Son teint de peau était doré, et ses lèvres... Mais ses yeux étaient d'un vert clair, comme pur, épuré de toutes obscurités que l'on retrouve dans le regard de chaque personne. Je lui ai alors posé des questions, mais aucune réponse. Tout ce que j'entendais, c'est : Darius, Darius... Darius... Je n'en pouvais plus. Cela revenait bien trop souvent... C'était... Euh... Quotidien ? Oui, quotidien. »

Yvan tourna la page. Blanche. Il feuilleta rapidement les autres, puis il vit de nouveau une page manuscrite. Sashka se tapota le bout du nez. Emir n'écoutait plus ce qu'il disait. Il s'était levé, tendant l'oreille. Il se fichait bien de ce que pouvait lui dire Yvan. La voix était si délicieuse à écouter. Elle lui procurait un effet tout aussi similaire au son de la voix de Siobhán. C'était indescriptible comme sensation. Il s'avança vers la fenêtre, tendant l'oreille, jusqu'à ce qu'il ré-entende son prénom. Emir... Emir... Il eut un sourire, posant son front contre la vitre. La chaleur des bougies et du feu que Sashka avait allumé dans l'antre de la cheminé avait embué les vitres. Il ferma alors les yeux, et tenta quelque chose. Qui êtes-vous ? Aidez-moi, je vous cherche. On vous cherche, mais toujours rien. Rien. Aucune réponse. Il se mordit la lèvre, ouvrant les yeux. Là, il vit de nouveau le reflet de la femme qu'il avait précédemment vu dans le miroir de la salle de bain dans l'appartement de Siobhán. Il eut un léger sursaut, se reculant de quelques centimètres, pour en observer ses traits.

Elle était vraiment belle. Sa beauté était époustouflante. Il en avait probablement jamais vu de telle. Il se mordit de nouveau la lèvre, culpabilisant brièvement à l'idée de ce que pourrait penser Siobhán de ça. Elle n'en saurait rien. Emir... Emir... L'ottoman observait le reflet comme si elle allait lui donner la réponse. Mais rien ne vint. Il cilla, et lorsqu'il ré-ouvrit les yeux, elle n'était plus là. A sa place, il y avait un étrange mot dont il ne comprenait pas le sens. Il resta là quelques secondes, comme pour se l'imprimer dans la tête, puis le mot disparut. Emir se leva d'un bond, et se retrouva au bureau en moins de temps qu'il ne me faut pour l'écrire. Il attrapa un parchemin, agitant tout au dessus de lui pour trouver de l'encre, et une plume, mais rien. Ah si, il y avait une plume. Il la saisit, mais l'encre semblait introuvable. Il regarda son poignet, et n'hésita pas une seule seconde. Il se mordit avec force, avant de retirer rapidement son bras de ses lèvres, laissant jaillir un sang vermeil qui éclaboussa le bureau. Il entendit Sashka hurler, et tenter de le pousser, mais il la repoussa d'un bras, et plongea la plume dans son sang.

Yvan observait Emir avec un étrange regard. Il était entrain de dessiner quelque chose qui semblait être un mot. Oui, c'était ça, un mot. Sashka se rapprocha alors, fusillant Emir du regard, tandis qu'Emir reposait la plume, redressant sa tête, et s'écriant : « Ça ! Ça ! Qu'est-ce que ça veut dire ça ? » Yvan et Sashka se regardèrent, sceptique. « Tu l'as entendu ? » « Non, non... Putain, mais... C'est ça ! La réponse, c'est ça ! » Sashka le regarda d'un air suspicieux avant de prendre le parchemin pour le lire. « Ça ne veut rien dire, Emir. » Emir ressentit une violente envie de lui en tirer une, mais il n'en fit rien, si ce n'est la poignarder avec ses yeux. Yvan, qui continuait de regarder le dessin, murmura : « Peut-être un nom propre ? On a qu'à regarder ça ! » Sashka défia presque Emir du regard. Elle finit par baisser le regard pour regarder les livres qu'elle avait. « Regardez-là. Vous y trouverez des noms de personnages importants dans l'histoire Valaque, puis Roumain. » Elle s'en alla, puis revint avec un grand livre de géographie de l'époque. Elle le posa sur la table dans un gros boom, et un tas de poussière s'éleva du livre, virevoltant au dessus du bureau. Emir ne dit rien, mais il n'en pensa pas moins. Ils cherchaient vainement quelque chose dans le livre qu'elle leur avait donné, mais rien.

Sashka eut un soupir, avant de sourire. Elle releva la tête pour leur dire : « 43 villes s'appellent ainsi. Entre la Bosnie et la Macédoine en passant par la Serbie et la Bulgarie, on est servi. Par chance, il y en a qu'une en Roumanie. » Emir et Yvan eurent un soupir de soulagement. Emir... Emir... « Ca reprend... Putain, je me damnerais pour entendre encore sa voix. » Murmura-t-il, sentant comme un frisson de plaisir parcourir son échine. Sashka esquissa un sourire, et ajouta : « Je me demande bien ce qu'en dirait Siobhán. » Emir eut un petit rire, et répondit : « Elle me tuerait sans hésiter une seule seconde. » Yvan eut un petit sourire. Sashka secoua la tête, l'air amusé, avant de dire : « Bon. Slatina, donc. » Elle ne put s'empêcher de se dire que si elle avait été sorcière, les recherches auraient put être beaucoup plus rapide, comme elle n'avait cessé de se le dire depuis des années, maintenant, puis, elle finit par trouver quelque chose, tandis qu'Emir et Yvan cherchaient de leur côté, dans le plus grand des silences. Seul le crépitement des flammes osait braver ce silence étrange. « Forteresse du pendu. » Emir eut un sourire qui dévoila toutes ses dents, et murmura : « On a un voyage à faire. » Sashka esquissa un sourire, mais elle dit :
« Faut attendre ce soir, maintenant. Le Soleil se lève dans 45 minutes à peu près. » Emir se mordit la langue. Oui, ils ne pouvaient pas. Bon, ça serait toujours un moment qu'il pouvait mettre à profit pour en avertir Siobhán.


uc.
 
MessageSujet: Re: In the Shadow of the valley of Death.   
Dim 3 Nov - 2:07


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Emir
(...)

Siobhán allait sûrement le tuer. Lui laisser un simple mot, avec un tendre baiser sur le front, puis sur les lèvres, et partir sans la réveiller, c'était quelque chose qu'il n'aurait jamais pensé faire, mais là, c'était un cas de force majeur. Il savait ce qu'il faisait, et il savait aussi que c'était peut-être le seul moyen de la préserver de ses trucs de vampire, comme elle disait. Là où ils allaient, en Roumanie, dans l'ancienne Valachie, c'était comme apportée un casse-croûte au cas où. Il tenait beaucoup trop à elle pour risquer de la perdre, et ce n'était très certainement pas sûr de la ramener saine et sauve, en satisfaisant l'un de ses caprices. C'est ainsi donc, qu'il la quitta, la mort dans l'âme. Lorsqu'il referma la porte de l'appartement de Siobhán, et qu'il descendit les escaliers pour les rejoindre dans la petite ruelle derrière le bâtiment, Sashka esquissa un bref sourire, lui demandant : « Alors ? Elle l'a prit comment ? » Emir esquissa un sourire amusé, haussant les épaules en même temps. « Elle dormait. » Sashka eut un petit rire, arrachant un sourire sur les lèvres d'Yvan. « Tu me fais un coup comme ça, je t'arrache la tête. » Emir approuva. « Mais c'est ce qu'elle va probablement me faire. » Sashka éclata de rire, puis ils disparurent dans un manteau de brumes.


(...)

C'était très certainement quelque chose d'agréable de se mouvoir à trois vampires, de se déplacer le plus rapidement possible, de pousser ses capacités au maximum, pour pouvoir arriver à Slatina avant la fin de la nuit. La distance était longue, mais les trois vampires le prirent rapidement pour un jeu. À mi-chemin, Sashka demanda une pause. Elle n'était pas la plus jeune, mais elle avait moins d'endurance qu'Emir ou Yvan. Rapidement, ils se mirent à chercher deux, trois personnes qui ne verraient probablement le jour se lever, tant ils burent comme des sauvages, malgré la demande de Sashka d'y aller doucement. Emir et Yvan s'entendaient plutôt bien, et elle ne pouvait rien faire pour réfréner leurs ardeurs. Quelque part, elle ne donna pas tout ce dont elle était capable pour, car ça l'amusait, et lui faisait plaisir. Elle les regardait parler, s'échangeant des conseils, discutant de tout et de rien comme s'ils se connaissaient depuis toujours, et pour Sashka, cela avait de son importance. Ce qu'Emir ne tarda pas de découvrir lorsqu'il croisa son regard, et qu'elle lui sourit. Il esquissa à son tour un petit sourire, avant de dire qu'il perdait trop de temps, et qu'ils leur restaient tout autant à parcourir pour arriver dans la cité de la forteresse du pendu. Un échange de mots, les corps isolés dans une ruelle, ils disparurent de nouveau dans la nuit sans lune.


(...)

« Il nous reste deux heures et demi, avant le lever du Soleil. » Mumura Sashka, alors qu'ils arrivèrent en bas de la montagne où se dressait la Forteresse oubliée. Emir sentit son ventre se contracter. La voix était là, il entendait plus intensément, comme s'il n'y avait plus que ça dans sa tête. Yvan jeta un rapide coup d'oeils aux pals que l'on voyait de là où ils se trouvaient, hochant visiblement la tête d'un air appréciateur, avant de poser son regard vers Emir qui fronçait les sourcils, attendant visiblement qu'Yvan exprime ce qu'il en pensait. Mais il ne le fit pas, croisant le regard d'Emir, comprenant alors qu'il valait mieux éviter de se satisfaire des peines endommagés aux peuples ottomans en sa présence. Mais Yvan, tout comme bon valaque, ne pouvait qu'être fier de ses edifices, qui mirent l'armée ottomane en déroute à plusieurs reprises. Emir cracha un bâton de sucette à ses pieds, avant de lancer un regard haineux vers Sashka. Elle lui lança une moue ravie, mais n'en pensait pas moins. Elle ne comprenait pas comment on pouvait ressasser autant le passé. Peut-être parce qu'elle n'était pas aussi vieille que lui. Elle n'en savait rien, mais lorsqu'ils le virent bondir vers ce qu'il restait de la Forteresse, Yvan et Sashka ne réfléchirent pas plus d'une seconde pour le suivre, et gravir cette montagne pleine de sang.


(...)

Emir posa pieds dans la cour de la Forteresse. Son regard était sombre, son visage l'était tout autant. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait l'impression de se rendre sur les vestiges d'un glorieux passé depuis longtemps révolu. Puis... Il avait l'impression de se rendre dans le seul endroit où il n'avait pas envie de retourner : Là où il avait fait la rencontre de Cyrus. Tout à coup, il se sentit profondément lâche, n'ayant qu'une envie, c'était de repartir de là où ils venaient. Il entendit derrière lui le pas lourd d'Yvan, puis Sashka qui marchait dans la cour, le regard curieux, n'hésitant pas à soulever des petites pierres comme pour y trouver d'étranges artefacts ou restes de l'époque où le château se dressait fièrement sur toute la vallée, défiant ainsi l'empire ottoman qui avait tenté de s'en emparer. Emir baissa alors le regard. Il régnait une étrange atmosphère, comme si une tension palpable semblait suspendu dans les environs depuis des années, n'attendant que le bon moment pour se révéler. Yvan semblait différent. Beaucoup plus fier, beaucoup plus charismatique dans ses lieux où il avait sûrement du venir lorsque la Forteresse du pendu était encore debout.

Emir leva son regard vers lui, avec une colère qu'il ne parvenait à comprendre. Tout doucement, il semblait ne faire plus qu'un avec les lieux. La frustration, la colère et la haine qui se dégageaient de ses lieux semblaient prendre possession de lui. Il regarda Sashka qui semblait ressentir les changements étranges qu'Emir subissait au fur et à mesure qu'il se tenait dans ses yeux. Elle s'approcha de lui, observant son beau visage exprimer de violentes émotions de dégoûts. Elle posa alors sa main sur sa joue, et il leva son visage vers elle. Ses yeux redevinrent furtivement ce qu'elle avait toujours vu en dehors de ses locaux, et elle murmura : « On est au bon endroit, on dirait. Tu es une éponge, Emir... Quoiqu'elle est, cette voix semble t'avoir choisi. Nous devrions nous activer, nous n'avons plus trop de temps pour rester à découvert comme ça. » Emir acquiesça rapidement de la tête, avant de la serrer contre lui. Il avait l'impression de n'être qu'un jouet tout à coup. Ce qu'elle venait de dire prenait tout son sens. Il comprenait alors pourquoi il était en colère, pourquoi il ne désirait qu'une chose, c'était... Non, il ne savait pas ce que c'était. Il était frustré. Sashka lui fit un sourire, et elle aboya quelques choses à Yvan qui hocha de la tête.

Ils devaient visiter les cours avant que le Soleil ne se lève. L'intérieur serait plus facile à explorer la journée que l'extérieur. Emir secoua la tête. Emir... Emir... Emir... C'était de plus intense. Ce n'était plus vraiment cette voix séductrice qu'il avait entendu. C'était la même voix, mais elle semblait pressée. Il fallait qu'il s'active. Alors, comme tout à l'heure, il se laissa guider par ses instincts. Il se mit à marcher, entrant dans le château, suivi par Yvan et Sashka qui lui demandaient vainement ce qu'il faisait. Il les mena dans une cour intérieure, et là, Emir se figea. Yvan et Sashka firent de même, lorsqu'ils virent la beauté du gisant. Elle était là, sortant de son cercueil, Emir hocha rapidement de la tête, leur disant alors que c'était elle qu'il avait vu. Elle semblait sortir de son cercueil, épée en main, le défi dans le regard, montrant alors que la mort ne suffirait pas à la railler de ce monde. Pourtant, personne ne connaissait son nom. Un cheval de pierre se dressait à côté, fier mais squelettique. Qu'était-ce, donc ? Une simple statue ? Ou un cheval fossilisé ? Emir s'approcha alors du gisant. Emir... Emir...

« C'est elle... Elle... Je suis là. Je suis là. » Yvan murmura quelque chose dans l'oreille de Sashka. Elle blêmit. Elle ne dit rien, le laissant faire. Emir semblait fou à leurs yeux, comme possédé. Ils ne dirent rien, encerclant le gisant à leur tour, tandis qu'Emir posait doucement sa main sur le cercueil, la faisant glisser sur la pierre. Au fur et à mesure que sa main caressait la pierre, un sourire se dessinait sur ses lèvres. Il passa alors sa main sur le corps de la statut, avant de caresser ce visage de ses deux mains, fermant doucement les yeux, comme s'il y prenait un plaisir malsain. Sashka ne disait rien, mais son ventre se durcissait sous le stress. Yvan cherchait une indication, quelque chose, sur le gisant qui pourrait leur donner des indications sur la personne qui sommeillait là, quelque part dans la forteresse. Emir effleura ses lèvres avec son index, avant de regarder l'épée qu'elle brandissait. Il caressa rapidement l'avant-bras, puis la main, avant de glisser tout doucement sa main entre les doigts du gisant pour l'en saisir.

Un rapide coup d’œil à côté de lui, il aurait juré voir le cheval bouger. Il posa son regard sur la lame, puis ferma les yeux. « Je... Continuez de fouiller là, je vais... Je vais regarder quelque chose. » Guidez-moi... Guide-moi... Emir... Emir... Emir regardait de partout, posant sa main libre sur les murs comme pour ressentir l'énergie macabre des lieux. Quelque chose de sombre se cachait ici. Il lui fallait trouver quoi, et la seule chose qu'il lui vint à l'esprit, c'était de chercher en profondeur. La chose était vampire, ou du moins, s'en rapprochait beaucoup, sinon, pourquoi s'être adressé à lui qui l'était ? Il entendit Sashka dire qu'elle venait d'entendre la voix, tandis qu'Yvan confirmait que lui aussi. Ils étaient sur la bonne voix, mais maintenant, Emir se fichait bien d'eux. Sa curiosité malsaine avait prit le dessus. Elle était quelque part, il lui fallait trouver où. Son pieds buta sur quelque chose, une trappe. Il se baissa, soulevant le lourd crochet de fer. Un nuage de poussière s'éleva alors du sol, et lorsqu'il le fit contre le sol, ce fut carrément une tempête de poussière qui l'enveloppa. Il bougea sa main libre, comme pour la chasser, avant de voir se dessiner une sombre entrée. Il déglutit péniblement, puis s'y engouffra, reprenant la cache de la trappe, qu'il referma au dessus de lui, s'isolant du monde extérieur.


uc.
 
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Dim 3 Nov - 16:52


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Emir
La première sensation qu'Emir ressentit lorsqu'il posa enfin le pieds sur le sol du souterrain, fut l'angoisse. Instantanément, il se mit à tressaillir. Habituellement insensible au froid, Emir, pour la première fois depuis qu'il était mort, semblait frigorifié. Ensuite, l'odeur le frappa violemment dans les narines. L'endroit ne semblait pas aérer, ou très faiblement, car ça sentait le renfermer, et tout un tas d'autres odeurs qui le mirent mal à l'aise. Armée de l'épée, il avançait tant bien que mal, dans cette obscurité qui ne l'était pas autant qu'elle semblait l'être pour le commun des mortels. Emir n'était pas très rassuré, mais les chuchotements qu'il entendait tout autour de lui semblaient signaler qu'il était sur le bon chemin. Chaque pas qu'il faisait, chaque fois qu'il mettait un pieds devant l'autre, le mal être était de plus en plus présent. La pression, la tension était pesante, palpable, et angoissante. Il ne put s'empêcher de sentir la peur l'envahir, accompagnée de son amie la lâcheté et l'envie de prendre ses jambes à son cou afin de mettre le plus de distance entre lui et cet endroit morbide. Sur le sol, il y avait une épaisse couche de poussière qui semblait virevolté tout autours de lui à chaque fois qu'il levait un pieds. Parfois, il entendait un craquement sous son talon, et il ne préférait même pas savoir ce que c'était.

Aussi vieux et puissant qu'il était Emir, l'endroit aurait pu faire reculer n'importe qui. Tout semblait avoir été étudier pour que personne n'entre ici un jour, et plus il avançait, plus il se demandait ce qu'il allait trouver. Peut-être que la femme qui l'appelait était emprisonné ? Peut-être qu'elle avait commis des atrocités sans précédents ? Non... Ce n'était pas possible, pas avec un père comme le sien, qui lui, était toujours bel et bien vivant, sur son siège récemment acquis (une quinzaine d'années, tout au plus) à Durmstrang, une grande et puissance école de sorciers tous aussi mauvais les uns que les autres. Emir sentait sa main serrer de toutes ses forces l'épée qu'il avait décroché du gisant de la femme qui le hantait. C'était sa seule source de courage, et sa main, ainsi que sa position avait vite retrouvé les sensations, la position, qu'il avait eut, dans une autre vie, en tant que général ottoman. Oui, il avait été général d'un puissant empire, peut-être l'un des plus puissants du deuxième millénaire.

Tout d'un coup, il sentit comme une caresse dans son dos. Il se figea, avant de ressentir une violente douleur tout le long de son échine dorsale. Il posa genou au sol, sentant son sang couler dans son dos. Il serra les dents, se retournant vivement, mais il n'y avait rien. Des cris stridents, plein d'angoisses, s'élevèrent tout autour de lui. Putain, dans quoi venait-il de se fourrer ? Il leva les yeux vers le plafond, espérant que Sashka et Johvanovic avaient trouvé un endroit où se cacher du soleil. Il ne savait pas quel heure, il était. Il... Il sursauta de nouveau, se plaquant contre le mur, alors qu'il ressentait de nouveau cette étrange caresse. Il n'y avait rien. Il aurait juré le contraire. Cela faisait combien de temps qu'il était là ? Il n'en savait rien, mais il semblait devenir fou. Il bougeait la tête dans tous les sens, comme pour trouver un point de lumière sur lequel se rattachait, mais rien. Rien, il était seul dans cet enfer, dans cet obscur enfer. Il ferma les yeux, puis, il se mit à courir tout droit, il ne s'arrêta pas, et à plusieurs reprises, il manqua de se vautrer, se rattrapant in extremis au paroi des murs qui l'entouraient, faisant percuter l'acier de la lame sur la pierre qui produisit des étincelles.

Emir finit par se calmer. Le silence s'installa alors, et il put reprendre possession de ses moyens et de sa prestance habituelle. Le stress était redescendu, mais il était toujours là. Son esprit tourmenté par ce qu'il venait de vivre semblait s'apaiser aussi, et il reprit doucement sa marche. Il devait être dans un bien sale état, entre la poussière, les trous qu'il avait sûrement du se faire sur son tee-shirt à manche longue et le tissus déchiré dans son dos, laissant paraître sa peau dorée. Il pénétra alors dans la pièce qui se dressait devant lui.

C'était une pièce étrange, antique, comme si elle avait toujours été là, bien avant que la forteresse ne soit construite. Et bien qu'il ne soit pas du tout à l'aise, il se sentit déjà mieux, comme s'il avait enfin trouvé l'origine de tous ses maux, le pourquoi du comment il était là. Emir... Emir... « Je suis là. Je suis là, j'ai trouvé la pièce, qui êtes-vous ? » Aucune réponse. Les piliers qu'il avait remarqué ne semblaient pas être ce qu'ils étaient, et lorsqu'Emir s'avança au centre de la pièce, il vit. Il déglutit alors péniblement, les regardant rapidement, tournant la tête à gauche, à droite, derrière lui, devant lui. Que faisaient-ils là ? Qui étaient-ils ? Emir... Emir... L'Ottoman posa son regard sur le sol, et il vit un curieux mécanisme. Il se pencha doucement, l'effleurant de sa main, et là, un flash le prit. Il se vit entrain d'enfoncer la lame dont il avait récemment fait l'acquisition, l'abaisser pour voir alors s'ouvrir une passe d'où s'élever alors un curieux édifice rependant une lumière luminescente, comme glaciale.

À nouveau, il posa son regard sur les treize étranges personnages qui ne semblaient pas broncher. Ils le regardaient, du moins semblait-il, car Emir ne voyait que le bas de leur visage - ce qui était déjà bien suffisant vu les horreurs qui semblaient se cacher sous le capuchon -, observant chacun de ses faits et gestes. Ils la gardaient, ils la surveillaient. Mais... Pourquoi ? Il savait qu'il n'obtiendrait aucune réponse d'eux, il le sentait. Emir déglutit une nouvelle fois, mais cette fois, le courage et sa petite touche arrogante qui faisait sa personnalité était revenu dans son regard. Il semblait de nouveau sûr de lui. Alors, tout simplement, il enfonça la lame là où il s'était vu le faire, et il appuya de ses deux mains sur la garde pour actionner le curieux mécanisme.

Aussitôt, on entendit le mécanisme se mettre en marche. Deux pierres circulaires s'activèrent devant lui, s'écartant l'une de l'autre, tandis que de la poussière tombait du plafond. Une faible lueur jaillit du trou d'où s'élevait alors, tout doucement, cet édifice étrange qu'il avait vu dans sa vision. Il s'agenouilla lorsqu'il vit le visage de la jeune femme se dessinait, et un sentiment de bonheur s'empara de lui. Il l'avait trouvé. Il savait que c'était elle, il ressentait un étrange sentiment, c'était un bordel sans nom. Elle semblait pressée, la frustration des siècles enfermait là de-dans allait éclater en même temps qu'il la sortirait de là. Il effleura la glace de ses doigts tandis que le mécanisme continuait de s'élever. Emir semblait la couver, la protéger de son regard. Il aperçut une curieuse dague incurvée de pierres précieuses dont la finesse des orfèvres semblait ne plus être de ce monde. Tout semblait alors comme irréelle. Le mécanisme émit un bruit sourd, annonçant alors qu'il avait fini ce pourquoi il avait été créer. Emir s'approcha de la glace, continuant de l'effleurer comme pour en comprendre le mécanisme.

Elle était si belle, et à ce moment-là, il ne pensait plus à rien. Il n'y avait plus de Sashka, plus de Siobhán, plus d'Emir. Il n'y avait qu'elle. Ses yeux la dévoraient de son regard sanguin, la détaillant comme s'il s'apprêtait à édifier une sculpture à son hommage. L'or et le noir qui l'habillé, rendait sa beauté encore plus surnaturelle qu'elle ne semblait l'être déjà, sous cette épaisse glace. Il se recula alors, balayant d'un regard la pièce comme pour trouver quelque chose pour l'en extirper, mais rien. Il regarda alors sa main qu'il referma. Il se frotta la joue, avant de retirer son tee-shirt qu'il enroula autour de son poing, histoire de limiter les dégâts qu'il allait s'infliger pour briser la glace. C'était un vampire sept fois centenaire, il avait la force pour la briser. Mais ça prendrait du temps.

Il frappa, et il frappa, sans s'arrêter. Emir... Emir... Et il continua ainsi pendant des heures. Ses mains étaient brisés, mais elles se cicatrisaient alors. Son sang se mêlait à la glace, et plus il se mêlait au froid, plus il lui était facile de la briser, tout en restant très long à la détruire. Il ne comprenait pas le mécanisme, mais cela fonctionnait. Emir ne savait plus l'heure qu'il était. Le soleil, au dehors, se recouchait vers l'Ouest, lorsqu'il finit enfin. S'il avait été humain, il serait sûrement en nage, et mort de fatigue. Pourtant, là, lorsqu'il parvint à lui briser suffisamment de glace pour poser sa main sur la dague, il semblait comme un gamin, plein d'énergies. Emir saisit alors la garde de dague, qu'il serra fortement dans sa main. Il cala ses genoux sur le reste de la glace, comme pour s'en servir d'appui, puis, il joignit son autre main à l'autre, et d'un coup, il la retira.

La force qu'il mit, le projeta au sol, frottant son dos sur le sol, sur bien un mètre, il grimaça de douleur, avant de se redresser sur ses coudes. Devant lui, la jeune femme se mit à saigner comme s'il venait de la saigner. Son sang coula sur la glace, et rapidement, elle se mit à fondre. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, Emir n'avait pas bougé d'un poil, restant sur ses coudes, la bouche légèrement entre-ouverte, laissant paraître à la lumière qui jaillissait du cercueil de glace ses canines de vampire. Il releva doucement son regard de la poitrine de la jeune femme à son visage, et là, elle ouvrit les yeux. Des yeux d'un vert incroyable.

Emir, à cet instant précis, ne vivait que pour elle.


uc.
 
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Dim 3 Nov - 18:39


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Rosarjo
Lorsque la dague sacrificielle s'était enfoncée dans son coeur ça avait été comme se réveiller de la mort pour ne tomber qu'un peu plus profondément dans la léthargie. Son corps était devenu sa prison. Un réduit dans lequel sa folie allait maturer des siècles durant comme une gangrène sur un esprit sain. Les cents premières années avaient été une tourmente. L'angoisse de sa prison de glace, l'oublie de son propre coeur, le silence obscur de l'univers qui l'entourait et parfois des images venues d'ailleurs en visions d'horreur furtives. Puis elle avait appris à dompter ses peurs, ses angoisses, pour s'évader de l'enfer. Elle s'était découverte immense, son esprit voyageant à travers les murmures du monde et les yeux des autres enfants de la nuit. Un autre demi siècle elle son esprit hantait tous ceux qui se risquaient à proximité de la forteresse, vampires mais aussi mortels, jusqu'à les rendre fous. Ezechkiel le premier. Son esprit ne s'était que peu attardé sur ce premier amour qu'elle retrouvait abandonnée à ses mauvaises habitudes, comme autrefois. Après cela, il lui avait fallu des siècles pour trouver un esprit assez solide pour se plonger avec elle dans les ténèbres sans y sombrer. Un vampire assez fort pour en réchapper.

Les coups son cercueil de glace ne semblaient pas l'atteindre. Au contraire, le beau visage racé de Rosarjo semblait parfaitement serein. Il ne portait pas le masque de la mort mais avait simplement l'air paisiblement endormi ce qui contrastait assez horriblement avec l'image d'une si jeune femme maintenant une dague plantée dans son coeur. A la voir ainsi on l'aurait cru suicidée. Les premiers frissons de l'éveil vinrent seulement lorsque les mains d'Emir lui prirent la dague.

La lame glissa avec difficulté, libérant un sang noir et épais qui avait attendu trop longtemps piégé dans le coeur transpercé. Pendant une fraction de seconde, il ne se passa absolument rien si ce n'était que les hauts serviteurs avaient fait volte face comme pour suivre ce qu'il allait se passer. Ils furent les premières à comprendre que l'éveil de la Reine avait commencé et se mirent à genou un rien de temps avant que Rosarjo n'ouvre les yeux. Deux prunelles d'un vert or indéfinissable.

Il y eut comme un souffle émanent d'elle qui balaya l'obscurité sur son passage. Toutes les torches, si moisies et vermoulues fussent-elles se rallumèrent jusque dans les étages supérieurs de la forteresse.
 
Le regard de la Reine tomba sur celui qui était venu achever le sacrifice. En moins d'un battement de cils, Rosarjo étreignait Emir comme on étreint son amant. Son corps contre celui de l'ottoman imposait sa toute puissance, un bras d'acier enroulé autour de son tronc, une main de fer refermée sur sa nuque pour l'obliger à se donner. Il serait donc le premier sang dont elle se nourrirait et après cinq siècles d'attente affamée, la sensualité de cette morsure le céderait à son avidité.

Cela ne dura qu'un rien de temps, sa soif étant telle qu'elle semblait ne jamais pour être étanchée. Mais dans cette fraction de seconde, Emir et elle refirent le monde, des prémices de l'empire ottoman à la révolution industrielle puis vers ses secrets les plus doux et les plus chéris. Siobhán. La Reine prononça cet étrange nom en laissant retomber l'ottoman à ses pieds comme pantin désarticulé. Vidé de son sang, il ne vivrait guère bien longtemps après le départ de Rosarjo. Quelques jours tout au plus à moins de quelques rats qui ne se présenteraient de toute façon pas.

Cela ne semblait pas préoccuper la Reine des Damnés. Elle enjamba Emir sans plus de considération et disparue par les couloirs qu'il avait empruntés pour venir à son aide.

***

Les lèvres maquillées de sang, grisée, Rosarjo portait son regard sur Slatina. Le visage de la plaine était transfiguré. Tout avait changé jusqu'à l'air qui s'était chargé d'effluves acides et nauséabondes. Si le monde semblait plus vivant que jamais à ses yeux de vampire, il lui semblait qu'il était devenu plus laid que du temps où ces champs avaient été ravagés par la guerre.

Laissant derrière elle la forteresse décrépie du Pendu, Rosarjo fondit sur la ville. Pour ne revenir qu'au point du jour, les veines gorgées de sang frais et l'esprit plus apaisé. Elle laissait derrière elle tuerie et incompréhension mais ce n'était rien encore comparé à ce qui devrait advenir des habitants de Slatina dans les nuits qui suivraient.

Lorsqu'elle retrouva les sous-sols, Emir n'avait pas bougé, tout juste conscient. La Reine approcha, considérant de sa hauteur l'homme qu'elle avait attiré jusqu'à son enfer maudit. Elle semblait le jauger, à la fois sévère et impassible mais finalement, elle se pencha sur son corps, le ramenant dans ses bras avec toute la douceur d'une amante. Il pouvait sentir son souffle, réchauffé par tout le sang qu'elle avait bu, caresser sa nuque. D'un geste aussi gracieux que sensuel, elle dénuda sa gorge jusqu'à son épaule, ramenant le visage de l'ottoman contre sa peau brûlante de toutes les vies qu'elle avait prises cette nuit.
 
MessageSujet: Re: In the Shadow of the valley of Death.   
Dim 3 Nov - 19:36


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Emir
Il n'avait rien vu arriver, rien. Ce n'est que lorsqu'elle fondit sur lui, qu'il ferma les yeux, et lorsqu'elle étreignit avec cette force qui dépassait l'entendement humain, il sut qu'il n'allait plus jamais revoir l'amour de sa vie. La morsure qu'elle lui infligea pour le vider de son sang lui arracha un gémissement à moitié étouffé par son propre sang qu'elle aspirait sans aucune retenue, ne regardant pas si elle le tuait ou pas. Il sentit ses dents dans sa chair, la pression de sa mâchoire lui pinçait la peau si fortement qu'elle dut très certainement lui en arracher lorsqu'elle le laissa tomber comme un pantin, le corps vide de la seule et unique substance capable de le maintenir en vie. Ils avaient remonté l'intégralité de sa vie. De son premier cri lorsqu'il n'était qu'un nourrisson dans les bras de son père Isam, jusqu'à la première fois où il leva son premier glaive, puis son voyage à Constantinople où on l'éduqua, pour finir par son mariage avec les deux jumelles Misra, qui lui donnèrent plusieurs enfants, jusqu'à sa mort dans un champs de bataille valaque où Cyrus vint le transformer, jusqu'aux meurtres de sa famille, en passant par la naissance de Sashka sans oublier tout ce qu'il avait vu au cours de ces sept siècles. Comme pour en ajouter dans son supplice, elle prononça le nom de Siobhán, dernier visage, dernier souvenir qu'il lui restait encore en tête et dans le cœur.

Il tomba comme un pantin sans vie, tapant la tête contre le sol, sentant la vie le quittait doucement à mesure que ce qui lui restait de sang coulait de sa mortelle blessure. Il n'en avait plus suffisamment pour se guérir, et il savait, à cet instant précis, qu'il allait mourir d'une longue agonie, sous le regard de ces étranges gardes sans que personne ne lui vienne en aide, car personne ne le pouvait. Ses paupières se firent si lourdes, et chacun de ses membres s'alourdissait au point de ne plus pouvoir les bouger. L'odeur du sang de sa meurtrière coulait de la glace qui continuait de fondre, le torturant un peu plus dans son supplice. Il ferma les yeux, avec l'envie de pleurer le visage de Siobhán, priant Dieu, si il lui restait suffisamment de miséricorde pour s'attarder sur un maudit, pour qu'elle ne lui fasse rien, pour qu'elle la laisse vivre comme elle le devait. Il eut un très faible sourire... Peut-être qu'elle vivrait mieux sans lui... Atesh, son fils, ne le pleurerait très certainement pas. Leur relation ne s'était jamais développé plus que ça, tout ce qui avait été fait, avait été fait grâce à Jinan, qui l'aimait vraiment. Emir plissa un peu plus ses yeux, la douleur des larmes inexistante lui brûlant les canaux lacrymales.

Ainsi devait finir Emir.


(...)

Jinan sursauta dans le canapé, tenant fermement le collier que son grand-père lui avait offert. Il contenait le sang d'Emir. Il avait vu sa mort. Il l'avait vu. Son rêve était on-ne-peut-plus vrai. On ne pouvait pas faire plus réel, ce n'était pas possible. Jinan se redressa alors, le visage plein de larmes, sans savoir quoi faire, sans savoir si c'était réel. Il en était sûr, mais il n'avait aucune confirmation. Il balaya la pièce du regard, voyant Imran le regardait avec de grands yeux, puis Moony qui lui demandait si ça allait. Il secoua négativement la tête. Non. Non, ça n'allait pas. Il venait de rêver de la mort de son grand-père, bien sûr que ça n'allait pas. Il ne savait pas quoi faire pour vérifier, il en était sûr. Mais Moony lui assura que ce n'était qu'un mauvais rêve, qu'il n'avait pas à s'en faire, et qu'il le reverrait sûrement demain, ou après-demain. Emir venait toujours au moins deux fois par semaine pour voir comment se porter son petit-fils. Après tout, il était le seul à l'avoir accepter comme un proche parent dans sa maigre famille. Heureusement pour lui, il n'était pas le seul, car tout le clan McGill Fhaolain l'avait adopté. Imran regarda longuement Jinan, puis il détourna le regard. Le frère du Sadrazam posa son regard sur Moony, lui aussi, il était sûr que ça s'était passé. Jinan ne mentait jamais, et il avait beaucoup trop ressentit pour ce soit un simple rêve. Il n'en dit rien, car il n'avait pas le cœur à dire quoique ce soit là-dessus.


(...)

Emir somnolait. Il était là, sans être là. Il avait soif, tellement soif. Il ne savait plus où il était, ni même qui il était. Il ne voyait plus rien, tout s'obscurcissait au-dessus de lui. Ses souvenirs s'en étaient allés avec la jeune femme qu'il avait voulu sauver. Il ne regrettait même plus. Il avait regretté, oui. Mais les heures étaient passés maintenant. Il ne rêvassait même pas. C'était comme si on le préparait à l'opération en lui injectant une dose d'anesthésie qui le maintenant quelque part entre la conscience et l’inconscience. Il ne savait plus qui il était, et ce n'est que lorsque l'on revint vers lui, qu'on le redressa tant bien que mal, qu'il sembla sortir de sa torpeur. C'était elle. Elle était revenue pour le voir mourir. Emir esquissa un faible sourire. Si faible, qu'on ne le voyait presque pas. Il leva ses yeux vers elle, lui tournant la tête comme s'il l'eut fait trop vite.

Elle était chaude, elle était brûlante. Elle portait en elle un millier de vie. Il le savait, il le sentait. Elle était magnifique. Ses traits étaient délicats, comme si Allah lui même l'avait façonné de ses propres mains. Ses yeux étaient d'une beauté... Il se perdit dedans l'espace d'un instant. Qui était-elle ? Que lui voulait-elle ? Pourquoi lui avoir fait ça ? Elle était douce avec lui, il sut alors qu'elle venait l'extirper de la véritable mort qui avançait un peu trop vite pour lui, et vers lui. Il leva une de ses mains, trouvant la force de le faire, pour lui caresser le visage, comme pour voir si elle était bien réelle. Il redessina doucement ses traits, se demandant alors si un jour elle lui donnerait son prénom. Enfin, elle se pencha sur lui, lui dévoilant sa nuque. Emir déglutit difficilement. Il fit glisser sa main sur son cou, sentant le souffle chaud de la jeune femme sur sa nuque. Il esquissa un sourire, lorsqu'il comprit qu'elle l'invitait à le mordre, à partager son sang, à lui dévoiler alors des réponses à ses questions silencieuses, à des questions qu'il s'était posé avant même d'entrer dans la pièce tout à l'heure.

Emir entre-ouvrit sa bouche, caressant le cou de la jeune femme avec ses lèvres, respirant son odeur. Transporté quelque part entre le plaisir et le désir, Emir esquissa un léger sourire, dévoilant alors ses dents pour mordre avec une douceur particulière dans le cou de la jeune femme. Aussitôt, le sang jaillit de sa morsure pour lui éclabousser le palais. Il avala alors une gorge. Le débit était encore trop instable, il avait manqué de mourir, il n'était pas encore remis, sa morsure était loin d'être parfaite, mais elle pouvait ressentir toute la douceur dont il était capable sous ses dehors de vampire, sous son histoire de général d'une armée depuis longtemps révolue, disparut. Elle et lui, elle devait le sentir au plus profond d'elle-même. Ils avaient tant en commun, et en même temps, ils n'avaient rien. C'était étrange. Aussi étrange que le feu qui s'empara d'Emir à mesure qu'il buvait son sang, rendant sa morsure plus intense, plus précise. La chaleur se rependit dans son corps, jusqu'à lui provoquer une érection tant il prenait du plaisir à boire un sang qui semblait si loin en goût de tout ce qu'il avait mangé jusque là.

C'est à cet instant où toute la vie de la jeune femme lui frappa ses pensées avec force, à la manière d'images, de flash, d'extrait; Il y avait cet homme... Ezeckiel... Elle s'appelait Rosarjo.. Quel nom magnifique pour une telle femme... Il écarquilla légèrement les yeux lorsqu'il vit son père, sa famille, son adolescence, Cyrus. Chaque détail de sa vie le frappa alors, le rapprochant d'elle, sans qu'il ne puisse réellement s'en empêcher. Il sut alors qu'il avait réveillé la reine des Vampires, Queen of the Damned. Il sut alors qu'il venait de redonner un coup de neuf à sa race, que beaucoup de choses risquaient de changer maintenant. Il connut toutes les douleurs de Rosarjo, jusqu'à sa première mort, jusqu'à ce qu'elle ne soit congeler dans ce cercueil, par son propre père. Il vit alors toute sa frustration, mais en même temps toute sa puissance, ce qu'elle y fit, et ce comment elle l'avait mené jusqu'à lui. Le choisissant lui parce que lui seul avait su écouter son appel, et passer chacune de ses épreuves avec brio.

Il retira ses crocs, se redressant légèrement la serrant contre elle. Doucement, tout doucement, il lui jura allégeance. « J'honorerais du mieux que je peux ce présent, ma Reine. Soyez en certaine, je serais votre Vampire. » Il lâcha son emprise, se redressant doucement, avant de se retourner pour la regarder avec une fascination qu'il ne pouvait voiler. Au plus profond de lui-même, il s'en voulait. Il s'en voulait, car il n'oubliait pas Siobhán, ni même son amour qu'il lui portait avec une passion qui dépassait l'entendement humain. La jolie blonde était tout pour lui, la Reine le savait, maintenant que lui, et elle, s'étaient échangés leur sang, pour se sauver mutuellement. Emir eut un sourire, l'aidant à se relever, tout en gardant un genou à terre. Il serait son soldat. C'était sa destinée, il le savait maintenant. Et de ce qu'il avait vu d'elle, elle serait une très bonne Reine. Elle serait la Reine des Vampires.


uc.
 
MessageSujet: Re: In the Shadow of the valley of Death.   
Dim 3 Nov - 21:02


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Rosarjo
Nourrir un autre vampire de ce qu'on était au plus profond de soi, chaque souvenir, chaque sensation, ça n'était pas anodin. Se nourrir d'une Reine moins encore. Le premier sang attirait les convoitises et Rosarjo aurait besoin d'un bras armé fort pour l'épauler, surtout avec un conseil de vampires formés bien avant sa naissance et dont les têtes pensantes, pour les plus jeunes, avaient été le choix de son père. C'était à Dante qu'elle pensait plus précisément. Elle n'avait pas directement de grief contre lui mais elle s'était toujours méfiée de lui. C'était instinctif. Elle le savait fourbe et ses enfants lui faisaient horreur. Aujourd'hui parmi ses enfants il faudrait compter son propre cousin, Ezechkiel.

« J'honorerais du mieux que je peux ce présent, ma Reine. Soyez en certaine, je serais votre Vampire. »

Les yeux verts de Rosarjo se posèrent sur Émir, pensifs. Il lui fallait désormais penser à l'après et ce ne serait pas rien.

« Relève toi général, nous avons beaucoup de choses à accomplir avant la tombée de la nuit. Le conseil des anciens viendra frapper à ma porte avant - »

Elle se retourna brusquement, levant les yeux comme si elle pouvait voir ce qui se passait à l'extérieur à travers la pierre. Doucement, elle ramassa son épée et la ceignit à sa taille comme autrefois. Une habitude qui serait plus difficile à perdre que les autres.

***

Trois ombres longilignes venaient de bondir sur ce qui avait été autrefois le parvis de la Forteresse du Pendu. Un géant squelettique, un soldat de marbre et une voyageuse en spartiate, les cheveux courts sur la nuque et le regard perçant. Ces trois-là passèrent la grande porte comme s'ils avaient été chez eux pour se diriger comme par habitude vers ce qui avait été la salle du trône.

***

« Cyrus. »

La Reine allongea le pas pour se diriger vers le vampire aux yeux bandés. Ce n'était pas le plus étrange des trois personnages. Il aurait d'ailleurs été difficile de faire un choix.

Celui de droite flirtait avec le plafond du couloir. Son visage était étrangement grimé de sorte qu'il aurait été difficile d'en donner une description fiable sauf à parler de ces yeux qui n'avaient probablement jamais pu se mettre d'accord entre le bleu et le marron et se le disputaient encore aujourd'hui. Il portait un long manteau de cuir et un large chapeau qui le faisait ressemblait à un de ses chasseurs de prime des manga que les jeunes affectionnaient tant.

A gauche, la voyageuse n'aurait rien eu de particulier si ce n'était que sa tunique semblait d'un autre temps et que ses pieds étaient couverts d'une fine poussière ocre qui ne semblait pas venir d'ici.

Au centre, l'homme que la Reine avait appelé Cyrus arborait une peau qui avait la semblance du plâtre. Sa stature et la cicatrice qui lui barrait le visage à l'horizontale laissait deviner un guerrier qui s'était rangé dans les lettres, à en juger par sa tenue. Malgré son handicap, il semblait parfaitement autonome et n'attendit pas que Rosarjo l'approche pour aller la serrer dans ses bras. Paternellement, il lui prit le visage dans les mains comme pour mieux la regarder :

« Nous sommes venus en renfort pour le conseil de ce soir. »

A la seconde où ils étaient arrivés dans la cour, la Reine avait  fait signe à Émir de la suivre sans plus d'explication. Il lui suffisait pour l'instant de savoir qu'il devait être à ses côtés. A cet instant, comme elle remerciait son ancien maître d'armes, il était à sa place, exactement là où elle voulait qu'il soit :

« Kohar ne s'était donc pas trompée sur ton compte. », nota le perse au bout d'un sourire.
« Je me trompe rarement », nota l'Arménienne en posant un énorme grimoire qu'elle avait sous le bras sur la table d’apparat en se demandant si elle allait tenir le coup...
 
MessageSujet: Re: In the Shadow of the valley of Death.   
Dim 3 Nov - 21:59


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Emir
« Relève toi général, nous avons beaucoup de choses à accomplir avant la tombée de la nuit. Le conseil des anciens viendra frapper à ma porte avant - » Il semblerait qu'elle ait trouvé les mots juste pour toucher son âme dans tous ces recoins. En l'appelant général, elle le révéla comme il était, avant de mourir, revêtant alors son charisme qu'il arborait dans sa démarche, dans sa façon de se tenir, mais surtout, de marcher. Il avait cette arrogance classe qu'avait les grands chefs de guerre d'un temps passé, et s'il avait pu revêtir ses habits d'autrefois, la Reine aurait pu voir qu'elle comptait, parmi ses tous nouveaux rangs, un homme à la fière allure, un de ces hommes dont vous n'avez aucune honte à exhiber tant il est un excellent représentant de votre maison, par sa simple présence. Il se releva devant la Reine, hochant alors de la tête, prêt à la suivre n'importe où, jusqu'à ce que la véritable mort ne les sépare. Il la laissa bien évidemment passé devant, jetant un rapide regard vers les gardes qui ne bougèrent plus d'un pouce. Maintenant qu'il les revoyait, il se rappela alors les avoir vu dans les visions de la Reine, près de sa chambre, la gardant bien avant sa mort. Son règne semblait être prévu à l'avance. Mais alors... Pourquoi l'avoir garder si longtemps dans cette prison de glace ? Pourquoi l'avoir retiré de la vie de tous, l'enfonçant dans les méandres du passé jusqu'à ce que chacun parmi ses plus jeunes sujets ne l'oublient ? Emir ne comprenait pas, et c'est la tête pleine de questions de ce style-là, qu'il la suivit dans le long couloir maintenant éclairé par des torches pour la plupart moisi, dégageant une horrible odeur.


(...)

« Cyrus. » Emir s'arrêta, ne traversant pas de suite la porte, se touchant le torse, regardant ses mains, ses bras et son pantalon. Son créateur, son père dans la mort, était là, et lui, il était sale, imprésentable. Il allait encore le faire rougir de honte, car il n'était visiblement pas à la hauteur de ses attentes. Il inspira profondément comme pour trouver en lui une quelconque source de courage, puis s'élança dans la pièce, ressentant dans le creux du vente, pour la première fois peut-être, la honte d'être aussi dévoilée, comme s'il avait honte de son propre corps. Son regard chercha automatiquement le bandeau de son créateur, attendant une quelconque réaction de sa part. Une réaction qui se tarda d'arriver, lui laissant alors le temps de poser son regard sur les deux autres personnes qui le suivait. A sa droite, il y avait un vampire pour le moins étrange. Il était vieux, très vieux, mais son look démontrait tout le contraire. Il avait une gueule amusante, mais qui imposait tout de même une certaine forme de respect. Tout comme son créateur perse, il avait l'air d'avoir connu des choses que peu de gens encore sur cette terre ont eut la chance ou la malchance de connaître. Sashka allait très certainement l'adorer.

Enfin, à sa gauche, il y avait une jolie femme à la beauté particulière. Sa peau était blanche, ses yeux étaient d'un bleu hivernale, et sa tenue d'un autre temps. Emir la connaissait vaguement, car elle avait été la femme de son maître. Kohar... C'était grâce à elle, ou à cause d'elle qu'il était ce qu'il était aujourd'hui. Il n'avait jamais su comment se comporter en sa présence, tout comme en celle de son créateur, bien que tout aille en s'arrangeant avec ce dernier. Emir resta dans l'ombre, préférant ne pas trop s'exposer. Sa tenue n'était guère appropriée pour ce genre de réunion, et il ne souhaitait pas faire honte à sa Reine.

Lorsque Cyrus s'approcha de la Reine Rosarjo pour la prendre dans ses bras, Emir ne put s'empêcher d'esquisser un faible sourire. Il était au moins fier d'un de ses enfants, c'était toujours ça de pris pour lui. L'Ottoman n'aimait pas rester trop en sa présence. Il se sentait déplacé, inutile, comme un enfant que l'on a pas désiré (ce qui était réellement cas, puisque c'était Kohar qui lui avait demandé de le transformer). Emir baissa alors le visage. « Nous sommes venus en renfort pour le conseil de ce soir. » Il comptait rester là, sans se montrer, mais la Reine en avait décidé autrement. Elle lui fit signe de s'approcher dans la pénombre pour qu'ils le voient. Il releva la tête, restant digne malgré tout, arborant cette même expression qu'il avait eut alors lorsqu'elle l'avait appelé général.

« Kohar ne s'était donc pas trompée sur ton compte. » nota le perse au bout d'un sourire. Emir se sentit tout chose. C'était son premier sourire de la part de son créateur. C'était quelque chose qui le touchait beaucoup. Il avait enfin de quoi se vanter de l'avoir pour fils, après tant d'années, de siècles, à ne pas avoir briller pour... Quoique ce soit. Emir se sentit rougir de honte. Il était malgré tout très respectueux, d'autant plus que là, il semblait être entré dans un autre monde qu'il ne connaissait pas. La royauté, la monarchie chez les Vampires, la régence d'un pouvoir dont il n'avait jamais soupçonné l'existence. Il était jeune finalement, Emir, même si les âges ne se comptaient plus sur ses fortes épaules dorés. « Je me trompe rarement » Il ne leva pas le regard vers Kohar, il n'en était pas digne, et ne le serait probablement jamais. Il avait juste relevé son regard vers le Perse, pour répondre à son sourire, par un sourire timide, comme un enfant qui venait d'être félicité par son père, bien que les mots n'étaient guère explicite.

C'est à ce moment-là, qu'Emir prit la parole, demandant alors à la Reine Rosarjo. « Ma Reine, j'aimerais me retirer une petite demi-heure en ville pour me laver un peu, afin d'être présentable devant vos hôtes. » Elle acquiesça d'un signe léger de la tête, et dans la seconde qui suivit, il n'était déjà plus là.


(...)

Le Soleil le picotait comme s'il avait des fourmis. Son anneau le protégeait des méfaits des U.V sur sa peau de vampire, mais aujourd'hui, cela ne suffirait pas à pouvoir se camoufler tranquillement parmi les humains. Il était sale, très sale, mais surtout couvert de sangs. Et torse-nue. Autant de points qui lui intimaient indirectement de rester secret et d'agir avec précision. C'est ainsi qu'il en vint à taper à la porte d'une maison, contraignant d'un bref regard l'habitant pour se retrouver inviter en son sein. Là-dessus, il se doucha, saisissant une chemise blanche, et un pantalon noir. Il lui prit des mocassins, puis le contraignit pour qu'il oublie tout ce qui venait de se passer. Avant de partir, il prit une robe longue, et noire, quelque chose d'assez sobre, mais qui restait tout de même une robe de soirée, appartenant sûrement à l'épouse de l'homme chez qu'il venait de rentrer. Une fois dans le jardin, il bondit, et disparut de Slatina pour un temps.


(...)

Lorsqu'il revint à la forteresse, Emir tenait la robe de façon à ce qu'elle soit le moins froissé possible. Il finit par monter à l'étage, ne trouvant personne au rez-de-chaussé, puis il se dirigea vers la salon principal, où il vit les trois nouveaux arrivants, la Reine et Sashka, qui tenait le bras d'Yvan, lui-même debout derrière un fauteuil défoncé par le temps. Emir leur fit un clin d'oeil rapide, comme pour leur signaler que tout allait bien. Sashka sembla se détendre tout d'un coup. Elle eut un sourire vers la Reine de l'avoir, finalement, soigné. La douleur qu'elle avait ressenti la veille lorsque Rosarjo l'avait laissé agonir sur le sol. C'était quelque chose qu'elle ne souhaitait plus jamais revivre. Emir s'avança dans la pièce, tout en disant :
« J'ai fais au plus vite, ma Reine. » Il lui tendit la robe, tout en s'approchant d'elle, et il ajouta :
« Pour que vous soyez un peu plus présentable devant tout le monde, ce soir. Votre robe est pleine de sang, et trouée à votre poitrine. » Il baissa le visage, s'excusant silencieusement d'avoir eut l'audace de regarder la poitrine de sa Reine. Emir ne savait vraiment pas comment se comporter. Cela faisait très longtemps qu'il n'avait pas approché de royaux personnages, et même du temps où il était général, la seule personne qu'il approchait autant devait être uniquement le Sultan, et très certainement pas sa femme. Sashka inclina légèrement sa tête sur le côté, un sourire sur ses lèvres, le trouvant trop mignon.


uc.
 
MessageSujet: Re: In the Shadow of the valley of Death.   
Lun 4 Nov - 0:04


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Rosarjo
Sashka et Yvan finirent par reparaître, attirés par les bruits de conversation. Cyrus avait déjà déroulé les anciens parchemins de la loi, rédigés par lui-même plus de cinq siècles auparavant. Un ensemble de parchemins neufs étaient prêts, déroulés sous son coude tandis qu'il trempait sa plume dans le sang du Changelin' et commençait à coucher les premières lettres de la loi de sa belle écriture qui avait fini par s'affranchir des angles cunéiformes laissés bien loin derrière eux.

A l’avènement d'une nouvelle Reine (ce qui n'était pas si souvent), un certain nombres de rites devaient être observés. D'ordinaire, l'ascension de la Reine se faisait dans le cadre d'une cérémonie au cours de laquelle celui que le conseil avaient reconnu comme l'Aîné, procédait au sacrifice de la future reine. Les vampires présents se délectaient du sang de sa mort tandis que se passait la transformation. Généralement c'était le seul moment où on avait l'occasion de boire le sang de la Reine et c'était un élixir particulièrement convoité, du moins c'était ce que le Changelin' avait l'air d'expliquer à Sashka et Yvan.

« Après quoi les lois sont réécrites qu'elles soient amendées ou laissées intactes. Généralement on en profite pour y apporter quelques modifications vu que c'est pas tous les quatre matins qu'on lève une reine. Surtout pas le matin d'ailleurs... »

La grande gigue de vampire se mit à glousser d'un rire grinçant comme si ses cordes vocales étaient bien trop vieilles pour ça.

« Je vois que tu ris toujours à tes propres blagues Changelin'. »
« Il faut qu'il y en ait au moins un. Bref, qu'est-ce que je disais ? Oui donc le conseil de ce soir va chercher à imposer ses choix à la Reine, d'autant que certains chercheront probablement à remettre en doute son autorité puisque sa transformation ne s'est pas faite dans les règles... »

Le chasseur de vampires continuait ses explications sur le conseil et ses membres lorsqu'Emir revint, tendant une robe noire à la reine.

« Pour que vous soyez un peu plus présentable devant tout le monde, ce soir. Votre robe est pleine de sang, et trouée à votre poitrine. »
« Tu as sans doute raison. », répondit la Reine avec un sourire moqueur.

Elle avait déjà vu ce genre d'attitude chez ses servantes lorsqu'elle recevait alors même qu'elle était en train de prendre son bain. On l'avait élevée à considérer qu'en tant que reine, elle n'avait à avoir honte de rien tant qu'elle servait son peuple correctement. Il n'y avait plus a proprement parler de peuple mais elle conservait tout le reste.
Elle se retira donc seulement par égard pour Émir et cette si jolie chose qu'il avait eu un instant en tête et qu'il appelait Siobhán. Aimer une mortelle était déjà bien suffisamment compliqué sans avoir à y ajouter des raisons d'être jalouse.

« As-tu réfléchi au titre officiel d'Emir ? », demanda Cyrus qui en était là de son parchemin.
« Emir ? »

Après tout ce n'était pas elle qui allait le porter ce titre.
 
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Lun 4 Nov - 1:02


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Emir
« Tu as sans doute raison. » Emir ne comprit pas tout de suite pourquoi elle lui répondit avec un jolie sourire moqueur sur ses lèvres. Il se sentait dénigré, et il aimait pas ça. C'était quelqu'un de susceptible, surtout quand sa relation n'était guère creusée. Certes, c'était la Reine, mais Rosarjo, bien que captivante, n'était pas encore suffisamment intime avec lui. Du moins, c'était ce qu'il pensait. Paradoxale quand on sait que tous les deux se sont échangés leur sang beaucoup plus tôt, pour se sauver à tour de rôles d'une mort imminente, ou d'une prison de glace. Emir la regarda se retirer pour aller se changer. Il posa alors son regard sur Sashka et Yvan, puis sur Changelin, Kohar et enfin Cyrus. Moins confiant, moins sûr de lui, Emir semblait un peu perdu. Et son rapide regard qu'il lança sur la table pour y voir les pages du gros livre ne l'aidèrent pas à y voir plus clair. Emir était quelqu'un qui aimait y voir clair avant de se prononcer, ou même de participer à quelque chose. Là, il n'y connaissait rien, sinon ce que lui en avait dit Cyrus lorsqu'il l'avait prit sous son aile, il y a un peu plus de sept siècles.

« As-tu réfléchi au titre officiel d'Emir ? » Emir, qui s'était approché du livre pour mieux le consulter, releva le regard vers la Reine qui venait de revenir dans la pièce. Il se figea devant sa beauté, avant de baisser le regard. Siobhán. Emir avait l'impression de s'oublier devant la beauté de la Reine. C'était sûrement un cap à passer. Il allait finir par s'y habituer, et au fils du temps, ça se calmerait. Le même sang parcourait ses veines que celui de la Reine, c'était peut-être cela. Il se mordit la lèvre, posant son regard sur Cyrus, avant de regarder de nouveau Rosarjo, qui répondait : « Emir ? » Emir écarquilla les yeux, se redressant alors, jetant un regard sur Kohar, sur Cyrus et sur Changelin' comme pour y chercher une aide quelconque. « Choisir mon titre ? Eclairez-moi, je suis censé être quoi, moi dans l'histoire ? » Il se redressa, contournant la table, pour se mettre au milieu de tous.

Emir avait l'impression qu'on se jouait de lui. Cela passait difficilement. Bientôt, quelqu'un allait bondir, et lui dire : Poisson d'Avril ! Non. Il ne pouvait pas se choisir un titre qu'il ne méritait pas. Il n'avait pas encore brillé pour en avoir un. Lui, il avait besoin de prouver qu'il était bon pour ce poste. Il avait trop vu de gens balancer à des hauts postes militaires ou politiques au cours de ces derniers siècles alors qu'ils n'en avaient pas les compétences, juste parce qu'ils se trouvaient là au bon moment ou parce qu'ils étaient le frère de. Le cousin de. Le fils de. Non. Pour Emir, qui avait durement travaillé quand il était plus jeune, car c'était ainsi qu'il avait été éduqué par Isam, son père, il lui fallait leur prouver qu'il ne comptait profiter d'aucune situation. Qu'il avait sauvé la Reine parce qu'il l'entendait l'appeler, et que ça l'intriguait. A tel point, qu'il avait embrigadé ses deux enfants sans savoir où cela allait les mener. Emir était quelqu'un de droit lorsqu'il s'agissait de ses capacités intellectuelles, ou physiques, ou morales. Il n'était pas n'importe qui, c'était surtout ça, qu'il voulait qu'on sache.

« Je suis désolé, Ma Reine, mais je suis quelqu'un qui ne vient pas quémander quoique ce soit. Je suis venu ici car vous aviez besoin d'aide. Je ne savais même pas que vous étiez notre Reine à tous. Yvan et Sashka peuvent témoigner. Ils m'ont énormément aidé à régler mon soucis. J'entendais votre voix... C'est votre ton de voix qui a éveillé ma curiosité, Ma Reine. J'aime le timbre suave et séduisant que vous avez pris lorsque vous m'appeliez au début, me tentant à vous aider. C'est un truc que j'aime entre chez la femme que j'aime, et c'est très certainement pour cela que je suis venu à vous. » Il posa son regard sur Cyrus, et reprit : « Tout comme mon créateur, ici, je suis un guerrier, je suis un stratège, je suis un fin penseur, et je suis quelqu'un de cultivé. J'ai été éduqué pour être l'élite de l'Empire Ottoman. Force et Honneur. J'ai saigné, j'ai transpiré, je me suis battu pour être Général, et mourir sur les champs de bataille valaques. » Il reposa son regard sur la Reine, et conclut : « Si je dois avoir un titre, Ma Reine, c'est parce que je le mérite. Je ne dois en aucun avoir à le choisir. Sinon... Nommez-moi Sublime Porte. »

Emir avait son caractère, et s'il devait s'élever dans la hiérarchie vampire au côté de la Reine Rosarjo, il fallait qu'elle sache à quoi s'attendre de lui. C'était quelqu'un de droit, qui n'avait qu'une parole, car il donnait un réel sens au mot Honneur. Il avait son regard dans le vert-doré des yeux de la Reine, avant de reposer son regard sur Cyrus, comme pour s'excuser de son comportement. Autant se faire comprendre de suite. Emir avait été un fier général turc. Si c'était à refaire, il n'hésiterait pas une seule seconde à reprendre les armes et à partir à la conquête des territoires pour la Reine Rosarjo, n'hésitant pas à tuer Humains, Sorciers, Faeries, Lycans et Roms sur son passage.


uc.
 
MessageSujet: Re: In the Shadow of the valley of Death.   
Sam 9 Nov - 1:01


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Rosarjo
« Choisir mon titre ? Eclairez-moi, je suis censé être quoi, moi dans l'histoire ? »

Lorsque Rosarjo vit cette expression sur le visage de celui qui l'avait réveillée, elle se retrouva cinq siècles en arrière devant la fenêtre de sa chambre face à son destin. Elle n'avait pas un instant choisi la voie de la régence. On l'avait décidé pour elle avant même sa naissance et on l'avait élevée de telle sorte qu'elle ne connaisse rien d'autre. S'écarter de ce chemin lui avait coûté énormément, plus probablement qu'elle n'était prête à payer, mais au moins une fois dans son existence, elle avait eu le sentiment de pouvoir choisir autre chose.

Cyrus ouvrit la bouche pour répondre à la question d’Émir. Mais Rosarjo le fit taire d'un jeste de la main. Il fallait le laisser parler.

« Je suis désolé, Ma Reine, mais je suis quelqu'un qui ne vient pas quémander quoique ce soit. Je suis venu ici car vous aviez besoin d'aide. Je ne savais même pas que vous étiez notre Reine à tous. Yvan et Sashka peuvent témoigner. Ils m'ont énormément aidé à régler mon soucis. J'entendais votre voix... C'est votre ton de voix qui a éveillé ma curiosité, Ma Reine. J'aime le timbre suave et séduisant que vous avez pris lorsque vous m'appeliez au début, me tentant à vous aider. C'est un truc que j'aime entre chez la femme que j'aime, et c'est très certainement pour cela que je suis venu à vous. »

Rosarjo eut un demi sourire énigmatique tandis que les trois anciens affichaient des mines goguenardes devant cette confession parfaitement déplacée. Ça n'aurait pas plus au conseil de l'entendre, mais Cyrus, Kohar et le Changeling étaient très différents.

« Tout comme mon créateur, ici, je suis un guerrier, je suis un stratège, je suis un fin penseur, et je suis quelqu'un de cultivé. J'ai été éduqué pour être l'élite de l'Empire Ottoman. Force et Honneur. J'ai saigné, j'ai transpiré, je me suis battu pour être Général, et mourir sur les champs de bataille valaques. Si je dois avoir un titre, Ma Reine, c'est parce que je le mérite. Je ne dois en aucun avoir à le choisir. Sinon... Nommez-moi Sublime Porte. »

Kohar éclata d'un rire clair, presque vivant. Cyrus se tourna vers elle comme elle lui chuchotait à l'oreille quelque chose qui le fit sourire.

« Cela me rappelle assez toi enfant Rosarjo. »

La reine se retourna, un sourcil faussement sévère levé. Il était clair qu'ici, il n'y avait que des proches et ce même si c'était la première fois qu'elle croisait le chemin de Kohar et du tristement célèbre changeling.

« Je te revois renvoyer la tête de ce pauvre Satrape au bout d'une pique avec un linge souillé de ton premier sang en guise de réponse à la demande en mariage de la Sublime Porte. »
« Je l'aurais presque oubliée celle-ci. »

Le moment d'hilarité passé, ce fut Rosarjo elle-même qui parla :

« Les autres attendront de toi que tu sois mon ombre, mon gardien silencieux. Le conseil voudra confronter un homme fort. Pour moi, je vais te donner ce choix. Une place à mes côtés n'est pas chose facile et tu te feras plus d'ennemi que d'amis mais en contre partie, ton pouvoir sera au plus proche de ce que peut-être le mien, tu me soutiendras et me sera fidèle. Ou bien tu peux t'en retourner auprès de la femme que tu aimes, Siobhán, et nous oublierons jusqu'à ton nom si c'est ce que tu désires. »
« Sans appui tu seras vulnérable ma reine. »

La reine retourna un regard terrible vers le changeling et tout autour d'eux, ce fut comme si un voile de ténèbres masquait le soleil au dehors.

« Je saurais leur montrer qu'on ne s'oppose pas à un pouvoir tel que le mien, sois sans crainte changeling. Ce que mon sang a fait, il peut aussi le défaire... »

La menace était clairement tangible et chacun pouvait ressentir son immense pouvoir comme sourdant des tréfonds de leurs âmes damnées. L'orage se dissipa aussi rapidement qu'il était venu cependant :

« Que choisis-tu Émir ? Sois mon général ou sois libre. »

Dans ces mots tout était dit. S'il devenait son général, il serait plus proche que jamais du pouvoir mais il perdrait une certaine forme de liberté en ce sens qu'il devrait se trouver auprès d'elle aussi souvent qu'elle l'exigerait. La reine pouvait être quelqu'un de très dur, mais elle était toujours juste. Une valeur qu'elle tenait de son père. Elle ne promettait pas d'essayer de faire sans lui aussi souvent que possible. Elle ne le ferait pas.

 
MessageSujet: Re: In the Shadow of the valley of Death.   
Sam 9 Nov - 6:55


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Ezechkiel
« Ce n’est pas possible… » souffla Ezechkiel, ouvrant un œil, étonné et abasourdi. Son cœur venait de louper quelques trois battements. Ah non. C’était vrai. Son cœur ne battait plus. Pour autant, il en était sûr, il y avait quelque chose, là, tout de suite. Quelque chose qui s’appelait… douleur. Il grimaça tant ça lui faisait mal, se plia en deux, le ventre serré, les tripes prises. Non. Non. Il le sentait. Ça venait. C’était. C’était…

« Daaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaannnteeeeee »

La voix d’Ezechkiel perça aussi bien les murs que les vitres, perça la maison entière, perça tout, et perça son propre cœur tant elle était déchirante. Le prince se leva d’un bond hors de son cercueil, le regard perdu. Il fallait qu’il réfléchisse. Il fallait qu’il agisse. Quelque chose. Quelque chose et vite !
Knife débarqua au même moment et comme s’il avait lu dans ses pensées, il tenait dans ses mains la vieille armure qui avait été sienne et qu’il avait eu le loisir et le temps de sortir du placard de sa chambre. Ezechkiel le fixa, et ses yeux jadis bleus étaient rouge sang. Son teint était pâle, sa face lugubre. Lui qui était si beau aurait fait peur à la première des Banshee tant il semblait hors de lui-même. Qui avait osé ? Qui ? Et… surtout, pourquoi ?

« Ce n’est pas vrai… » marmonna le prince en tirant à lui l’armure.
« Je crains hélas, mon père, que… »
« Rah ! Suffit ! »

Knife baissa les yeux en silence et finalement recula. Sa main happa au passage la jolie Ephèbe qui approchait pour questionner le géniteur – mais ce soir, leur père n’était pas d’humeur. C’était bien rare qu’il fut ainsi, perdu et affolé à la fois, mais c’était une chose que le plus jeune des trois vampires – et le plus vieux en apparence – pouvait aisément comprendre. Tout du moins, il le comprenait sur le moment. Il ne connaissait rien de l’histoire, de la souffrance et des larmes qu’avaient été celles d’Ezechkiel au moment de la mort de son aimée. Pas plus qu’il n’avait vu sur ses joues froides les larmes remplacées par du sang.
Finalement, il n’avait rien vu de tout cela, et c’était mieux ainsi.

Le père du Prince n’était toujours pas là.
Soit il se cachait. Soit il était de sortit. Soit pire encore il s’amusait de nouveau à torturer ce tas d’immondice qu’était son âme aujourd’hui sans queue ni tête. Un tas d’immondice… Il entra sous une douche et se débarassa de tout. De la sueur comme du reste. Il n’avait pas d’odeur, mais la peau encore marquée de ses ébats avec Lust qui avait tant prié la nuit d’avant et la nuit encore avant qu’il en avait oublié tout le reste. Il en avait oublié sa reine dans les reins bien ajustés d’une victorienne blonde et pâle comme les blés, lui qui avait aimé si longtemps les peaux plus sombres et les yeux mordorés des femmes aux cheveux d’ébène. Qu’y pouvait-il ? Pas grand-chose. Pour autant, le remord était là, mordant sa cuisse, buvant son sang, comme le serpent qui jadis eut mordu le sein d’une Cléopâtre. Qui jadis eut avalé sa raison et sa foi.

Il sortit peu de temps ensuite de la douche, s’habilla, passa en revu ce drôle d’accoutrement qu’il n’avait pas porté depuis sa mort. Il s’en était débarrassé comme du reste. De son prénom à son nom de famille, il ne lui restait plus grand-chose que des souvenirs. Aldea. Aldea. Ce nom sonnait si étrange sur ses lèvres. Il l’aurait presque oublié, ce sang bleu qui avait coulé dans ses veines, qui avait fait de lui plus tard le paria de toute la Valachie, le vampire le moins aimé… l’amant le plus paumé.
Il secoua la tête pour en chasser les démons mais ils ne firent qu’un petit écart pour venir l’étreindre de plus belles. Il les haïssait, et son cœur pulsait. On lui avait mentit. Depuis le début. Depuis sa naissance que Mihai avait chérie. De sa mère morte en couche qui finalement avait subi la mort des mains de leur propre père, de ce père qui avait dit tant de fois l’aimait mais l’avait oublié au premier incident, de cet oncle implacable et sévère… de sa chère cousine qu’il avait aimé plus qu’il n’avait aimé la vie, qui l’avait propulsé dans la mort à cause de leurs idioties. De tout le reste encore qui sur sa gueule formait un voile authentique et sombre, un voile de souffrance.
Il avait souffert tout le long, tout pendant. Il ne s’était pas passé un jour ou presque sans qu’il ne se demande « à quoi bon ? », sans qu’il ne songe à se tuer ou à disparaître, à rejoindre sous forme de cendre la terre et qu’il ne retrouve dans l’étreinte hasardeuse de mère-nature les restes de sa charmante dulcinée, emportée par les ténèbres.

Aujourd’hui les ténèbres s’illuminaient.
Ça aurait dû être une délivrance. Non, mieux ! Une bénédiction ! une véritable rédemption pour cette âme égarée… Mais à trop être resté dans le noir, la lumière ne fait que brûler les iris du coupable.

Il ravala difficilement sa salive, sortant dehors. Dante. Dante.
Où était-il ?

Ses yeux traînèrent sur le sol et se fixèrent sur Greed, puis sur Warth qui étaient là. Silencieux.

Il resta quelques longues secondes à échanger avec eux le plus lourd et le plus long des regards de l’histoire des fils de Dante, puis finalement, raccrochant à sa ceinture la rapière qui avait fait à l’époque sa renommée à la cour comme le plus fin bretteur de la Valachie, il sortit hors du Manoir, disparaissant dans l’obscurité en une brume sombre et épaisse.

Quelques secondes plus tard, quelques bruits de sabot cognaient le sol.
Une cavale sombre et élancée apparue dans la cour, ses pattes fortes et puissantes s’enfonçant dans la terre. Le spectacle était quasi démoniaque : l’animal avait le pelage sombre comme la mort et ses yeux étaient rouges comme deux rubis brillant. La crinière encore au vent, Ezechkiel rattraperait sur le chemin Dante. Elle était légendaire, pour être apparue cent fois sur des champs de guerre sans jamais faillir, sans jamais être blessée. Dans la nuit, l'armure avait laissé place à une selle simple faite de fils brodés cramoisies sur un cuir noir de bœuf.

On la reconnaissait, et dans le petit village en contrebas, les paysans inquiets la regardèrent passer. Un vieil homme ouvrit un œil et le referma, se mettant religieusement à prier.

Diskorde, chantait le vent...




Il se doutait bien que si le diablotin le lui avait demandé, il aurait sans doute dit non.
Par fierté. Par peine. Par haine.

Personne là-bas ne le lui avait pardonné et il le savait.
Ça ferait d’ailleurs mauvaise impression que de venir.

Mais cela faisait plus de cinq siècles.
Mourir pour mourir…


 
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Sam 9 Nov - 8:12


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Néhémie
Marchant dans les parterres de la Forteresse du Pendu, en retrait derrière le colosse qu’était son père et surtout car ce dernier affichait la mine sombre des jours qui n’allait jamais bien finir, Néhémie jetait des regards aux alentours comme pour y voir une figure qu’il connaissait. Les deux cavales montaient ainsi la longue et difficile traversée. La pente avait toujours été ardu pour arriver au sommet et donc à la forteresse, mais c’était un drôle de sentiment de savoir que tout ça allait renaître. Le jeune prince avait presque eut une larme à l’annonce. Pas de sentiment particulier bien que Rosarjo fut sa cousine – c’était surtout à la longue et terrible chute de leur empire qu’allait ce petit regain d’émotion. Lui-même s’était terré et horriblement ennuyé. Quelque part en Slovaquie, ils avaient prospéré, lui et son père. Ils avaient attendu surtout. Que quelque chose arrive, que quelque chose se passe. Il avait occupé le temps comme il le pouvait, ses crocs avaient rencontré plusieurs gorges dont celle du prieur fou de Dante, mais il ne s’était pas autant amusé que lors de la Guerre contre l’Empire Ottoman. Rien ne lui apporterait plus autant de plaisir que d’égorger un bronzé du revers de son propre cimeterre… Rien. Si ce n’est de savoir la Forteresse du Pendu de nouveau vivante.

Les deux cavales sombres des Aldea grimpaient en silence, toujours. Un vent froid glissa sur le sol et un homme apparut à côté de Néhémie. Ce n’était autre qu’un homme de forte stature, aux épaules larges quoi que sa taille fut aussi moyenne que celle du jeune prince. Les yeux clairs et l’armure blanche drapée d’une simple toge de lin grossière…
Néhémie eut un petit sourire amusé.

« Orderic… Voilà un oiseau de bon augure ! »
« Prince Néhémie, il est toujours un plaisir de vous rencontrer… »

La cavale sembla ralentir, ralentissement nécessaire si le prince voulait rester à la hauteur de l’homme.

« Cyrus est déjà arrivé ? »
« De ce que j’ai cru comprendre, oui. »
« Sais-tu qui l’a réveillée ? »

Orderic leva ses yeux clairs sur Néhémie, puis eut un petit rire.

« Si j’ai bien entendu, il se pourrait qu’il s’agisse… d’un ottoman. »

Les yeux céruléens du prince s’ouvrirent et son esprit se figea dans l’horreur et la colère. C’était aussi drôle à voir qu’à entendre, car déjà tonnait dans la cours de la Forteresse, frappant dans la pierre pour mieux se répercuter de toute part, les sifflements de vipère du prince :

« Un ottoman ? Dans la Forteresse ? Un ottoman ! Jamais un ottoman… »
« Néhémie. »

La voix grave et caverneuse de Mihai coupa l’herbe sous le pieds de son fils. Le cousin de Vlad Tepes n’avait rien de son frère. Il était trapu comme un lion noir, et sa tignasse s’alliait avec une pilosité faciale aussi impeccable qu’inquiétante. Grand mais pas encore assez pour lutter avec la taille vertigineuse d’un changelin’, Mihai s’affichait à un mètre quatre-vingt-huit du sol. Ses cheveux ondulés formaient autour de son visage pâle un halo sombre ressemblant à une crinière, lui tombant jusqu’aux omoplates. Une fine barbe bien entretenue encadrait son menton et sa mâchoire, donnant à son visage d’homme de quarante ans l’assurance et la dureté d’un homme de son rang. Racé jusqu’au regard, Mihai portait à son ceinture une épée bâtarde dont la garde n’était autre qu’un dragon d’or blanc aux yeux de rubis. Certaines écailles ici et là étaient faites tantôt d’or, tantôt d’argent, donnant plus de couleurs au dessin. Son armure, quant à elle, était à l’image de celle des japonais. Faites de plusieurs pièces noires et bordeaux, elles cliquetaient mais ne faisaient pas autant de bruit que l’armure blanche de plaque de l’ancien croisé. Encore une chose, pensa le vieux Mihai, encore une chance.

Derrière lui, Néhémie était aussi élancé que son vrai jumeau. Le même visage, le même regard, mais l’attitude était nettement différente. Il était plus droit et ses yeux semblaient plus sévères. Il avait quelque chose de rigide, et ce n’était pas que sa pensée ou ses idées, mais la résultante de toute une éducation.
Somme toute, Néhémie était à l’image de ce que l’on avait voulu qu’il devienne et était l’un des plus beaux représentants de son époque et de sa race. Un prince jusqu’au bout des doigts. Un prince-guerrier cependant, comme l’indiquait les deux épées qui pendaient à chacun de ses flancs. Son armure était plus légère, couverte d’une peau de cuir lui permettant les mouvements logiquement interdis par la plaque.
Sur le cuir de son torse, on notait ce qui avait été dans le passé le symbole de la royauté de Valachie. Le drapeau de son épée marquée au fer rouge, marquée à même la peau d’un ours, car c’était d’un cuir d’ours que le prince s’était drapé. Le contour de son col était faite quant à lui d’une fourrure de loup blanche, contrastant avec l’obscurité qui ressortait de son être tout entier.
L’âge n’avait pas entaché son image. Néhémie restait ainsi. Distingué et imposant, malgré qu’il ne put afficher qu’une petite vingtaine à peine entamée. La légende disait de lui qu’il n’avait jamais perdu un champ de guerre, et s’il ne s’en vantait jamais, c’était bien vrai. Il avait d’ailleurs nommé son épée après le mythe ; la Victorieuse.

Plus en arrière encore, l’ancien croisé et fils de Cyrus attendait. Le visage serein et le regard calme comme un homme de foi, il avait abandonné de porter la toge marquée d’une croix rouge au septième siècle après avoir vu les atrocités dont été capables les siens, et surtout les hommes d’église. Il avait fini par abandonner tout ça pour se confondre avec l’idée que Dieu n’avait rien dit de ce que les papes disaient, et la religion avait laissé place entière à la foi, et seulement la foi.
Orderic était un des rares vampires à être si baigné par la lumière que même dans la mort, son corps semblait émaner une certaine chaleur, ou tout du moins il ne semblait pas atteint par la saleté du don obscur. Les cheveux bruns et mi- longs jusqu’aux oreilles qu’il avait pris soin de rabattre en arrière avec une pince minuscule datant du dixième siècle, un cerclage fait de bois car le Croisé avait fait, auprès de Saint Thomas d’Assise lui-même, d’abandonner tout ce qu’il avait et de ne jamais porter plus qu’il ne pouvait, Orderic s’affichait aussi noble que neutre.
Bien sûr son visage n’était pas aussi fin et racé que celui des princes Aldea qui le précédaient, mais il avait cette gentillesse dans l’âme et cela se voyait. Le choix de l’armure sans doute aidait car sous sa toge l’on voyait encore la côte de maille peinte de blanc et le tissu de soie qui servait à couvrir cette croix immonde qui, à l’arrière seulement, quand les lumières frappaient le tissu sans couleur, laissait apparaître le tatouage qui fut à une époque toute sa vie et aujourd’hui était tout son fardeau : la croix rouge des gardiens du Temple.

C’est ainsi, à trois, Mihai en tête, qu’ils pénétrèrent dans la Forteresse.
C’est en silence que les domestiques s’écartèrent devant Mihai Aldea. Un nom qui résonnait tantôt comme une malédiction, tantôt comme un coup de fouet. Il avait été longtemps de son vivant l’Ombre et seulement l’Ombre de son cousin. Un seigneur de guerre tout d’abord, un fin stratège et finalement un précepteur attachait. Cela ne se lisait pas sur son visage, mais il était tout de même heureux de savoir que sa nièce et filleule ait pu avoir survécu malgré les dires, malgré les événements tragiques qui avaient bouleversé le monde vampire et le monde moldu également.

C’était un grand jour qu’aujourd’hui et c’était pour cette seule raison qu’il s’était débarrassé de la poussière sur ses cheveux. Pour cette même raison que son œil avait regagné sa douce couleur noir, que les iris jadis vitreux maintenant brillaient comme deux onyx en feu.

Dans un silence religieux, Mihai passa la porte de la Salle du trône.
Il arrivait au moment le moins propice. Il cilla d’ailleurs légèrement, comprenant rapidement qu’il avait été – pour une rare fois – plus rapide que Vlad. Il se retint par ailleurs de poser la moindre des questions mais avança malgré tout. Il avait passé l’âge de demander la permission à chaque pas. Passer l’âge d’attendre. Passer l’âge de beaucoup de chose… notamment de vivre.

Néhémie entra à sa suite, de même qu’Orderic, comme Mihai n’avait rien dit et qu’il était bien connu que Mihai ne disait rien mais posait les limites à ne jamais franchir avant qu’elles ne fussent brisées. Par respect sans doute pour son vieux père, Néhémie osa un sourire adorable à Rosarjo mais s’arrêta à trente pas au moins du Conseil. Il n’était pas Conseiller, et son rang de destitué au Trône ne jouait en aucun cas en sa faveur.
Orderic se déplaça en silence, jetant un regard à Emir mais se plaça plus exactement derrière Cyrus, à une dizaine de pas enfin. Par habitude, il ne s’éloignerait pas davantage. Par respect, il ne s’approchait pas davantage non plus. C’était sa manière d’être. Il n’avait pas l’arrogance de son rang. La mort lui avait apporté l’humilité qui n’était pas la sienne quand ses mains baignaient dans le sang des arabes de Jérusalem et des Albigeois. L’humilité était venue avec le regret… et des regrets, il n’avait que ça.

« C’est au petit matin qu’on lève une Reine, toujours. » Le regard de Mihai se posa sur Chagelin’. Il n’était pas possible qu’il ait entendu ne serais-ce qu’une bride de son discours, pour autant, par instinct, il se doutait que cela le ferait sourire. Son regard paternel et tendre se reposa sur la douce enfant qu’il avait élevé. Qu’il avait protégé. A qui il avait fait autant de remontrances qu’il n’avait appris à tenir les armes. A qui il n’avait jamais de compliments car n’était pas dans sa façon d’être et de faire. « Même si ce n’est pas un soleil radieux qui se lève, mais un soleil noir… »

Sa voix était douce mais son visage restait crispé dans la pierre même.

« J’interromps sans doute votre réunion. Je pensais que mon cousin – votre père – serait plus… prompt à réagir. » Sa main s’écarta en silence de la garde de son épée. Une mauvaise habitude qu’il avait gardée. « Si je dérange, vous n’aurez qu’à me renvoyer… Mais je préférerais être là tout de même, ma Reine. Ne serais-ce que pour… observer la suite des évènements… »

Par cela il entendait bien parler de son second fils.
Ezechkiel n’avait pas encore fait d’apparition, mais Mihai savait que ça ne risquait de tarder.

Ezechkiel avait toujours eu un faible pour briser les moments les plus solennels.

Le géant qu’était Mihai finalement se pencha en avant, et même si cela lui fut difficile, son genoux se plia et se posa sur le sol parce que c’était le minimum de respect qu’il devait à certes sa nièce, mais également sa reine. C’était un spectacle étrange devoir cet homme si bas. Si étrange que Néhémie se sentit obliger et d’aussi loin qu’il était, il mit également genou à terre, alors que le Seigneur reprenait dans un roumain aussi vieux qu’accentué, le poing droit posé sur la gauche de sa poitrine, barrant son torse d’une poigne de fer qui n’avait jamais failli, jamais faiblit :

« La Valachie n’est plus, Bucarest est morte, mais il nous reste du pays des valaques la plus belle chose que le pays n’est porté en son sein, et je suis heureux de l’avoir vu grandir, et de la voir aujourd’hui être ce pour quoi elle est née : Reine. »

La voix retomba, et ses yeux, bas, attendirent quelque chose. Un ordre quelconque.


 
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Sam 9 Nov - 23:00


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Emir
Kohar éclata de rire, et même s'il ne montra rien, il aurait bien voulu savoir pourquoi. C'était sûrement du à son don de voyance qui faisait toute sa réputation. Emir n'aimait pas tellement la situation dans laquelle il se trouvait. Il avait l'impression de défier sa reine, et les sourires moqueurs de tout à l'heure qu'ils firent n'arrangeait rien à son mal aise. Pourtant, il restait digne, fière et droit, avec une petite touche arrogante que l'on percevait chez beaucoup de vampires. Néanmoins, la Reine ne semblait pas le prendre pour une offense, au contraire. Cependant, Emir sursauta légèrement lorsqu'il entendit la voix de son Père, Cyrus, qui disait : « Cela me rappelle assez toi enfant Rosarjo. » Tout comme sa reine, Emir se retourna vers le Perse, le regard curieux, désireux d'en savoir plus. « Je te revois renvoyer la tête de ce pauvre Satrape au bout d'une pique avec un linge souillé de ton premier sang en guise de réponse à la demande en mariage de la Sublime Porte. » Emir eut un petit rire, trouvant cela fort charmant. C'était quelque chose qu'il n'aurait très certainement pas apprécié si cela avait été lui le destinataire, mais l'audace de Rosarjo était excellente. Une pointe d'admiration dans son regard lorsqu'il le posa sur sa reine, elle semblait être tout aussi droite et intègre qu'elle le laissait entendre par son charisme et sa fière allure. Emir, qui lui, n'était pas voyant, savait pourtant, qu'elle serait une bonne reine, mais ô combien redoutable. « Je l'aurais presque oubliée celle-ci. »

Emir ria une fois encore. Sashka aussi, et Yvan ne put s'empêcher de sourire. La reine les impressionnait, ils n'osaient dire quoique ce soit. Emir l'aurait été également s'il n'avait pas été la source de son réveil. Son rire se perdit dans un sourire. « Les autres attendront de toi que tu sois mon ombre, mon gardien silencieux. Le conseil voudra confronter un homme fort. Pour moi, je vais te donner ce choix. Une place à mes côtés n'est pas chose facile et tu te feras plus d'ennemi que d'amis mais en contre partie, ton pouvoir sera au plus proche de ce que peut-être le mien, tu me soutiendras et me sera fidèle. Ou bien tu peux t'en retourner auprès de la femme que tu aimes, Siobhán, et nous oublierons jusqu'à ton nom si c'est ce que tu désires. » Son sourire disparut, son regard se perdit dans un coin de la pièce, sans qu'il ne puisse lutter contre cela. Le nom de Siobhán le mit mal à l'aise, ne sachant plus quoi faire, perdant presque tout ses moyens. Siobhán était tout pour lui, et Sashka le savait. Elle posa son regard sur lui, serrant la main d'Yvan avec la sienne, montrant ainsi son inquiétude. Qu'allait-il faire ? Il s'en sortait plutôt bien, et elle le trouvait diablement beau dans sa tenue, n'hésitant pas à défier ses aînés en leur montrant qui il était vraiment. Mais là, ce qu'elle vit, ce fut un homme torturé par l'amour et l'envie de vouloir continuer dans ce monde qu'il venait de découvrir. Et ce n'est pas ce que dit le Changelin' qui les rassura.

La reine Rosarjo s'était alors tournée vers lui, obscurcissant même le Soleil dans le ciel avec son regard assassin. « Je saurais leur montrer qu'on ne s'oppose pas à un pouvoir tel que le mien, sois sans crainte changeling. Ce que mon sang a fait, il peut aussi le défaire... » Sashka et Yvan se regardèrent, plus mal à l'aise que jamais. Emir, lui, relevait son regard vers la reine. Silencieux, ses pensées lui tournaient si rapidement en tête qu'il avait l'impression qu'elle allait explosé. « Que choisis-tu Émir ? Sois mon général ou sois libre. » Sa question tomba comme une guillotine sur son crâne. Il posa son regard vers Cyrus, puis vers Kohar, et enfin vers Sashka. Elle lui envoya tout le soutien qu’elle pouvait lui manifester à travers son regard, sans pouvoir dire quoique ce soit. Il avait tellement envie d'être son général, de revivre la puissance que l'on ressentait en arborant un tel titre, désireux de se sentir important, de prendre part dans le monde vampire qui semblait être tout aussi implacable que celui de la cour de Bayezid 1er.

Mais... Siobhán. Elle était tout pour lui. Avec elle, il avait des projets d'avenir, il avait la sensation d'être quelqu'un de normal, d'être quelqu'un d'important. Emir s'était longtemps battu pour qu'elle ne l'accepte près de lui après ce qu'il lui avait infligé le jour de son mariage. Et maintenant, il caressait l'idée de la laisser tomber pour revivre une gloire passée, une gloire qu'il avait toujours espéré retrouver un jour. Il sentit les larmes lui monter aux yeux, sans qu'il ne puisse rien y faire, si ce n'est baisser son visage, pour se cacher de ses aînés, de ses enfants. Emir voulait joindre les deux, Siobhán comprendrait s'il devait s'absenter de temps en temps, il en était sûr. Puis, qui était-elle pour le lui refuser alors qu'avec son travail, elle disparaissait pendant des jours parfois ? Emir releva son regard, et demanda : « Si j'accepte, serais-je libre d'avoir une vie à côté, ou serais-je alors, votre esclave sexuelle ? » Une petite pointe d'humour passait toujours très bien habituellement, mais il ne savait pas vraiment quoi en penser. Merde, Siobhán, quoi.


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uc.
 
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Lun 11 Nov - 13:27


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Rosarjo
Le choix n'était pas aisé, d'autant moins avec cette petit mortelle qui le hantait jour et nuit et lui laissait espérer une vie différente, hors de l'emprise du don obscur. Rosarjo ne dit rien, le laissant peser le pour et le contre.

« Si j'accepte, serais-je libre d'avoir une vie à côté, ou serais-je alors, votre esclave sexuel ? »
« Que cela soit clair, je ne cherche ni un amant ni un époux. Encore moins un qui n'aurait de pensée que pour une autre. », répondit-elle sans plus développer bien que peut-être Cyrus pouvait deviner qu'à ce moment là ses pensées allaient vers Ezechkiel, « En me servant tu t'es déjà privé de cette vie qui te tient tant à coeur Emir, mais si tel est ton désir, tu pourras la rejoindre aussi souvent que je n'aurais pas besoin de toi. »

Les yeux vert or de la reine plongèrent en lui soufflant quelques mots à son attention. Abandonne cet espoir.... Il n'y avait pas d'espoir pour eux. Du moins pas de ce genre.

La journée fila à une vitesse grand v après qu’Émir ait fait son choix. Les lois furent réécrites de façon à renforcer le pouvoir de la Reine en dépit de son éveil peu conventionnel puis le soleil sombra à l'horizon et les premiers vampires commencèrent à se rassembler autour de la forteresse. Les plus jeunes se risquèrent à l'intérieur, rendus à demi-fous par l'influence du premier sang. A ceux-là Rosarjo n'avait absolument rien à offrir sinon sa clémence. Ils serviraient aux plus basses tâches pour cette nuit afin que le conseil, bien que réunit dans un tas de ruine, puisse conserver un brin de dignité. Les moins chanceux, ceux qui s'étaient le plus approché d'elle dans l'idée de boire son précieux sang, passeraient la nuit à genou sous le poids de l'impressionnant plateau de la grande table en renfort des pieds de chêne vermoulu.

Les hauts serviteurs c'était assemblés autour du trône, silencieux et terribles à la fois. Rosarjo les balaya d'un regard. Elle ne les avait jamais aimés, elle ne savait rien d'eux, non plus qu'aucun autre vampire ici. Pourtant chacun savait qu'ils avaient un rôle à jouer. Un jour il lui faudrait percer ce mystère.

Les portes de la salle du trône s'ouvrir sur une silhouette chérie et respectée. Celle de son oncle suivit de plus loin par son cousin Néhémie, qu'enfant elle avait affectueusement surnommé "le Superbe". Orderic les suivait puis il se plaça derrière celui qui l'avait créé, osant un bref regard sur Émir.

« C’est au petit matin qu’on lève une Reine, toujours. Même si ce n’est pas un soleil radieux qui se lève, mais un soleil noir… »

Il lui semblait que l'homme qui l'avait si longtemps gardée sous son égide n'avait pas changé. Combien de fois, son tempérament fougueux s'était emporté contre lui qui avait été le plus dévoué de tous malgré sa dureté et son intransigeance. Ses illustres parents avaient été bien peu de choses dans son éducation. Vlad bien malgré lui car il l'avait chérie comme sa plus grande fierté. Amarah, éternellement déçue d'avoir enfanté une miniature de l'homme qui n'avait vu en elle qu'un trophée. Mihai lui n'avait sans doute jamais projeté ses propres aspirations sur elle, et il avait endossé, par devoir, le rôle de parent plus que quiconque.

« J’interromps sans doute votre réunion. Je pensais que mon cousin – votre père – serait plus… prompt à réagir. »
« Je crains, hélas, qu'il faille compter sans mon noble père ce soir... », répondit la nièce en plongeant son regard dans les yeux de Mihai. Vous savez quels sombres projets le retienne... souffla-t-elle pour ses pensées seules. Rosarjo sortait tout juste de son cercueil de glace mais son esprit était vif et il semblait qu'il n'ait pas dormi un seul instant. Rien ne lui avait échappé et les expériences de Vlad "Nospheratov" sur cette nouvelle fille qui n'était pas de son sang non plus. Mais ça n'était ni le lieu ni le moment d'en discuter.
« Si je dérange, vous n’aurez qu’à me renvoyer… Mais je préférerais être là tout de même, ma Reine. Ne serais-ce que pour… observer la suite des évènements… »

Rosarjo laissa passer un silence, comme si elle avait cherché à sonder son oncle mais finalement elle posa sa main sur son épaule, lui faisant comprendre que si son visage à elle se devait de rester impassible et égal devant tous, dans son coeur ils resteraient toujours plus que les autres.

« Vous avez pleinement votre place à cette table mon oncle. Personne ici ne songerait à vous renvoyer. »

Là encore, son regard semblait en dire plus long que ses mots. Là dessus, le géant ploya pour saluer sa reine comme il se devait et son fils l'imita.

« La Valachie n’est plus, Bucarest est morte, mais il nous reste du pays des valaques la plus belle chose que le pays n’est porté en son sein, et je suis heureux de l’avoir vu grandir, et de la voir aujourd’hui être ce pour quoi elle est née : Reine. »
« Relevez-vous, toi aussi Néhémie. Il ne serait pas juste que la Reine que vous avez élevée ait si peu de considération pour vous qu'elle vous contraigne à rester le genou dans la poussière. »

Encore une fois, Rosarjo porta son regard sur son oncle, puis sur son cousin. Il lui semblait important que ces deux personnages fussent restaurés dans leurs droits et que l'on reconnaisse le mérite de chacun car sans eux, elle ne serait probablement pas devenue celle qu'elle était à présent. L'absence d'Ezechkiel ne passait pas inaperçue pour autant. Le prince restait indécrottablement fidèle à lui-même.

Rosarjo fit un pas en avant pour embrasser son oncle, comme un monarque aurait embrassé un ami de longue date ou un parent, puis elle fit signe à Néhémie d'approcher afin qu'il reçoive le même traitement. C'était un honneur qu'elle ne réservait qu'à ces deux personnes et il était bien que le conseil en soit témoin.

A ce moment-là justement, les vampires du prieuré s'avancèrent derrière Menoch. Il n'était devenu conseiller que très récemment. Cela faisait partie de ce nouveau projet que l'Aîné fomentait seul à Durmstrang. Cependant la reine l'accueillit comme se devait, devinant qu'il ne serait pas celui qui poserait le plus de problème. Il était accompagné d'un grand dandy au cheveux blonds qui répondait au nom de Valentino, et de deux autres qui se fondaient plus aisément dans le reste des vampires. Un homme aux cheveux noirs et aux yeux verts et une petite nymphette qui portait une coupe garçonne de cheveux presque blancs et une fossette rieuse au coin des lèvres. Tous deux semblaient se garder de croiser le regard de la reine, comme redoutant qu'elle ne s'insinue dans leur tête...
 
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Lun 11 Nov - 14:26


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Emir
« Que cela soit clair, je ne cherche ni un amant ni un époux. Encore moins un qui n'aurait de pensée que pour une autre. » Emir ne disait rien, redoutant un peu plus la réelle réponse qu'elle lui fournirait quant à sa question. Ce n'était pas simplement un trait d'humour, c'était, pour le fils de Cyrus, une façon de dé-dramatiser la chose. Pour lui, comme pour Siobhán, tout allait se jouer-là, et jamais il n'avait été aussi stressé de sa vie que la fois où il du venir s'excuser auprès de son père pour avoir oser le défier devant sa maison. Sa peau, dans son dos, semblait se souvenir encore des coups de fouets qu'il avait reçu, en traitement de son arrogance. S'il respirait, son souffle aurait été court et saccadé, le corps transpirant, la peur l'empêchant de déglutir convenablement. Il fallait qu'elle lui réponde, il fallait que cette attente ne cesse. Sashka ressentait le mal être de son père. Elle n'osait dire quoique ce soit. Le regard d'Yvan sur son jolie visage était triste, mais protecteur. Quoiqu'il arriverait, il serait là pour l'épauler. « En me servant tu t'es déjà privé de cette vie qui te tient tant à coeur Emir, mais si tel est ton désir, tu pourras la rejoindre aussi souvent que je n'aurais pas besoin de toi. »

Emir resta interdit. Il avait l'impression qu'on venait de lui couper toute respiration. Sa vision s'embua, sa tête tournait, mais il resta droit, sachant d'ores et déjà le choix que tout son être avait fait pour lui, n'attendant pas un quelconque refus de son coeur. Emir sentit une seule et unique larme de sang coulée le long de sa joue. Sashka apparut près de lui, la ramassant avec son index, le prenant dans ses bras. Rosarjo plongea son regard dans le sien, montrant une fois de plus la beauté de ses iris, et lui dit intérieurement. Abandonne cet espoir... Emir ferma alors les yeux, passant un bras autour de sa fille, avant de s'avancer vers sa reine, posant alors un genou à terre. La tête baissée, il murmura tout doucement : « Je la ferais Vampire. » Sashka posa une main sur sa bouche, tandis qu'Emir fermait une nouvelle fois les yeux, refrénant alors une forte envie de pleurer, de tout abandonner, d'aller en plein soleil, de retirer son anneau pour être sûr de ne plus jamais être tenté par quoique ce soit. Il l'avait dit à Moony, de toute manière, qu'un jour, ce jour arriverait. Les dragons... Même si Siobhán trouvait son remède, il ne savait pas s'il le prendrait. Il ne croyait plus en rien, et son coeur se noircit un peu plus à mesure qu'il se détachait tout doucement de ses sentiments, le temps de quelques jours. Yvan enlaça Sashka dans ses bras, tandis qu'elle se tournait vers lui pour y enfouir son visage.

Ils étaient jeunes, et très proches les uns des autres. Ils se fichaient bien évidemment de ce que leurs aînés pourraient pensés, mais ils avaient fait tout ce chemin avec Emir, pour l'aider, pour l'aider à elle, elle qui semblait réduire tout espoir d'une vie meilleure à néant. Elle était leur reine, elle semblait juste, mais en la réveillant, ils avaient probablement fait la pire connerie qu'un vampire désireux d'être libre, désireux de se faire passer pour quelqu'un de normal car torturé par sa conscience et ses sentiments humains. Yvan regardait Emir avec un profond respect, avant de se reculer dans un coin de la pièce avec Sashka. Ils n'avaient rien à faire ici, et Yvan regrettait déjà de l'avoir aider. Il n'était pas réellement son fils, mais son lien étrange avec Sashka lui permettait de comprendre, de ressentir le sacrifice énorme qu'il s'apprêtait à faire pour pouvoir servir sa reine, et vivre avec l'amour de sa vie.

Emir s'était redressé, puis, avait fait comme si de rien était. Il était redevenu le vampire que Sashka avait connu quelques années après avoir été transformé. Celui qui se fichait de tout, celui qui, de par sa simple arrogance, de sa simple envie, pouvait écraser toute vie sans ciller une seule seconde. Elle le trouvait très beau, mais si terrifiant. Elle n'aimait pas cet Emir-là, et elle était persuadée que Siobhán ne l'aimerait probablement pas. Dépourvu de tous sentiments, il passa le restant de la journée avec ses aînés, n'hésitant pas à discuter et à proposer certaines de ses idées, comme s'il avait toujours fait ça, et avec l'aplomb et la vivacité d'esprit dont la Reine Rosarjo avait besoin à ses côtés. Mais dans son regard, on voyait encore la douleur que son âme criait, comme enchainé dans les plus profonds cachots de la Forteresse du Pendu.


(...)

La journée se passa plus vite qu'il ne l'aurait pensé. Finalement, des vampires apparurent ici et là. Les choses les plus importantes de sa vie de vampire allaient probablement se passer durant ce conseil. Il ne savait pas trop quoi penser, et il ne pensait plus vraiment, détaillant chaque nouveau visage comme s'il avait droit de vie ou de mort sur chacun d'entre eux, tandis qu'il marchait un peu avec Sashka et Yvan. Ils ne parlèrent pas beaucoup, Emir n'y tenait pas. Son regard s'était durci, dégageant cette puissance que Sashka trouvait rassurante. Il avait rejoint ses aînés peu de temps avant l'arrivée de la proche famille de Rosarjo. Sashka et Yvan le suivirent, tandis que les portes se refermaient sur les autres, qui ne devraient qu'attendre les délibérations sans y prendre part. Ils allèrent se mettre dans un coin, dans l'ombre. Emir, lui, s'avançait près de sa reine, se mettant derrière elle, en retrait, épousant alors son rôle à la perfection. De ses yeux, il verrait avec toute l'objectivité dont il était capable, et même s'il n'en avait parlé à personne, il comptait lui consister une armée. Et pour avoir une puissante armée, il fallait des alliances. Emir eut un sourire. Les alliances ne serviraient qu'officiellement. Officieusement, s'il devait les écraser pour avoir leur soutient, il n'hésiterait pas une seule seconde. Tacticien, il redevenait peu à peu ce général ottoman qui avait tant gagné de batailles, avant de mourir sur les champs valaques.

Les portes s'ouvrirent sur deux hommes qui semblaient important pour la Reine, car sa façon d'être changea du tout au tout, bien qu'elle restait, malgré tout, très digne et fidèle à elle-même. Un lien particulier devait les unir, et Emir s'efforçait alors de le comprendre. Il eut un sourire en voyant son frère dans la mort, Orderic, qui se détachait derrière eux, pour rejoindre leur père. C'était sûrement l'un des vampires des plus bizarres qu'il ait rencontré, pour qui il ne savait pas quoi ressentir. Son historique était étrange, son passé lui donnait des envies de meurtres, mais le fait qu'il soit également le fils de Cyrus lui chuchotait d'autres sentiments qu'il ne parvenait à comprendre. Au final, il était toujours amusé de le voir, quoique content, car cela signifiait qu'il verrait son Père, même s'il n'avait jamais eu un quelconque signe pour lui, jusqu'à il y a peu.

Les deux autres étaient de vrais valaques. Des valaques qu'il n'aurait probablement pas hésité à faire décapiter pour envoyer leur tête à leur roi, lorsqu'il avait été général ottoman. Malgré ça, ils étaient classieux, dégageant quelque chose de bons, quelque chose de très différents aux vampires habituelles. Des guerriers comme il n'en avait que très peu vu, Emir observa leurs salutations chaleureuses. Il réprima un sourire moqueur, lorsqu'il les vit s'agenouiller pour se soumettre aux choix de la Reine. La famille pouvait être le pire alliée au sein du pouvoir. Son peuple en avait fait les frais, surtout à la mort d'un des Sultans, et de voir chacun de ses fils se battre comme jamais pour le trône, obligeant chacun des généraux, chacun des conseillers, à bien jouer leurs cartes, au risque de perdre eux aussi, leur tête. Quoique la Valachie n'avait pas trop à se plaindre de ce côté-ci non plus. Vlad Tepes, le père de Rosarjo, en était un exemple vivant.

Puis d'autres vampires entrèrent... Sous le regard d'Emir.


uc.
 
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In the Shadow of the valley of Death.

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