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 Yumuşak ısırık.

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MessageSujet: Re: Yumuşak ısırık.   
Dim 22 Sep - 22:25


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Siobhán Mc Gill Fhaolain
Elle l'observa avec curiosité. Jamais jusque là il n'avait manifesté le moindre intérêt pour ce qui se trouvait dans son assiette. Tout au contraire, il faisait généralement tous les efforts du monde pour dissimuler son dégoût par égard pour sa mère. Généralement, quand elle savait qu'elle devait voir Emir, Siobhán avançait l'heure de son repas de sorte à ce que la question ne se pose pas.

Elle le regarda tremper son doigt dans la sauce de sa viande et le porter à ses lèvres, intriguée. Il grimaça, oubliant tout de suite l'idée d'y goûter. Finalement, il semblait que son sang ne suffise pas à lui rendre tout de son humanité. Ou peut-être était-ce simplement qu'ils s'y prenaient trop tard.

Le repas restait malgré tout un moment qu'ils ne pouvaient pas partager et Siobhán, qui n'aimait toujours pas beaucoup qu'il la regarde, s'empressa d'engloutir son plat quitte à ne pas vraiment en profiter en fait. Le restaurateur arriva ensuite pour leur apporter l'addition, que Siobhán avait l'intention de payer vu qu'il n'y avait qu'elle qui avait vraiment consommé. C'est là qu'Emir prit la parole. Au début, Siobhán était flattée. Elle passa sa main dans sa nuque en baissant les yeux sur la table pour rougir. Il avait une façon de parler qui était carrément d'un autre âge mais, elle, ça la remplissait de bonheur. Ce n'est que sur la fin qu'elle entendit comme... une rayure sur le disque :

« Comment as-tu pu avoir l'audace de lui demander de te payer quoique ce soit quand le monde peut lui appartenir juste en prononçant trois mots. »
« Euh... Emir! », intervint-elle.

Il n'était pas sérieux là. C'était probablement de l'humour que personne n'avait compris. En tout cas pas elle. Il la gratifia d'un sourire avant de reprendre :

« Excuse-toi d'avoir mal agi, excuse-toi d'avoir été désagréable tout à l'heure lorsque nous t'avons demandé si nous pouvions mangé. Et va donc chercher une rose pour le Soleil de ma vie, avant que je ne te montre ce que je suis capable de faire. »

Et le type de partir sur le champs. Siobhán esquissa un mouvement pour le rattraper mais Emir lui prit la main et allez savoir pourquoi, elle se ravisa et se rassit.

« Cela fait parti de mes trucs de vampire, Siobhán. »
« Mais Emir! Tu ne peux pas faire ça!!! C'est... c'est malhonnête! Ce pauvre homme l'a gagné cet argent, il faut le payer... », expliqua-t-elle avec feu en posant son portefeuille sur la table, « Tu utilises ce truc sur moi aussi ? », demanda-t-elle par acquis de conscience.





 
MessageSujet: Re: Yumuşak ısırık.   
Lun 23 Sep - 11:03


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Emir
« Mais Emir ! Tu ne peux pas faire ça !!! C'est... c'est malhonnête ! Ce pauvre homme l'a gagné cet argent, il faut le payer... » Emir inclina la tête vers la gauche, la regardant avec tout le sérieux dont il était capable. Son regard avait quelque chose de particulier, exprimant une forme de reproche et de colère. Elle lui avait dit qu'il pouvait faire ses trucs de vampire en sa présence, mais maintenant, elle lui faisait une scène. Il se leva, attrapant son verre de vin pour aller le jeter dans un pot de fleurs. Elle l'agaçait profondément, et il ne savait pas quoi dire, ni quoi faire pour penser à autre chose. Ses émotions étaient trop versatiles avec elle, il ne savait rien contrôler. C'était tout ou rien, à chaque fois, et quelque part, ça commençait à le fatiguer très sérieusement. Il se mâchait la langue, les mains dans les poches, regardant la ville. Elle voulait qu'il soit parfait, alors qu'elle lui disait qu'elle l'aimait comme ça. Elle... Emir baissa la tête, en colère. « Tu utilises ce truc sur moi aussi ? » Le regard d'Emir se braqua instantanément sur Siobhán, et il lui murmura : « Oui. Quand tu poses des questions sur ta transformation, par exemple. Je ne souhaite pas te faire du mal, te dire que NON, je ne veux pas te transformer, mais toi, tu me menaces presque, à chaque fois, de me quitter, parce que tu ne veux pas que je te vois décrépir alors que moi, je resterais toujours ainsi. DONC, OUI ! OUI, IL M'ARRIVE DE LE FAIRE SUR TOI ! »

Emir se passa les deux mains sur le visage, soufflant comme pour dégager toute cette pression qu'il ressentait. Il ne comprenait pas pourquoi ses émotions étaient ainsi avec elle. Emir se passa une main dans les cheveux, saisissant le porte-monnaie de Siobhán. Il saisit quelques billets, puis lui lança le porte-monnaie pour qu'elle l'attrape, et il descendit, en quelques secondes, les marches. Lorsqu'il revint, il se passait la langue sur ses canines, un sourire forcé sur ses lèvres.
« Ça y est. Contente ? On peut profiter de cette journée, maintenant ? Ou t'as encore des reproches à me faire sur ma conduite de gentil petit vampire que tu aimerais que j'adopte ? » Ses mots étaient sortit sans qu'il ne s'en rende réellement compte. Il souffla de nouveau tout l'air qu'il pouvait inspirer comme pour recracher son ressentiment, avant de fermer doucement les yeux, pour s'approcher d'elle. Il saisit ses mains, et il lui murmura : « Arrête. Arrête de me vouloir parfait, de me rêver ainsi, car je suis loin de l'être. Je suis... J'ai toujours été comme ça. Même de mon vivant, c'est moi qui contrôle, c'est moi qui dirige. C'est ma tâche d'homme envers la femme que j'aime. »

Il l'attira contre lui, la serrant avec force quoiqu'elle en pense, quoiqu'elle ne veuille. Emir ne lui laissait pas vraiment le choix, mais dans cette étreinte, il parvint à trouver son calme. Il la garda quelques instants alors contre lui, lui caressant doucement le creux du cou avec son nez. « Je fais beaucoup d'efforts pour être... Pour être normal. Je dois contrôler ma soif, je dois boire tout en faisant attention à ne tuer personne, je fais des trucs que j'avais jamais fais, comme attendre une personne que j'aime pendant près de deux siècles. Je ne serais jamais parfait, mais je serais toujours là pour toi. Trouve en toi la force d'excuser certains pans de mon comportement, et je te ferais la plus heureuse qui soit. » Avait-il alors murmuré, déposant ses lèvres sur son cou, avec amour, avec tendresse. Emir se recula alors, plongeant dans ses yeux océans, un petit sourire qu'il n'avait que pour elle. Son cœur souffrait bien trop vite. C'était leur première dispute, mais il n'avait pas le courage de gueuler, de lui jeter des choses au visage avec ses mots d'un temps révolu. Il baissa alors son regard, ne parvenant pas à tenir son regard. Elle lui mettait son âme à nu, et pour lui, c'était quelque chose de gênant. Il était vampire, et si son côté humain entrait dans la danse sur ses actes qu'il avait commis dans sa vie, il n'y avait pas que Dieu qui allait le juger. Et il n'y avait pas pire jugement que celui que l'on se porte à sois-même. La dernière fois qu'il l'avait fait, il s'était arraché les crocs, tentant alors de se mettre plus bas que terre, jusqu'à vouloir en mourir au fond d'un puits. Sa lâcheté avait eut raison de sa tentative de suicide, mais... Le siècle qui suivit fut la pire période de toute sa vie.


uc.
 
MessageSujet: Re: Yumuşak ısırık.   
Lun 23 Sep - 23:01


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Siobhán Mc Gill Fhaolain
Le visage d'Emir changea, annonçant l'orage grondant. Siobhán ferma les yeux une seconde pour se préparer à encaisser. Elle avait tout sauf envie de se disputer alors qu'ils étaient censés passer une de ces journées de rêve.

« Oui. Quand tu poses des questions sur ta transformation, par exemple. Je ne souhaite pas te faire du mal, te dire que NON, je ne veux pas te transformer, mais toi, tu me menaces presque, à chaque fois, de me quitter, parce que tu ne veux pas que je te vois décrépir alors que moi, je resterais toujours ainsi. DONC, OUI ! OUI, IL M'ARRIVE DE LE FAIRE SUR TOI ! »

Siobhán sortit de table pour aller faire quelques pas tandis qu'Emir laissait un gros pourboire au restaurateur de sa part à elle.

« T'as au moins l'honnêteté de le reconnaître... », grinça-t-elle en serrant les dents pour ne pas entrer dans une colère noire.

Chacun évacuait comme il pouvait en faisant les cent pas, à une distance raisonnable de l'autre. Siobhán n'était même pas en colère pour le restaurateur au bout d compte, mais savoir qu'il utilisait ce truc là sur elle. C'était juste inacceptable pour elle.

« Ça y est. Contente ? On peut profiter de cette journée, maintenant ? Ou t'as encore des reproches à me faire sur ma conduite de gentil petit vampire que tu aimerais que j'adopte ? »

Elle lui jeta un regard assassin. L'ironie passait mal. C'était le sel qu'il ne fallait surtout pas mettre sur cette plaie là.

« Arrête. Arrête de me vouloir parfait, de me rêver ainsi, car je suis loin de l'être. Je suis... J'ai toujours été comme ça. Même de mon vivant, c'est moi qui contrôle, c'est moi qui dirige. C'est ma tâche d'homme envers la femme que j'aime. »
« Je ne te demande pas la lune putain! Je te demande pas de te mettre à la potion sanguine, je te demande pas de changer ton rythme de vie, je te demande même pas de ne pas mordre. Tout ce que je te demande c'est d'avoir un minimum de respect pour les autres et à défaut au moins pour moi. », elle avait sa tête de dragon tueur mais malgré tout elle prenait sur elle pour ne pas monter le ton, ni se montrer blessante alors qu'elle, l'était profondément.

Il la serra dans ses bras, juste là, quand elle sentait qu'elle allait exploser. Elle résista un peu mais pas tant que ça finalement. Elle n'était pas calmée pour autant.

« J'ai horreur que tu fasses ça Emir... me serrer dans tes bras quand je sis en colère...  », souffla-t-elle contre son torse tandis qu'il reprenait, plus calme.
« Je fais beaucoup d'efforts pour être... Pour être normal. Je dois contrôler ma soif, je dois boire tout en faisant attention à ne tuer personne, je fais des trucs que j'avais jamais fais, comme attendre une personne que j'aime pendant près de deux siècles. Je ne serais jamais parfait, mais je serais toujours là pour toi. Trouve en toi la force d'excuser certains pans de mon comportement, et je te ferais la plus heureuse qui soit. »

Elle s'écarta doucement, ses yeux bleu sombre planté dans les siens jusqu'à ce qu'il détourne le regard.

« Je suis pas une gamine Emir. Je suis peut-être fleur bleue dans le fond mais je sais faire la différence entre ce qui relève du rêve et ce qu'on peut espérer dans la réalité. Je te demande pas d'être le prince charmant, de venir me chercher à la sortie du boulot sur ton cheval blanc ou quoi que ce soit. Je te demande pas non plus qu'on soit un couple "normal". C'est pas possible. Mais ça ne m'a jamais dérangée. Je m'adapte. Je te laisse te nourrir de moi. Je te laisse te nourrir de qui tu veux, ça ne me regarde pas. Je me mets à mentir à Ansgard pour passer du temps avec toi. Mais si je peux même pas te faire confiance, si chaque fois que j'ai un truc important à te dire il faut que je me demande si la conversation va passer l'examen final ou si tu vas me "zapper" parce que ce que je raconte te plait pas... »

Elle soupira à nouveau. Elle n'avait pas monté le ton mais son débit de parole en disait long sur tous les efforts qu'elle faisait pour ne pas tout lâcher.

« C'est pas... Pas avec moi Emir. Si tu voulais une fille comme ça, une pauvre fille qui ferme sa gueule et passe sagement sous le bureau c'était pas moi qu'il fallait choisir. Je suis pas si désespérée que ça. J'irais pas me marier avec n'importe quel pecno du trou du cul des Low Lands. Je t'aime, mais si c'est trop pour toi je peux encaisser. Maintenant si la conversation n'est encore pas à ton goût c'est peut-être mieux que j'aille l'avoir avec quelqu'un d'autre... »

A ce moment précis, c'était à sa falaise aux dragons qu'elle pensait. Là où elle allait toujours quand elle se sentait perdue ou un peu trop malmenée par son quotidien.

Elle soupira une énième fois, se passant une main sur le visage en lui tournant le dos :

« Je suis pas quelqu'un qui fait facilement confiance en amour Emir. Je suis parano. J'ai besoin de savoir que je peux te faire confiance, pas de me demander si je peux dire si ou mi ou si c'est vraiment de l'amour ou juste... bref. J'ai pas envie de continuer à m'énerver et dire des conneries que je pense pas. »

Mieux valait arrêter les frais avant qu'elle ne dépasse les bornes effectivement...




 
MessageSujet: Re: Yumuşak ısırık.   
Mar 24 Sep - 20:06


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Emir
Les paroles de Siobhán ne firent qu'un tour, et elles restèrent longtemps entre ses deux oreilles. Son regard sanguin rougeoyait d'une étrange lueur, rendant sa colère effrayante. Mais elle n'en démordait pas, continuant de lui dire ce qu'elle avait sur le cœur. A plusieurs reprises, il ressentit l'intense envie de la déchiqueter comme une pauvre passante, pour le simple plaisir de nourrir cette frustration intense qui naissait de part et d'autres de son être. Il se mordit la lèvre jusqu'au sang, préférant alors se retourner pour ne pas croiser son regard. Emir donna un coup de poing dans la rambarde qui n'eut pour autre effet que de tordre le fer forgé. Il ferma alors les yeux, tentant de faire abstraction de ce qu'elle racontait, s'enfermant alors dans sa tête, tentant de tout oublier, de passer à autre chose, d'éviter qu'il ne commette un acte qu'il regretterait amèrement plus tard. Ce n'était pas faute de vouloir lui répondre tout un tas de choses bien sanglantes, mais quelque part, au fond de lui, sa petite partie humaine lui intimait de lui faire confiance, de tout garder pour lui, et qu'il n'aurait qu'à se dé-frustrer un peu plus tard, lorsqu'elle ne serait pas là pour voir le carnage qu'il ferait dans une ou deux maisons.

Il ne parvenait pas à faire le vide. Ce n'était pas total. Emir entendait ses mots, quoiqu'il fasse. Il préféra alors faire taire sa colère, l'enfouissant au plus profond de son être, mettant sa rage au silence. Une fois fait, il retira les crocs de sa propre chaire, passant un coup de langue pour essuyer le sang. Les blessures se refermèrent d'elles-même tandis qu'un petit silence s'installait entre eux. Il n'aurait su dire s'il s'agissait du calme avant la tempête, mais Emir apprécia tout d'un coup ce silence, n'entendant alors que les battements de Siobhán. Pour la première fois d'ailleurs, ils ne le berçaient pas. Emir préféra penser à autre chose. Lui faire du mal n'était pas envisageable. Finalement, il finit par lui dire doucement, toujours sans la regarder : « Je ne sais pas ce qu'il te faut de plus pour que tu sois confiante envers moi. T'attendre deux siècles... ? Te faire boire mon sang, une chose que je ne partage avec personne d'autres à l'exception d'Ansgard pour pouvoir mieux veilleur sur toi. Je... Je te l'ai dis pourtant. Je t'ai dis mon amour. Il te faut quoi de plus, Siobhán ? » Emir soupira. Il se retourna alors, l'attrapant par la taille, et les jambes, comme une princesse. Il se força alors à sourire, et il lui murmura : « Profitons de cette journée, au lieu de se la pourrir. » Il fléchit ses jambes, et l'instant d'après, ils étaient ailleurs.


(...)

Emir la déposa sur le sable, avec tendresse. Il s'assit à côté d'elle, retirant son tee-shirt, puis son pantalon. Il s'allongea dans le sable, sentant la chaleur du soleil l’enivrait. Son regard sur elle, se doutant qu'elle pensait encore à leur discussion, il décida qu'il était temps de parler de ses rêves avec elle. De lui dire ce qui l'avait tant mis de bonne humeur ce matin. Il posa doucement sa main dans le bas du dos de Siobhán, puis il lui dit : « Cette nuit, j'ai... J'ai rêvé de nos enfants. » Il eut un petit rire, reprenant : « Ils étaient magnifiques. On avait une jolie fille, elle avait ce regard espiègle que tu as, et de longs cheveux noirs avec un teint de peau proche du tiens. Elle savait ce qu'elle voulait, et semblait avoir un tempérament aussi chaud que le tiens. » Les yeux dans le ciel, il revoyait leur visage. Comment pouvait-il les oublier ? Rêver en tant que Vampire, c'était quelque chose d'impossible. Pourtant, elle parvenait à changer tout cela, sans même s'en rendre compte. Il eut un sourire. « Alors que le garçon... Il avait tes yeux. C'était impressionnant. Voir un Jawhari avec des yeux bleues, ça n'était encore jamais arrivé. » Il disait cela comme s'il était sûr que ça allait arriver. À nouveau, il eut un sourire, tandis qu'il se redressait doucement à côté d'elle. Voyant son visage encore dans les nuages, pensif, il lui dit doucement, en lui prenant la main. « Arrête de faire la tête, mon amour, on en reparlera plus tard, mais je promets de ne plus éviter cette discussion à l'avenir. » Il parlait bien évidemment de sa transformation. Disons qu'il avait ses raisons de ne pas vouloir aborder ce sujet-là. Puis, elle était tellement belle, tellement vivante, que lui donnait le don Obscur, même si au fond de lui, il savait que cela arriverait, était du gâchis.


uc.
 
MessageSujet: Re: Yumuşak ısırık.   
Mar 24 Sep - 23:06


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Siobhán Mc Gill Fhaolain
Elle ne manqua pas de remarquer qu'il se tenait à quatre pour ne pas exploser lui aussi et, quelque part, cela comptait à ses yeux. Siobhán avait toujours eu le tempérament explosif de son arrière grand-père. Elle était d'ailleurs la seule à avoir oser lui tenir tête. La jeune femme était entière et pour elle, s'il y avait un conflit, autant crever l'abcès que laisser venir la gangrène. Elle n'avait probablement pas tord dans le fond mais de toute manière, elle n'aurait pas su faire autrement si on le lui avait demandé.

Une qu'elle eut dit tout ce qu'elle avait sur le coeur, elle se tut, et laissa le silence s'installer, escomptant par là même retrouver un semblant de paix intérieure.

« Je ne sais pas ce qu'il te faut de plus pour que tu sois confiante envers moi. T'attendre deux siècles... ? Te faire boire mon sang, une chose que je ne partage avec personne d'autres à l'exception d'Ansgard pour pouvoir mieux veilleur sur toi. Je... Je te l'ai dis pourtant. Je t'ai dis mon amour. Il te faut quoi de plus, Siobhán ? »

Il l'enleva dans ses bras, comme une princesse, bien résolut à tourner la page et, aussi étonnant que cela puisse paraître, Siobhán préférait aussi la tourner pour le moment. Elle passa ses bras autour de son cou et répondit :

« Je ne doute pas de ce que tu ressens Emir. », c'était difficile à expliquer. Lui dire que quelque part chaque fois qu'ils se quittaient elle avait peur que ce ne soit définitif ? Que c'était complètement irrationnel et idiot mais qu'elle n'y pouvait rien ? Non. Bien sûr que non. Elle était encore beaucoup trop fière.

Ils reparurent sur la plage et savourèrent sans rien dire la chaleur naissante d'une journée d'été. Siobhán n'avait pas envie de pousser plus loin la conversation mais il lui faudrait un petit moment pour chasser le poids sur son coeur et sa mine boudeuse. Elle n'y pouvait rien. Pendant ce temps, Emir entreprit de lui parler de ses rêves. La chose semblait l'émerveiller, et pour cause, il ne rêvait plus depuis qu'il était devenu immortel. Son écossaise lui retourna son attention, posant son menton sur ses genoux qu'elle avait repliés contre sa poitrine.

« Cette nuit, j'ai... J'ai rêvé de nos enfants. »

Elle eut un demi-sourire attendri mais ne répondit pas, préférant le laisser raconter et regarder ses yeux briller de cette étincelle d'émerveillement qui ne s'allumait que quand on croyait en quelque chose de vraiment miraculeux.

Il semblait comme un enfant à lui décrire ceux de ses rêves, comme s'il pensait véritablement que son rêve ait pu avoir quelque caractère prémonitoire.

« Arrête de faire la tête, mon amour, on en reparlera plus tard, mais je promets de ne plus éviter cette discussion à l'avenir. »

Elle sera ses doigts doucement dans les siens, ses yeux redessinant les longueurs des mains d'Emir puis, à nouveau, son regard se fixa au rivage du sien :

« Apparemment on l'a déjà eu plusieurs fois alors je pense que ça suffit. J'ai pas envie de discuter de ça juste pour le plaisir d'aborder le sujet. Et je veux pas non plus que tu finisses par croire que je fais une fixette là-dessus. » , elle reporta son regard sur le bleu de l'horizon, « Ce qui m'intéresse c'est d'être avec toi, pas d'être vampire. Du moment que tu sais ce que j'en pense, ça me suffit. J'ai pas besoin d'une réponse. »

Elle s'était radoucie maintenant qu'ils concluaient enfin leur petite dispute et d'ailleurs, un large sourire vint ensoleiller son visage :

« On vient d'avoir notre première dispute ! », nota-t-elle comme s'il y avait lieu de s'en réjouir. C'est que ce cap était important pour elle. Ça l'apaisait de savoir qu'on pouvait se disputer sans que tout soit fini pour autant.




 
MessageSujet: Re: Yumuşak ısırık.   
Jeu 26 Sep - 21:27


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Emir
« Apparemment on l'a déjà eu plusieurs fois alors je pense que ça suffit. J'ai pas envie de discuter de ça juste pour le plaisir d'aborder le sujet. Et je veux pas non plus que tu finisses par croire que je fais une fixette là-dessus. » « Deux fois. Une en 1888, et une, il y a pas longtemps. » Il s'en souvenait. C'était un sujet qui lui faisait tellement mal au plus profond de son être, qu'il ne savait pas comment faire pour affronter la réalité en face. Emir choisissait la fuite en la contraignant à oublier cette question, et à le laisser tranquille avec ça. C'était stupide, car il ne pouvait la contraindre à ne plus jamais avoir à le penser. Il y aurait toujours, à un moment donné, un détail, qui lui ferait y penser. Siobhán était une jeune femme pleine de vie, mais elle n'hésiterait pas à la perdre juste pour pouvoir passer sa non-mort avec lui, éternellement. C'était quelque chose qu'Emir trouvait affreux. Il avait déjà transformé, le rendant au-dessus d'un paquet de vampires, mais c'était quelque chose qu'il n'appréciait pas vraiment. Certes, le lien qu'il avait avec Sashka désormais était tout pour lui (si l'on enlevait Siobhán de son cœur), mais la simple idée que cela pourrait la dénaturer, et ça la dénaturerait, lui faisait peur. Il l'aimait pour ce qu'elle était. Elle représentait la lumière. Le Soleil dans ses cheveux lui donnait un petit quelque chose qui le rendait accro. Son sourire, ses dents, sa voix, ses caresses dans sa main, Emir sentit les larmes lui monter rien qu'à l'idée de la voir perdre tout cela. Il baissa le visage, battant frénétiquement des cils, comme pour garder contenance. Il finit par sourire, lorsqu'il entendit de nouveau sa voix qui sonnait comme la plus belle musique à ses oreilles. « Ce qui m'intéresse c'est d'être avec toi, pas d'être vampire. Du moment que tu sais ce que j'en pense, ça me suffit. J'ai pas besoin d'une réponse. »

Emir leva son regard vers le bleu de Siobhán. Il leva son autre main pour lui caresser la joue, et il lui murmura : « Je le sais ça, mon amour, mais pour vivre éternellement, je ne connais pas d'autres moyens pour toi. Et... Et j'ai peur que cela ne te change au point de voir notre relation changeait. » Il baissa de nouveau le regard, posant sa main juste en dessous du sein gauche de Siobhán. Emir n'entendait que les bruits de la mère, il avait tout d'un coup ce besoin de sentir le cœur de sa belle battre. Une expression d'apaisement traversa son visage lorsqu'il sentit son palpitant battre contre sa cage thoracique.

« On vient d'avoir notre première dispute ! » Emir éclata de rire. « Oh, non, pas pour moi ! » Il faisait référence à 1888. Qu'est-ce qu'elle était têtue... Son rire se perdit dans un sourire, avant qu'il ne se laisse tomber dans le sable, qui chauffait tout doucement à mesure que le Soleil grandissait dans le ciel. « Quelque chose me dit que ce ne sera pas la dernière, mais j'ai foi en toi, je sais que ça ira toujours. » Il mit ses bras en croix sous sa tête, la contemplant de son regard amoureux. Il eut un sourire qui dévoila ses canines, avant de se mettre sur le côté, lui caressant alors de son index son bras, avant d'aller lui caresser délicatement son cou, puis le haut de sa poitrine. « Je ne l'ai jamais fais sur la plage, Siobhán. » Il sentit une montée de désir s'embrasait en lui. Rapidement, le feu s'intensifia, grandissant dans tous son corps. Et ce n'était pas qu'une métaphore. Emir s'approcha d'elle, se redressant alors, posant une de ses mains juste en dessous de sa joue comme pour l'attirer à lui, et il l'embrassa avec tendresse.


uc.
 
MessageSujet: Re: Yumuşak ısırık.   
Ven 27 Sep - 22:56


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Siobhán Mc Gill Fhaolain
Si Siobhán était bornée, Emir, lui, avait l'esprit de contradiction. Voilà que maintenant qu'elle acceptait de mettre au placard cette fâcheuse conversation dont il ne voulait rien savoir, il était prêt à la dérouler de bout en bout.

« Je le sais ça, mon amour, mais pour vivre éternellement, je ne connais pas d'autres moyens pour toi. Et... Et j'ai peur que cela ne te change au point de voir notre relation changeait. »

Il y eut un petit silence avant que Siobhán ne réponde :

« Moi non plus je ne connais pas d'autres moyens pour l'instant... », elle prit la main qu'il avait posée sur son coeur, avec la même tendresse que toujours. La dispute était déjà oubliée.« Mais tu sais, en amour je suis aussi quelqu'un de tenace, que ce soit dans ma malchance ou dans ma constance. Alors ce que tu sens là, ça ne changera pas. Peut-être que ça ne s'exprimera plus de cette façon-là mais ça ne changera pas. » Elle se pencha en avant pour poser les lèvres sur le dos de sa main, « J'pense même que je vais assez vite devenir le genre pot-de-colle obsessionnelle, tu ferais bien de faire gaffe à pas trop me dorloter. », se moqua-t-elle gentiment bien qu'elle restait à 50% sérieuse.

Quand elle lui fit remarquer avec enthousiasme que c'était leur première dispute il répondit, clairement amusé :

« Oh, non, pas pour moi ! »
« Bah tu vois quand je te dis que je change pas. »

La vérité c'était surtout qu'elle n'avait toujours aucun vrai souvenir de 1888 hormis ce qu'il lui avait montré par le sang mais c'était plus comme ses souvenirs à lui que quelque chose qu'elle avait le sentiment d'avoir réellement vécu. D'ailleurs, elle n'abordait jamais le sujet d'elle-même. Quand 1888 venait sur le tapis, c'était qu'Emir l'avait lancé.

« Quelque chose me dit que ce ne sera pas la dernière, mais j'ai foi en toi, je sais que ça ira toujours. »

Elle sourit, couchant son visage sur ses genoux pour lui rendre son regard. Il ne mesurait probablement pas à quel point ce pouvait être rassurant pour elle de s'entendre dire ça. Profitant d'un nouveau silence, Emir dessinait un chemin du bout du doigt de sa gorge à la naissance de sa poitrine. Il ne fallait pas avoir lu Play Witch pour savoir où tout cela allait les mener.

« Je ne l'ai jamais fais sur la plage, Siobhán. »

Elle sourit pour mordre dans ce baiser qui venait réclamer toujours plus de caresse et répondit d'un petit air coquin :

« Je pense qu'on peut y remédier... »

En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, elle avait retiré son t-shirt et se retrouvait à califourchon sur lui à reconquérir ses lèvres. Une main dans le dos, elle dégrafait déjà son soutien-gorge. Assurément, la dispute était oubliée.




 
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Yumuşak ısırık.

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