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 The Pursuit of Happiness

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MessageSujet: The Pursuit of Happiness   
Dim 18 Aoû - 21:49


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Temperance Mustang


Vivre chez Sven c'était commencer autre chose. Dans ses affaires, Temperance avait retrouvé ce carnet que sa mère lui avait offert en lui stipulant qu'une jeune fille se devait de tenir un "courrier intime". Au début, elle avait considéré l'idée avec dédain mais elle avait fini par prendre la plume et coucher sur le papier fin tout ce qu'elle avait sur le coeur. En se relisant un soir, Temperance ne s'était tout simplement pas reconnue dans ce style trop appliqué et ce langage trop châtier qui était celui de la maison Hatcher. Que lui était-il arrivé entre temps ? La vie. Azkaban. Sven. Tout un tas de chose qui faisait qu'elle ne se reconnaissait pas dans l'adolescente frustrée qui s'était épanchée dans ce petit carnet.

Posément, elle s'était assise sur le tapis persan, près de la cheminée. Sven avait comme toujours vu les choses en grand. Il n'y avait rien dans cette chambre, qu'il avait pensé pour elle, fort de sa décision qu'ils allaient vivre ici ensemble (jusqu'à la fin de leur jour qui sait ?), qui ne ressemblait pas à Temperance. Temperance telle qu'elle était aujourd'hui. Pas un seul instant il ne semblait s'être détaché d'elle en deux ans. Cette pensée lui réchauffait le coeur tandis qu'elle relisait son journal intime patiemment avant de jeter au feu les pages de son ancienne vie les unes après les autres. C'était sans animosité. Temperance était sortie d'Azkaban apaisée. Tranquille. Ca n'était pas tant de quitter l'atmosphère pesante de la prison mais c'était plutôt d'entrer dans l'univers de Sven Mustang où rien ou presque n'étaient réels. Tout n'était que rêve en devenir mais elle regardait avec admiration cette façon que Sven avait de modeler ses fantasmes en égéries criantes de réalité. C'était son tempérament. Tout ce qu'elle redoutait c'était qu'un jour il se heurte à la réalité et ne s'en redresse plus.

Elle ne l'avait que très peu vu depuis qu'ils avaient fait cette petite mise au point pour laquelle elle s'était battue bec et ongles. Non pas qu'il l'évitait mais il passait le plus clair de ses nuits au dessus de ses éprouvettes au sous-sols. Elle en venait à regretter d'avoir accepter le compromis de la Noël car au fond d'elle, elle n'y croyait pas. Ce n'était pas qu'elle doutait des capacités de Sven mais, ayant vu défiler les plus grands spécialistes tous domaines confondus dans la chambre où sa mère l'avait cloîtrée étant enfant, Temperance s'était faite à l'idée de cette drôle de vie qui n'en était pas vraiment une. Encore qu'elle comme Sven trouvaient parfois le moyen de contourner les impondérables de sa malédiction.

Elle se passa le pouce sur la lèvre, se rappelant à un doux souvenir. Sa montre indiquait trois heures du matin. Elle n'avait pas entendu Sven passer dans le couloir pour rejoindre sa chambre, c'est qu'il devait encore être au sous-sol.

Elle leva les yeux au ciel et descendit pour le trouver, exactement comme elle s'y attendait, dans ce réduit qu'il appelait son laboratoire. C'était à peine si on y voyait quelque chose. Sans doute que pour préserver certains produits, l'obscurité était de rigueur mais tout de même :

« Je vais finir par croire que je partage cet appartement avec un courant d'air. Tu ne vas donc jamais aller te coucher Mr Hyde ? », souffla-t-elle à son oreille en prenant bien garde de ne pas le toucher.

C'était drôle mais pas vraiment en fait. Aux dernières nouvelles, même Sven Mustang avait besoin d'un minimum de repos...




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MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Lun 19 Aoû - 0:16


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Sven Mustang
C'était peut-être ce qu'il lui fallait : Une date limite. Sven était complètement obnubilé par cette potion, allant jusqu'à venir passer ses temps de pause au boulot, ici, dans la cave, à continuer ses essaies, mettant ses notes au clair afin de mettre en ordre ses diverses idées, et bon dieu qu'il en avait. Depuis qu'elle était revenue, Tempérance avait quelque peu changé. Elle était loin de ses souvenirs, mais en même temps, elle en semblait si proche. Elle était un curieux paradoxe pour Sven qui cherchait toujours à la satisfaire du moindre de ses désirs. Pourtant, elle allait de l'avant, ne s'arrêtant pas à ce qu'il avait fait pour mettre les Blake derrière les barreaux. Sven l'observait de loin, ne voulant pas trop l'ennuyer dans son retour à la vie quotidienne. Elle reprenait vite du poids, retrouvant un appétit qu'elle avait, semble-t-il, disparu durant son incarcération. Elle sortait de temps à autres, revenant quelques heures après avec diverses bricoles qu'elle avait acheté non-loin d'ici, lui montrant parfois, ou tout simplement en lui expliquant ses diverses projets de vie qu'elle pouvait désormais mener à bien, depuis qu'elle était lavée de tous ses souvenirs que même Sven préférait lui voir oublié.

Malgré ça, Sven ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir quand à son attitude vis-à-vis de lui. Il savait, pourtant, qu'elle ne le repoussait pas à tord, car sa malédiction était bien tenace. Mais il n'aimait pas avoir l'impression que personne ne croyait en lui. Déjà depuis tout petit, il faisait des pieds et des mains pour attirer l'attention des plus grands quant à ses travaux (connard de Rogue), ou même de son père et de sa mère. Toujours des personnes en qui il avait un profond respect qui semblait le mettre au défi de les convaincre de ses talents. Pourtant... Il ne parlait jamais sans savoir. Il ne s’engageait jamais sans savoir s'il était sûr de réussir. C'était rageant. Néanmoins, cela ne le démotivait jamais. Sven se prouvait, en plus de leur prouver qu'il avait raison, qu'il était quelqu'un de puissant. Se donner des défis insurmontables pour les autres, qu'il franchirait avec un peu de travail avait quelque chose de revigorant pour lui. Ceci dit, il savait que le projet sur lequel il se penchait pouvait être mortel pour lui. La malédiction de Tempérance était tenace, et redoutable. Il ne fallait surtout pas qu'il ne prenne ça à la légère.

Faisant des essais sur des mèches de cheveux qu'il avait récupéré de ses brosses, ou sur l'intérieur de ses gants où elle avait laissé des cellules épithéliales, il était parvenu à un essai plutôt concluant. Il l'avait testé sur une souris qui semblait plutôt bien le vivre. N'attendant pas un jour ou deux pour voir si elle le tiendrait, il avala une fiole.

Il crut mourir. Le liquide semblait lui ronger l'intérieur. La douleur se déplaçait dans son corps, le faisant tomber au sol. Transpirant à grosses gouttes, crachant son excédant de salive que ses ganglions fabriquaient, il finit par se relever pour aller se passer un peu d'eau sur le visage lorsque la douleur sembla s'atténuer. Sven se regarda dans le miroir, s'essuyant le front avec une serviette propre. Ses yeux étaient sombres. Il se mordit la lèvre, puis, lorsqu'il s'apprêtait à consulter une dernière fois ses notes, en rangeant dans sa poche un antidote pour lui faire recracher la potion si ça n'allait pas, il entendit la porte s'ouvrir derrière lui. Sven eut un sourire, il savait que c'était Tempérance. Cela ne pouvait qu'être elle, de toute façon. « Je vais finir par croire que je partage cet appartement avec un courant d'air. Tu ne vas donc jamais aller te coucher Mr Hyde ? »

Un frisson de plaisir se balada sur son échine alors qu'il sentait le souffle de Tempérance sur son oreille. C'était le moment. Il lui saisit le poignet avec un sourire, puis, il se retourna vers elle, avant de déposer un baiser sur ses lèvres, sans se protéger de sa main comme il l'avait fait précédemment. Lorsqu'il ré-ouvrit les yeux, voyant qu'il n'était pas mort, il eut un sourire, secouant la tête, ravi que cela ait marché. Il se recula, et il lui murmura, avec un sourire mutin sur ses lèvres. « J'ai un deal avec une jolie jeune femme que je me dois de tenir pour lui montrer que tout ce dans quoi je me lance est possible. » Il lui fit un clin d'oeil, avant de lui prendre la main pour lui retirer son gant avec une douceur presque érotique.


uc.
 
MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Lun 19 Aoû - 11:57


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Temperance Mustang
Elle sursauta lorsque sa main se referma sur son poignet, sans doute son instinct de survie mal placé lui annonçait que quelque chose allait mal se passer. Il se retourna alors vers elle s'essayant à quelque chose de totalement nouveau pour elle. Un baiser, bouche contre bouche, dont elle ne profita pas car son coeur lui asséna un si grand coup qu'elle porta la main à sa poitrine. Sven lui aussi semblait affichait une certaine surprise, ce qui n'était pas pour plaire à Temperance. S'il souriait, ravi de s'en être tiré vivant, c'était qu'il n'était pas à 200% sûr du résultat avant de faire sa petite expérience.

« J'ai un deal avec une jolie jeune femme que je me dois de tenir pour lui montrer que tout ce dans quoi je me lance est possible. »
« Tu n'en étais même pas sûr, tu aurais pu - », réprimanda-t-elle sans l'écouter.

Elle ne s'interrompit que lorsqu'elle sentit le satin de son gant caresser sa peau. Ce n'est que là qu'elle réalisa vraiment ce qu'il venait de se passer. Une fois la peur panique de le voir s'écrouler passée. Elle regardait ce gant qui s'échapper pour la laisser toute nue puis Sven tour à tour.

Inutile de dire qu'elle n'était pas non plus très à l'aise. Après quinze ans passés à apprendre à ne jamais toucher ni être touchée, elle avait ce noeud à l'estomac à l'idée que tout soit enfin terminé. Elle n'osait même pas encore se réjouir mais elle savait que ça allait venir. Il lui suffisait d'oser.

Doucement, Temperance leva la main, déliant ses doigts comme si ça lui avait donné le moyen de savoir si sa malédiction était vraiment annulée. Le plus déstabilisant étant de ne pas se sentir différente. De se savoir toujours aussi égale à elle même. La différence venait de Sven. Il lui sembla qu'il passait une éternité entre le moment où elle en avait pris la décision et le moment où le bout de ses doigts effleurèrent enfin la barbe de trois jours de Sven. Chaque picotement sous ses doigts réveillait une petite décharge quasi imperceptible, comme si, à force de n'être jamais sollicité, son sens du toucher s'était engourdi... Petit à petit, ce fût son visage qu'elle tenait dans la coupe de sa main, un peu plus confiante.

Une petite lumière s'alluma dans le regard de Temperance. Son visage tout entier s'éclaira finalement, transfigurant complètement la jeune femme qu'il connaissait comme un rayon de soleil métamorphose un paysage de grisaille. Elle retira d'elle même son deuxième gant pour pouvoir toucher ce visage avec tout l'étonnement et la fascination qu'on pouvait imaginer. C'était comme redécouvrir Sven alors même qu'elle croyait le connaître depuis toujours. Jusqu'à cette petite fossette victorieuse au coin de ses lèvres.

Elle lui prit les mains et les posa sur son visage à elle, fermant les yeux pour apprécier pleinement cette sensation d'être touchée qui lui avait plus manquée que celle de toucher elle-même.

« Qu'est-ce que tu es Sven ? Quel genre de prodige ? », demanda-t-elle lèvres tout contre les siennes avant de l'embrasser.

Ça n'était pas un baiser de cinéma. C'était un baiser bien plus modeste. Un premier pour elle. Un baiser qui se cherchait et qui ne voulait surtout rien perdre.



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MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Lun 19 Aoû - 15:47


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Sven Mustang
« Tu n'en étais même pas sûr, tu aurais pu - » Sven aussi, n'en était pas sûr. Faire des essaies sur des souris, c'était quelque chose, mais sur un humain, c'en était une autre. Il avait beau avoir essayé d'approcher Sean et Sylar Blake dans leur prison pour faire des essaies sur leur personne, mais un "non" catégorique avait tranché toutes tentatives de démarches administratives auprès du Ministère, comme d'Azkaban. Alors, à défaut de cobaye expérimental, il lui avait fallu une bonne dose de courage, voir de témérité, et se lançait dans l'aventure. Une réaction typiquement digne d'Ansgard, pensa-t-il, se retenant de pousser un soupir à fendre l'âme, après une telle comparaison de sa personne envers son grand frère. Il eut un léger sourire devant l'expression stupéfaite de Tempérance qui ne semblait pas en croire à ses yeux. Il était conquis. Son expression lui tordait ses entrailles, et il savait qu'il avait fait quelque chose de bien pour elle. Peut-être comprendrait-elle désormais ce qu'il était capable de faire pour elle, pour l'avoir, pour former un véritable couple ? Sven était têtu, ce qui pouvait se révéler comme un défaut, était, chez lui, une de ses plus grandes qualités étant donné ce qu'il était capable de réaliser une fois lancée.

Alors, lorsqu'elle leva sa main et qu'elle la posa sur sa joue, Sven ferma les yeux, profitant de ce bonheur comme s'il avait peur que cela ne fonctionne pas éternellement. Sentir la main de Tempérance contre sa joue avait quelque chose d'exaltant. C'était comme s'il ne s'était pas vu pendant dix ans, qu'il avait été emprisonné on-ne-sait-où et qu'aujourd'hui, on le libérait. C'était même mieux que ce qu'il s'était imaginé. Rapidement, Sven se sentit tout chose. Une pression dans son bas ventre significative, il eut un petit sourire amusé, avant d'ouvrir les yeux à nouveau, pour sentir la deuxième main de Tempérance se posait sur son autre joue. Elle semblait ravie, heureuse. Elle était sur son petit nuage, n'y croyant vraisemblablement toujours pas. Pour Sven, son pari était réussi. Il la vit s'approcher de lui, déposant un baiser sur ses lèvres. Un baiser timide, délicat, mais plein de grâce. Il se toucha les lèvres, avant de se passer la langue dessus, comme pour ne pas en perdre une miette, avant de l'entendre dire : « Qu'est-ce que tu es Sven ? Quel genre de prodige ? » « Divin... » Il eut un sourire, se mordant la lèvre inférieure, accueillant de nouveau un baiser sur ses lèvres.

Sven posa ses deux mains sur le visage de Tempérance, l'embrassant avec une fougue et une passion qu'il semblait ne plus pouvoir contenir plus longtemps. La frustration qu'il avait toujours ressentit à l'égard de Tempérance avait cédé, lui brisant tout contrôle de lui-même. Il n'avait qu'une envie, c'était de pouvoir la prendre contre lui, peau contre peau. Peut-être pas nécessaire de sexe, mais il avait un besoin de la sentir brûlante sur sa propre peau. Il claqua des doigts, éteignant les lumières et il la serra contre lui pour la mener dans le salon de son appartement en transplanant.

Lorsqu'ils arrivèrent, Sven la posa sur le fauteuil un sourire sur ses lèvres. Il retira sa chemise, conservant encore son tee-shirt sans manche. Il s'assit à côté d'elle, l'observant avec un regard nouveau, levant sa main vers ses lèvres, dessinant ses contours avec délicatesse, avant d'approcher son visage du sien pour l'embrasser sur ses lèvres, sur son nez, sur son front. Il ne savait pas comment se comporter avec elle, il avait besoin qu'elle le freine sinon il irait trop loin, et vu que cela faisait plus de quinze ans qu'elle n'avait pas été touché... Sven se recula quelques instants, la contemplant avec son sourire, lorsque tout d'un coup, il sentit comme un vertige, se voyant tomber vers un trou sans fond. Il se rattrapa sur le fauteuil, conservant son sourire amusé, comme s'il souhaitait qu'elle ne voit rien. Visiblement, il y avait des ratés. Il se mordit la lèvre inférieure. Pour le coup, il s'en fichait. Il avait gouté aux mains et aux lèvres de Tempérance, il ne voulait surtout pas que cela s'arrête. Ses yeux devinrent noires de façon plus intense. Mais l'expression rassuré qu'il dégageait semblait véritable, sincère, rien d'alarmant donc. Il devait savoir ce qu'il faisait.


uc.
 
MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Lun 19 Aoû - 19:50


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Temperance Mustang
Pour elle, poser ses mains sur lui même si c'était presque sans arrières pensées, c'était mieux que tout ce qu'elle avait imaginé. Parfois, allongée sur son lit, elle avait passé la main sur l'édredon en fermant les yeux, pour s'imaginer ce à quoi ça pouvait ressembler. Mais ça n'avait rien de commun avec ça.

Elle se laissa surprendre lorsqu'il répondit à son baiser. Son coeur s'emballa et son ventre se creusa de plaisir mais c'était déjà presque trop d'un coup pour elle. Elle ne refusa pas cependant. Contre ses lèvres, entre ses mains, sous la caresse interdite de sa langue contre la sienne, elle se sentait dévorée d'amour et de frustration. Des émotions qu'ils avaient partagées si longtemps, et maintenant c'était terminé. Grâce à lui. Elle ne lui refuserait pas un baiser qu'ils avaient regardé tant de couples s'échanger en pleine rue ou au parc, comme s'ils jetaient à la face du monde leur soif de l'autre.

Il transplana dans le salon, l'accompagnant dans le canapé comme s'il n'avait plus pu se détacher d'elle si ce n'est pour retirer sa chemise. Pour la première fois de sa vie Temperance se sentit rougir. Elle avait beau n'avoir rien vécu elle n'était pas stupide et elle se doutait de ce dont il avait envie. Mais elle ne se sentait pas prête pour ça. Doucement, il posa à nouveau ses lèvres sur elle et elle sourit tout en se disant qu'il ne fallait pas qu'elle lui laisse croire qu'il se passerait beaucoup plus. Doucement elle lui prit les mains pour garder le contrôle et il comprit, freinant ses ardeurs. C'était peut-être ridicule à son âge mais elle ne faisait vraiment pas sa mijaurée. Elle n'avait pas peur. Simplement ça faisait beaucoup trop d'un coup.

Elle sourit et il lui rendit son sourire. Il ne semblait pas prendre ombrage de ce petit refus et ça suffit à la rassurer. Elle allait justement prendre sa main quand il perdit vaguement l'équilibre. Cela suffit à faire s'écrouler le château de cartes de Temperance. Le masque de l'inquiétude se greffa sur son visage tandis que d'un geste vif elle se rapprochait pour s'assurer que tout allait bien. Tous les sourires et les garanties que pouvaient donner l'attitude de Sven ne suffisaient pas à acheter sa tranquillité et quand elle vit ses yeux s'embuer de noir, elle comprit tout de suite et en un bond, elle mit au moins trois mètres de distance entre eux.

Son visage s'était décomposé. Elle était morte d'angoisse.

« Sven...», fit-elle d'une voix blanche,
« qu'est-ce qui t'arrive? Pourquoi ? Tu- Qu'est-ce que j'ai fait ? »

Elle savait très bien ce qu'elle avait fait. Elle l'avait touché et il en mourrait. Le noeud à sa gorge se serra si fort qu'elle ne put retenir un sanglot étranglé. D'un sortilège elle appela à elle ses gants et s'approcha de lui pour le soutenir et l'aider à s'asseoir par terre, le dos contre le fauteuil.

Ce bref instant de pur bonheur était trop cher payé...

« Sven, qu'est-ce que je peux faire? Qu'est-ce que je dois faire ? Il faut aller à Ste Mangouste ? Il faut - je t'interdis de mourir dans mes bras... je te l'interdis tu entends ?! »

Elle aurait dit tout et n'importe quoi pour que ça aille. Dans la panique, elle était incapable d'accoucher une seule pensée clair et rationnelle, et voir son état se dégrader à chaque seconde n'aidait en rien.

Il y eu un crac suspect dans l'entrée. Elle sursauta et courut voir ce qui se passait. Elle eut tout juste le temps de voir la mère de Sven lui faire un petit signe de tête, et se diriger en courant vers son fils. Juste derrière elle, M. Mustang senior, qui prit le même chemin que son épouse. Temperance resta un peu en arrière, le visage fermé, baigné de larmes. Il fallait mieux qu'elle ne l'approche plus. Elle regardait donc tout ça de loin, le coeur brisé.



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MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Lun 19 Aoû - 20:41


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Sven Mustang
Spoiler:
 
Heinrich avait énormément changé depuis Brighton, 1888. Il était devenu un homme meilleur. Peut-être pas bon, mais meilleur, c'était sûr. Lui, qui vivait avec cette haine violente et viscérale à l'égard des moldus pour ce qu'ils avaient osé faire à sa mère, était devenu, aujourd'hui, en 2005, un homme complètement différent de celui que l'on avait connu. Un bon père, aidant sa femme à diriger la boîte qu'il avait créé en 1888, et qui, aujourd'hui, avait bien grandit jusqu'à prendre part à un commerce international, Heinrich ne se serait jamais reconnu s'il avait été face à lui, il y a quelques années. C'était ainsi que l'amour l'avait changé, lui, qui ne pensait jamais tombé amoureux, lui, qui se pensait au dessus de tout ça, il était depuis presque trente ans, marié à Mademoiselle Lovely pour le meilleur et pour le pire. Oh, cela n'a jamais été tout rose entre eux. Surtout au début... Voir débarquer votre supposé fils alors âgé de tentre ans, vous dire qu'il faut à tout prix que vous vous mettiez avec votre voyante pour qu'il vienne au monde, avait eut comme l'effet d'une bombe au sein de sa vie. Surtout que Mademoiselle, bien qu'elle ait longtemps repoussé ses avances (qui était surtout pour la taquiné) avait fini par voir la vérité au point de vouloir lui cacher la vérité lorsque ses enfants étaient apparus.

Des disputes, des moments difficles à vivre autrement qu'un hôte et son invité bien que leur relation était déjà bien étrange et intime, ils finirent par s'entendre, allant jusqu'à avoir un autre enfant, Sven, puis quatre ans plus tard, une petite fille répondant au nom d'Elke, partageant elle aussi, ce don de voyance que sa mère avait. Ainsi lorsqu'il vit Mademoiselle débarquait en trombe dans les jardins où il se trouvait à s'occuper des plantes de la résidence, le visage déchiré par la peur, il posa rapidement ses outils, attrapant une serviette avec laquelle Heinrich s'essuya les mains. Il se redressa, allant à son encontre. « Qu'est-ce que... ? » « C'est Sven. Il faut qu'on y aille, maintenant. » Heinrich attrapa le bras de Mademoiselle, l'attirant contre lui avant de la serrer doucement comme il le faisait toujours, et il transplana.

Ils apparurent sur le seuil de la porte. Mademoiselle n'attendit pas qu'on vienne lui ouvrir. Elle ouvrit la porte d'un signe de main, Heinrich sur ses talons. Il n'avait que très peu vu Mademoiselle dans un état comme ça, mais à chaque fois, elle ne s'était jamais trompée. Ce qui signifiait à Heinrich pour qu'il se dise que c'était très grave. Une boule de stress était présente dans son estomac depuis qu'il l'avait vu venir à lui lorsqu'il était dans leurs jardins. Heinrich salua Tempérance d'un signe de la tête tandis qu'elle pleurait à chaude larme. C'est à ce moment-là qu'il passa devant Mademoiselle pour entrer dans le salon. Un rapide coup d’œil, et son cœur, pour la seconde fois de sa vie, rata un battement. Il se mit à courir pour réduire le plus rapidement possible l'écart qu'il y avait avec son fils qui se trouvait au pieds du canapé, le visage terne.

La première réaction qu'il eut, ce fut de lui toucher le pouls. Le second de lui redresser le visage, lui tapotant les joues jusqu'à ce que ce dernier n'ouvre les yeux. Ses yeux étaient noirs. Si la lumière ne rebondissait pas sur ses globes occulaires, Heinrich aurait parié que Sven avait perdu ses yeux. Sven eut un sourire léger, avant de murmurer : « Papa, j'ai merdé, je crois... » « Tu... Tu crois ? Putain, Sven... » Il releva la tête vers Mademoiselle et Tempérance, et il aboya : « Sa chambre, et vite... Mettez là à température, avec une serviette et de l'eau. » Il attrapa le visage de son fils pour approcher son front de ses lèvres. Il était brûlant. Qu'est-ce que... Il se mordit la langue, sentant ses yeux le piquaient. Puis il le souleva comme s'il ne pesait rien. Rapidement, ils atteignirent la chambre.

Lorsqu'il le posa sur le lit, qu'il se recula pour contempler son fils, un autre détail le frappa. Ses veines... Elles noircissaient à vue d’œil. Heinrich s'approcha de son fils, mais Mademoiselle lui passa devant. Sven commençait à délirer, rigolant sans raison, le teint livide, transpirant à grosses gouttes.


uc.
 
MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Lun 19 Aoû - 22:28


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Mademoiselle Mustang
Lorsqu'Ansgard était venu leur dire, en 1888, qu'ils allaient s'aimer et être heureux ensemble probablement jusqu'à la fin de leurs jours, Mademoiselle n'avait pas voulu en entendre un traître mot. Mais il lui avait suffit de regarder leur fils dans les yeux, pour se sentir mère et consentir l'impensable. A l'époque c'était plus qu'un sacrifice qu'Heinrich et elle avaient fait. Après cette nuit-là, ils s'étaient appliqués à faire de chaque nuit et de chaque jour une occasion d'apprendre à s'aimer et Mademoiselle ne l'avait jamais regretté.

Ce soir-là, Heinrich était dehors à s'occuper des Cannibales de Minuit et elle était lovée dans le grand fauteuil suspendu sous la verrière. C'était l'endroit où elle venait lire le soir. De là, elle pouvait regarder Heinrich par dessus les pages de son livre. Il le lui avait installé juste après la naissance de Sven qu'il fallait bercer sans cesse pour espérer l'endormir. Mademoiselle tourna une autre page quand la rumeur perdu d'un appel désespéré la fit se retourner. Elle posa son livre comme deux silhouettes s'invitaient sous la véranda. Il ne lui fallut pas une seconde pour reconnaître le profil racé de son deuxième né et courir chercher Heinrich.

« Qu'est-ce que... ? »
« C'est Sven. Il faut qu'on y aille, maintenant. », expliqua-t-elle en se blottissant dans ses bras pour qu'ils transplanent.

Elle n'avait pas besoin d'en dire plus. Lorsqu'elle était inquiète, c'était qu'il y avait lieu de l'être. En arrivant chez leur fils, Mademoiselle eut un regard pour Temperance, sachant que ce n'était la faute de personne et poursuivit droit vers le salon où elle savait qu'elle trouverait Sven.

Il fallait impérativement qu'elle chasse le trop plein d'émotions dont son coeur de maman était en train de se remplir. Garder la tête froide pour trouver la réponse à ce qui était en train de leur arriver. Elle tolèrerait pas de perdre aucun de ses enfants. Elle n'avait jamais eu de préféré mais avec chacun, des relations uniques et très fortes.

« Papa, j'ai merdé, je crois... »

Mademoiselle ferma les yeux une seconde mais ne se rendit pas auprès de son fils. Il aurait pu le prendre très mal, surtout quand on savait quel caractère il avait mais elle ne faisait déjà plus attention au présent qu'ils partageaient.

Elle suivait les aller et venues de son fils, forçant ses visions pour les faire défiler à un rythme fou. Une image récente de Sven passa devant elle tandis qu'Heinrich demandait qu'on prépare la chambre de Sven. Cela Temperance s'en chargerait malgré toute la culpabilité qu'elle savait peser sur les épaules de la jeune femme. Mademoiselle savait qu'elle était celle qui ferait de son fils le plus heureux des hommes et cet évènement n'y changerait rien.

Mademoiselle suivit le passé de son fils jusque dans un sous sol qu'elle n'aurait jamais soupçonné ni pu ouvrir sans lui. Elle lui emboîta le pas à l'intérieur, observant ses recherches avec intérêt car elle savait que son fils ne laissait jamais rien au hasard.

Heinrich, Temperance et Sven étaient dans la chambre depuis quelques longues minutes déjà quand Mademoiselle remonta en trombe, les lèvres scellées d'angoisse. Elle retrouva la chemise de Sven abandonnée négligemment dans le salon et dans sa poche, une petite fiole qui valait tout l'or du monde. Aussitôt qu'elle l'eut elle transplana au chevet de son fils.

« Aide-moi mein fürst¹, il faut lui faire prendre ça... », demanda-t-elle en posant la main sur le front de son fils pour qu'il cesse de s'agiter, « Sven, Sven, regarde-moi... »

Elle restait avant tout une maman, même quand elle préférait suivre un fantôme que venir le serrer dans ses bras. Ça n'était jamais que pour le bien de son fils. Son pouce caressait sa tempe de la même façon qu'elle faisait pour le calmer quand il se mettait à hurler étant bébé, et de sa main libre, elle versa doucement le contenu de la fiole dans sa bouche avec Heinrich qui l'assistait et veillerait à ce qu'il n'en recrache pas une goutte.

Ça ne les rajeunissait guère mais Mademoiselle n'avait pas la tête à penser à cela. Leur fils pouvait mourir dans leur bras. Toute son attention était à Sven.

____________________
¹ de l'allemand mein fürst, mon souverain / mon prince, et de l'anglais my first, mon premier.




« Les jardins me rappellent les enfants. Vous pouvez admirer ceux des autres en toute objectivité, mais rien ne vaudra jamais le plaisir et la satisfaction que vous retirez du vôtre. »


 
MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Mar 20 Aoû - 18:50


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Sven Mustang
Heinrich n'avait jamais sentit son ventre aussi serré qu'il l'était à présent. C'était la deuxième fois qu'il ressentait ce sentiment d'impuissance à l'annonce d'un malheur arrivé à l'un de ses enfants. Il y avait d'abords eut Elke, lorsqu'elle avait six ans, dans la forêt qui entourait la résidence Mustang, avec la sorcière à la maison en pain d'épice, et maintenant, son fils cadet : Sven. Si pour Elke, il avait pu laisser sa magie explosait pour aller démonter la sorcière en bonne et due forme afin de pouvoir tirer sa fille du four, pour Sven, il ne pouvait strictement rien faire. Tout du moins, il n'y avait rien qu'il puisse faire grâce à sa magie. Mademoiselle avait sûrement du prévoir le coup, car elle était partie directement vers l'endroit où il avait du probablement faire sa potion pour stimuler son don de voyance afin de voir ce qu'ils pouvaient faire. Heinrich posa genou à terre près de Sven lorsque Mademoiselle revint dans la chambre de leur fils, s'asseyant à côté de ce dernier, lui posant sa main sur le front comme pour qu'il se calme.

« Aide-moi mein fürst¹, il faut lui faire prendre ça... » Heinrich acquiesça, tendant les bras vers la tête de Sven. Ses cheveux étaient trempés par sa propre sueur, son front était brûlant, pourtant, il semblait avoir froid car il claquait des dents. Heinrich releva le visage vers Mademoiselle en espérant qu'elle savait ce qu'elle faisait, car plus il voyait l'état de son fils empirait, plus la peur de le perdre le tétanisait, le rendant carrément inutile. Il maintient les lèvres de Sven ouvert, tandis que ce dernier se mettait à rire, et à parler dans d'autres langues que l'anglais. « Sven, Sven, regarde-moi... » Sven sembla se calmer quelques secondes, ses yeux noirs cherchant le regard gris clair de sa mère. C'était comme s'il ne le trouvait pas, car il se mit à bouger violemment, prononçant le mot : Maman dans toutes les langues qu'il connaissait. Heinrich ferma les yeux, avant d’exercer une pression beaucoup plus intense sur la tête de Sven. Il sembla se calmer lorsqu'il ouvrit les yeux. Surpris, il vit Mademoiselle lui massait la tempe comme elle lui faisait quand il était petit, puis, elle lui vida la fiole dans la bouche. Directement après, Heinrich se redressa pour fermer ses lèvres le forçant à avaler le contenu sans qu'il ne puisse en recracher ne serait-ce qu'une goutte.

Tout à coup, Sven se mit à tousser. Au début, c'était léger, puis plus la quinte continuait, plus elle s'intensifiait, jusqu'à ce qu'il se redresse. Mademoiselle en profita pour le prendre contre lui à ce moment-là, il rota, avant de se mettre à vomir un étrange liquide noir. Heinrich blêmit, au point de devenir translucide. Il se mit une main devant la bouche, avant de regarder Tempérance qui passait par toutes les couleurs possibles. « Va nous préparer du thé, Tempérance, tu te morfonds pour rien. Il est têtu, et quoique tu aurais pu lui dire pour l'en dissuader, il l'aurait fait quand même. » Il y croyait à ce qu'il venait de lui dire. Malgré ça, cela ne l'empêcha pas de lui en vouloir un peu. Il contourna le lit pour se mettre de l'autre côté, posant son regard sur Sven qui crachait son liquide noir par à peu près tous les orificies de son corps. Heinrich manqua de s'évanouir devant ce sinistre spectacle qui lui broyait les intestins. Lorsque Tempérance quitta la pièce, il s'agenouilla au pieds du lit, saisissant une main de son fils, avant de sortir sa baguette pour faire apparaître trois patronus en forme d'aigle qu'il envoya à ses trois autres enfants pour qu'ils viennent le plus vite possible.

Il releva le regard vers Mademoiselle, tandis que Sven se mettait à gémir de douleur. Sa douleur était telle qu'il se mit à les supplier pour qu'ils l'achèvent. Heinrich ne put retenir plus longtemps ses larmes, tout en essayant de lui chanter une vieille comptine qu'il lui récitait lorsqu'il était petit. L'air n'y était pas, sa parole était saccadée, pleine de larmes. C'était la première fois qu'il laissait parler ses émotions de la sortes. Heinrich n'avait jamais pleuré devant Mademoiselle, ni même l'un de ses enfants. Quoiqu'il était pratiquement sûr que Sven ne s'en souviendrait pas. Sven commençait à se calmer, crachant beaucoup moins, ses veines disparaissant de nouveau sous sa peau en reprenant leur couleur normal. Lorsque ses yeux redevinrent noisette, il eut un hoquet, avant de laisser couler une larme de cristal le long de sa tempe pour aller se perdre dans ses cheveux. Il lâcha la main de son père pour se blottir contre sa mère, cachant ainsi son visage. Il avait échoué, sous le regard de ses parents, et de Tempérance. Heinrich se redressa, essuyant ses larmes, avant d'aller s'asseoir près de la fenêtre, avant de soupirer, comme si l'orage venait enfin de passer. Il n'avait même pas le coeur de l'engueuler comme un perdu. Il était juste content que ça se soit terminé.


uc.
 
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Mar 20 Aoû - 19:53


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Mademoiselle Mustang
Voir son fils dans cet état sans savoir quelle serait l'issue de ce cauchemar était l'épreuve la plus difficile que Mademoiselle avait jamais eu à traverser et elle sentait Heinrich flancher à son côté pour la première fois. Elle ne l'avait jamais vu pleurer avant cela. Pas même en vision. Elle, avait pleuré bien souvent. De colère, d'horreur, de douleur, d'angoisse, puis dans l'enfantement. Ce n'était pas si souvent car elle avait toujours été une femme très digne. Lui et son père, feu Algernon Lovely, avaient été les seuls à jamais recueillir ses larmes.

En cet instant-là, elle semblait inébranlable et il le fallait. Pas seulement parce que perdre Sven n'était pas admissible mais parce que sa famille avait besoin qu'elle le soit. Sven s'enfonçait dans son délire, l'appelant de toutes les langues qu'il avait pu un jour fréquenter de près où de loin :

« Calme-toi, calme-toi mein schatz...», lui répondait-elle, espérant qu'il s'accroche à sa voix aussi fort qu'à ses bras.

Elle adressa un regard à Heinrich pour le contre-poison. Elle n'y arriverait pas seule et d'ailleurs, elle n'avait pas la force physique de le contenir. Elle serra son fils contre elle, l'obligeant à maintenir une position redressée, penchée au dessus de son épaule, dans laquelle il ne pourrait pas s'étouffer dans ses propres sucs. Autant il lui arrivait parfois de regretter l'époque bénie où elle avait tenu de tous petits bébés comme ça contre son épaule sous le regard bienveillant de leur père, autant elle aurait préféré ne jamais avoir à vivre cela.

Pendant le laps de temps où Sven rejetait tout le poison qu'il avait ingurgité, Mademoiselle posa son regard sur Heinrich, le coeur serré. C'était beaucoup trop pour lui comme pour elle. Elle n'était en rien dégoûtée par le liquide visqueux qui imprégnait ses vêtements mais entendre son fils, si fier, si fort, gémir et supplier de la sorte. Elle ferma les yeux, le serrant plus fort, baisant ses tempes avec toute l'adoration du mère qui souffre.

Doucement, Heinrich se mit à fredonner d'une voix étranglée schlaf kindlein schlaf que leur trois enfants avaient réclamée tant qu'ils avaient eu l'âge d'être bordés. Peu à peu, Sven se calma, la main de son père serrée dans la sienne, sa mère caressant son front avec douceur, toujours penchée au dessus de lui, le visage contraint par l'inquiétude. Bientôt, son visage reprenait une couleur à peu près normale et uniforme, ses yeux, leur belle couleur noisette. Quand elle vit une petite lueur de lucidité dans le regard de son fils, Mademoiselle ne put réprimer un hoquet douloureux. Elle ferma les yeux, chassant les larmes qu'elle n'avait pas autorisées jusque-là et le serra dans ses bras comme il venait se réfugier contre elle.

« Oh ne nous refais jamais une chose pareille Sven... mein liebe... », sanglota-t-elle à l'attention des beaux cheveux noirs qui glissaient entre ses doigts.




« Les jardins me rappellent les enfants. Vous pouvez admirer ceux des autres en toute objectivité, mais rien ne vaudra jamais le plaisir et la satisfaction que vous retirez du vôtre. »


 
MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Mer 21 Aoû - 11:04


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Elke Mustang
C'était un étrange rêve que celui-ci. Étrangement angoissant. Il y avait la longue table du salon. Couverte de sucreries toutes plus merveilleuses les unes que les autres. Des petits gâteaux versicolores qui arboraient de fières couronnes de chantilly. Des tartelettes. Des biscuits. Des bonbons. Des brioches. Elke en avait envie mais elle n'y touchait pas. Ses mains entortillant le pan de nappe immaculée qui retombait sur ses genoux. A l'autre bout de la table, son frère Sven déjeunait. Elle ne pouvait pas le voir mais comme souvent dans les rêves, on n'a pas besoin d'autant de vraisemblance que dans la réalité. Tout à coup, Elke sentit la nappe lui échapper. Sans trop savoir pourquoi elle s'y accrocha mais de l'autre côté Sven tira un franc coup. Petit à petit, elle regardait la nappe reculer et toutes les friandises avec. Sven engloutissait tout cela comme si son estomac avait été sans fond. Elke se pencha au dessus de la table pour essayer de tirer à nouveau la nappe vers elle. Elle tirait et tirait de toutes ses forces quand soudain, la voix de son père la fit sursauter. Elle lâcha la nappe tout d'un coup et sentit qu'elle se casser la gueule.

Elle se redressa d'un bond, dans son lit, le coeur battant. Elle faisait souvent des cauchemars de ce type depuis qu'elle était petite. Cependant elle était en général le seul protagoniste. Pourquoi avoir rêvé de Sven ?

« Elke... »

A nouveau l'adolescente sursauta. C'était le patronus de son père. Une fois qu'il eût délivré son message, Elke ne perdit pas une seconde. Dévalant les escaliers quatre à quatre, elle appela Ptitruc, sans se rappeler que c'était justement Sven qui l'avait pris à son service depuis que Temperance était sortie d'Azkaban. Elle descendit jusqu'aux cuisines où les elfes préparaient le petit déjeuner.

« Briksec! bei Sven, schnell!! »

Elle maudissait le ministère d'avoir pris du retard dans l'organisation de l'examen de transplanage qu'elle aurait dû avoir passé depuis au moins deux semaines. Le vieil elfe s'exécuta et en un claquement de doigt, ils apparaissaient dans un pop savonneux au milieu du salon de l'appartement de Sven, à Londres.

Elke remercia l'elfe et courut sans trop savoir où aller en fait. Elle trouva Temperance, le visage décomposé, qui venait voir qui était là. Par réflexe, Elke manqua poser sa main sur le bras de la jeune femme. Temperance eut un geste de recul étonnamment vif. Elke resta cinq secondes glacée. Elle n'était pas passer loin de ne jamais savoir ce qui se passait ici. Ça n'était pas facile de réprimer ce genre d'habitude. L'espace d'un instant, la petite soeur Mustang craignit que son frère ait pu subir ce sort-là. Temperance la détrompa avant même qu'elle ait dit quoique ce soit, puis elle la laissa filer à l'étage.

Lorsqu'elle frappa à la porte, ce fût son père qui répondit. Elle entra dans la chambre. Sven était étendu, pâle dans son lit. Il régnait une atmosphère pesante dans la pièce comme si une guerre s'y était jouée et que quelqu'un - probablement leur mère - avait tout nettoyé.

Le visage d'Elke se ferma comme elle approchait du chevet de son frère.

« Hey... », fit-elle à son frère d'une voix si minuscule que pour un peu elle ne sortait pas de sa gorge nouée.

Elle n'avait jamais vu son frère si mal en point. En fait elle ne l'avait jamais vu mal en point. Le pire état dans lequel elle l'avait vu c'était la fois où il avait attrapé une malheureuse grippe et qu'il feignait d'être à l'article de la mort pour récupérer toute l'attention de leur mère. Ils étaient alors tous petits. Huit et quatre ans chacun. Ce Sven-là était bien loin désormais.

Elke retourna un regard vers son père, sans rien dire. A ses yeux, même à dix-huit ans tout juste soufflés, son père était le pilier de la famille. Tant qu'il tenait debout, rien ne pouvait se passer. N'est-ce pas ? semblaient demander ses yeux verts affligés.
 
MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Mer 21 Aoû - 19:00


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Sanjay Khan
Lorsque Sanjay revenait des Indes, la première chose qu'il faisait en arrivant à Londres, après toutes les tâches administratives que lui incombait les autorités locales, était de se rendre chez son frère, Ansgard afin de lui faire goûter ses diverses trouvailles, ou lui ramener certaines petites choses pas très légales et pas très correctes pour un Auror, mais qui leur faisait passer du bon temps à tous les deux, les rapprochant toujours un peu plus. Des frères Mustang, c'était avec lui qu'il s'entendait le mieux. Sven avait toujours été distant avec ses proches, et même si Sanjay savait qu'il l'aimait beaucoup, ce dernier respectait beaucoup cette volonté que Sven avait. Sanjay avait très vite compris que Sven était de ces hommes à vouloir à tout prix conserver secrets ses sentiments à l'égard de ses proches de peur de paraître faible. Pourtant, même si Ansgard ne lui ressemblait pas du tout sur beaucoup (trop ?) de points, c'était quelque chose qu'il partageait avec son frère. Néanmoins, il était quand même beaucoup moins coincé sur ce genre de choses. Disons qu'Ansgard ne disait rien, à défaut de les montrer beaucoup plus facilement avec les gens qu'il aimait beaucoup.

Lorsque Sanjay tapa à la porte de l'appartement d'Ansgard, et que ce dernier lui ait ouvert, ils se prirent dans les bras comme de véritables ours, avant que l'aîné des Mustang le laisse entrer dans sa merveilleuse (ironie ?) demeure. Sanjay retira aussitôt son foulard qu'il posa sur le fauteuil sur lequel il se jeta. Il claqua des doigts, indiquant de son index la table, et aussitôt divers petits sacs aux couleurs pétantes que l'on retrouvait beaucoup en Inde, apparurent sur la table basse tandis qu'Ansgard allait vers le frigo pour sortir de bières bien fraîches. Tandis que Sanjay préparait sa bulle d'eau dans laquelle il versa deux, trois herbes aux odeurs particulièrement fortes, Ansgard finissait de s'habiller après avoir poser les bières sur la table. Sanjay claqua des doigts pour faire apparaître une petite flamme en lévitation, puis, il posa la bulle en suspend dans le vide, retenu par des fils visiblement invisible à l’œil nue. C'est à ce moment-là, qu'Ansgard s'assit sur le canapé, le bras sur le dossier avec un sourire sur ses lèvres. Sanjay se redressa, remettant correctement son sherwani bleu marine, avant de se rasseoir, tout en sortant une petit tube en argent qu'il planta dans la bulle.

C'est alors qu'une petite fumée blanche s'échappa de la bulle pour se dissiper dans la pièce répandant une douce odeur de cannelle. Il ne leur fallut pas plus de cinq minutes pour commencer à se sentir bien comme il faut. C'est à ce moment-là que deux aigles argentés et fantomatiques traversèrent la fenêtre du balcon d'Ansgard pour leur raconter brièvement ce qu'il venait de se passer chez Sven. Aussitôt, ils se levèrent. Ansgard tendit sa main pour amener sa baguette à lui, et une fois qu'il l'eut saisit et que Sanjay ait éteint la petite flamme, ils disparurent dans deux volutes de fumés aux couleurs bleues nuits.


(...)
Ansgard apparut, suivi de près de Sanjay dans la cuisine de chez Sven. Ils virent Tempérance, tendirent leur main comme pour la prendre dans leur bras, mais se ravisèrent. Ansgard lui lança un regard qui se voulait réconfortant, mais il était bien trop triste pour que cela ne se voit. Il se dirigea directement dans la chambre de son frère, tandis que Sanjay s'approchait de Tempérance de sa présence réconfortante. Il lui fit un sourire malgré son regard triste, ouvrant la théière pour y jeter une poudre rosée dans le thé qu'elle était entrain de faire. « Rien de bien méchant, juste de quoi les détendre. Et te détendre un peu plus facilement. Je crois que le pire est passé. » Il avait toujours eut ce petit air de sage que l'on prêtait généralement aux boudhistes, parlant avec son petit accent hindi malgré une prononciation quasi-parfaite de l'anglais comme ils le parlaient en Angleterre. « Allons les retrouver, je viendrais chercher le thé, lorsqu'il sera prêt. » Sanjay lui fit un signe de tête pour qu'il la suive, tandis qu'il se dirigeait dans le couloir pour prendre la direction de la chambre de Sven.

Lorsqu'il entra, il vit Ansgard, les bras croisés, se mordant un de ses index, tandis qu'Heinrich tenait Elke dans ses bras, tout en se mordant la lèvre. Il s'inclina poliment tout en s'approchant de Mademoiselle dont il serra brièvement ses épaules de ses deux mains, avant de s'asseoir de l'autre côté du lit, prenant la main de Sven tout en mettant son autre main sur son front. Il inclina la tête une seconde fois, avant de faire un triste sourire à Mademoiselle. Il se releva, pour mettre, sur la commode en face du lit, un encens sur un promontoire en cuivre aux dessins hindies. Il se mit alors à genoux, joignant ses mains, paume contre paume, et se mit à méditer, récitant diverses mantras qu'il connaissait pour espérer lui venir en aide en demandant de l'aide à l'esprit spirituel. Ses yeux fermés, il semblait détendre l'atmosphère rien que par sa présence totalement décalée dans un pareil endroit.


- DREAMS CANT BE REALIZED -
can we take dat jurney ?
I might be knocked down round for round,
I'm feelin’ like i'm shot down on the ground.
When will the fantasy end ? Yeah.
When will the heaven begin ? Yeah.
Please, not now, let me sleep for ever.
(merci silverhung)

 
MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Mer 21 Aoû - 20:30


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Sven Mustang
Les douleurs de Sven commençaient à s'atténuer. Il était brûlant, et il transpirait tellement qu'on avait l'impression qu'il s'était douché tout habillé. Il avait chaud, mais tout commençait à se calmer. Il tenta de lever la main pour s'essuyer les lèvres, mais il n'y arriva pas et lorsqu'il sentit la présence d'Elke, il cessa de bouger, se sentant en sécurité, ainsi entourer par les membres de sa famille. Ce n'est que lorsqu'Ansgard et Sanjay finirent par arriver qu'il trouva enfin la paix intérieur, se laissant à somnoler, sans rien répondre à ce que sa mère lui avait dit. Il n'avait rien à leur dire, et surtout pas à s'excuser. Il leur dirait Merci, car ils étaient parvenus à le sauver in extremis. Mais il ne pouvait s'excuser, car ce qu'il avait fait, il le referait sûrement. Son unique but était de lui retirer cette malédiction, et s'il devait le payer de sa vie pour la savoir heureuse, alors il le ferait, et il n'hésiterait probablement pas. Si elle doutait encore de ses sentiments envers lui, ou même de ses envies à son égard, lui, il ne doutait plus depuis longtemps. Il essaya de sourire à tout le monde, cherchant Tempérance du regard, puis il tomba dans les bras de morphée, sentant une douce odeur d'encens, lui apaisant son esprit encore tourmenté par toute cette douleur et son ressentiment face à son échec.


(...)
Quelques heures plus tard, il rouvrit les yeux. Cette fois, il était dans les draps propres, lavés de tout ce liquide noir qu'il avait craché pendant une bonne dizaine de minutes, manquant de s'étouffer à plusieurs reprises. Il posa sa main sur son ventre, ressentant d'étranges aigreurs d'estomac, avant de se dire que dans son prochain antidote, il rajouterait quelque chose là-dessus. Il eut un petit rire à cette pensée, avant de se mettre à tousser. Il n'avait plus la force de rien. Devant lui, il vit une silhouette familière se levait. Sven eut un sourire, reconnaissant Sanjay qui s'approchait de lui, pour lui baiser le front. « Te revoilà. Je vais te chercher Tempérance et ta mère. Heinrich ne désire pas te voir pour le moment. » Il lui montra son coeur, et Sven n'eut pas besoin d'en entendre plus pour savoir qu'il venait de causer la plus grande frayeur de la vie de son père. Il se mordit la lèvre, le remerciant dans un murmure pour tout ce qu'il avait fait; Sanjay lui baisa de nouveau le front, avant de se lever pour aller chercher Mademoiselle et Tempérance. Il entra dans le salon, tandis qu'ils finissaient de boire le thé, lorsque Sanjay leur dit : « Il vient de se réveiller. Je lui ai dis que tu voulais le voir, Maddie, et toi aussi, Tempérance. » Il eut un sourire, tandis qu'Heinrich secouait la tête en rigolant (plus parce que ses nerfs lâchaient enfin) et dit :
« Ghandi, quoi. » Sanjay l'interrogea du regard, mais il sourit, en comprenant où il venait en venir. Il s'approcha d'Elke, lui prenant la main avec douceur.


uc.
 
MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Mer 21 Aoû - 23:12


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Mademoiselle Mustang
Petit à petit, les enfants arrivèrent. D'abord la petite Elke que son père ne tarda pas à serrer dans ses bras où elle disparaissait presque, mais sans pleurer. Puis Ansgard et Sanjay, leurs deux "grands" comme disait Mademoiselle. Ces deux-là c'était tout de suite entendu tout en ayant des caractères différents. Sanjay était doux quand il le voulait, sombre et lumineux à la fois, sa présence, dans un moment, était d'un grand réconfort. Ansgard, son premier né, était une force de la nature, un roc qu'elle craignait toujours de voir prendre le choc de trop. Parfois, son coeur se serrait quand elle sentait qu'elle n'arrivait pas à recréer ce lien qu'ils avaient quand il était petit, ou la première fois qu'il était venu la voir, avant qu'elle et Heinrich ne se décident à le concevoir. Il était à une période de sa vie qui était difficile pour elle, sa mère. Pour autant, il était toujours là pour sa famille et c'était tout ce qui comptait.

Sven finit par s'endormir. Mademoiselle resta encore un peu auprès de lui pour remettre encore un peu d'ordre, passer des vêtements propres à son fils qu'elle laissa au soin de Sanjay. Avant de redescendre auprès du reste de la famille. Ansgard était dans son coin, tout pareil à ce qu'il avait été un peu avant au chevet de Sven.

Mademoiselle s'approcha de lui, passant la main sur son visage pour lui tirer un petit quelque chose. La fatigue et l'angoisse se lisait sur son visage mais elle restait belle malgré tout. Avec l'âge, ses cheveux couleur de feu avaient foncés, laissant présager une grande puissance magique.

Finalement, elle laissa Ansgard après avoir discuté un peu pour allait voir Temperance, qui était restée plus ou moins seule jusque-là. La jeune femme avait séché ses larmes avant que tout le monde ne la rejoigne, par soucis de dignité sans doute. Un trait de caractère qu'elle avait en commun avec Sven.

Sanjay était resté tenir le chevet de Sven une fois que Mademoiselle avait quitté la pièce. Heinrich n'en était pas encore capable, penché au dessus de son thé, il suggérait de commencer à chercher le moyen de rompre la malédiction avant que Sven n'y passe. Elke restait près de lui, sans rien dire, atterrée, écrasée par le pesant de l'ambiance.

« Il vient de se réveiller. Je lui ai dis que tu voulais le voir, Maddie, et toi aussi, Tempérance. »

Mademoiselle acquiesça, gratifiant Sanjay d'un sourire bienveillant. Il fallut forcer un peu la main à Temperance. Un regard appuyé ne lui laissa guère le choix. Elle suivit à contre coeur, laissant Mademoiselle passer devant.

« Sven... », Mademoiselle s'assied sur le rebord du lit, passant une main tendre sur le front de son fils.
« Comment tu te sens ? »

Il n'avait jamais eu si mauvaise mine. Sa mère se montrait solide bien sûr, comme toujours, mais elle avait encore le coeur brisé. Sans doute qu'elle ne s'en ouvrerait qu'au moment où elle se retrouverait seule avec Heinrich. Pour l'heure, elle était présente pour lui.

Dans l'embrasure de la porte, Temperance attendait, digne mis distante. On pouvait la comprendre.




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MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Ven 23 Aoû - 18:48


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Sven Mustang
Même s'il avait toujours été un peu jaloux de Sanjay pour des raisons qu'il ne saurait expliquer, Sven adorait sa présence qui avait quelque chose de réconfortant, de rassurant. C'était comme si d'anciens Dieux d'une époque aujourd'hui révolus marchaient à ses côtés pour l'aider dans sa quête sereine sur la façon d'atteindre un état de grandeur en adéquation avec son âme. Ainsi, lorsque Sanjay lui baisa le front à deux reprises, il se sentit comme le plus heureux des hommes, se sentant bien proche de cet homme qu'il considérait depuis déjà un bon moment, comme son frère. Ils n'avaient rien, ou presque en commun, si ce n'est l'amour d'une mère, et l'attention d'un père qui a su éveillé en eux, un sentiment d'appartenance d'une rare intensité. Sven le regarda partir, apaisé, entendant ses pas dans le couloir jusqu'à ce qu'il se retrouve dans le silence tranquille de sa chambre. Les premiers rayons de Soleil pénétraient les rideaux avec grâce, éclairant peu à peu la pièce. Sven ferma les yeux, comme pour économiser ses forces.

Il entendit des bruits de pas, puis la porte de sa chambre qui se pousse de nouveau. Sven ouvrit les yeux, un sourire sur ses lèvres. Il avait l'air incroyablement fatigué mais paraissait guérit. L'antidote avait fait visiblement son effet. Il avait au moins réussi l'essentielle, pensa-t-il, se mettant à rire avant de tousser comme un perdu.  Mademoiselle entra, suivi de Tempérance qui resta près de la porte, profondément triste, et pleine de culpabilité. Il lui lança un regard tendre, avant de regarder sa mère qui s'asseyait à côté de lui, avant de passer une main tendre sur son front, comme pour voir si sa température était enfin redescendue (ce qu'elle était).
« Sven...  Comment tu te sens ? » Il ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit. Il eut un sourire, secouant la tête comme pour la rassurer, avant de prendre une profonde inspiration, et il murmura : « Fatigué... Très fatigué, mais ça va aller. » Il tourna la tête vers le réveil qui annonçait 6 : 30. Il essaya de se relever, mais impossible. A part sa tête, aucun muscle ne bougea.

« Je... Tu peux me faire une potion Wiggenweld, faut que je me prépare pour aller travailler. » Ses yeux se fermaient, comme si la fatigue s'exprimait alors pour contredire ses propos. Il eut un sourire, regardant Tempérance en lui faisant un baiser dans le vent avant de regarder de nouveau sa mère. Il dodelinait déjà. Sa volonté d'aller travaillait était inexistante, de toute façon. Il avait dit ça, juste pour rassurer sa mère, pour lui faire comprendre que ça allait. Il eut un hoquet, comme un renvoie, avant de recracher un peu du liquide noir. Sûrement les dernières gouttes encore présentes dans son organisme. Il tenta de sortir son bras des couvertures, mais c'était peine perdu. La bouche pâteuse, il regarda sa mère avant de lui demander : « Tu peux me donner un peu d'eau, s'il te plaît ? » Sa voix était toujours pas plus haute qu'un murmure. Il ne pourrait faire plus aujourd'hui. Sven s'enfonça dans son coussin, exténué par l'effort même qu'il produisait pour parler.


uc.
 
MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Sam 24 Aoû - 20:31


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Mademoiselle Mustang
« Je... Tu peux me faire une potion Wiggenweld, faut que je me prépare pour aller travailler. »

Mademoiselle leva un sourcil, presque amusé. C'était tout Sven de vouloir agir, parfois en dépit du bon sens, simplement pour ne pas avoir à se montrer faible. Elle n'avait jamais réussi à lui apprendre à choisir le bon sens devant les apparences. Le plus souvent, elle n'avait pas à s'en mordre les doigts, sauf peut-être quand il allait trop loin, comme ce soir-là. Mais elle savait bien pourquoi il avait été jusque-là...

« Si tu étais en état de prendre une potion de Wiggenweld, tu serais aussi en état de la préparer toi-même... », rappela-t-elle dans le plus doux allemand que Temperance ne pourrait pas comprendre.

Mademoiselle n'était pas ce genre de parents qui s'amusaient de susceptibilité de leurs enfants. Le plus souvent, elle faisait en sorte de ne jamais les mettre dans l'embarras devant des tiers. Même avec Ansgard, jusque-là, elle avait gardé ses remontrances pour la sphère privée. Mais Ansgard était un cas particulier dont nous reparlerons plus tard...

« Tu peux me donner un peu d'eau, s'il te plaît ? »

Mademoiselle adressa un regard à Temperance. Ce verre d'eau lui donnait un prétexte pour la congédier et quand elle reviendrait, il lui en donnerait un autre pour les laisser seuls.

« Sven... », commença-t-elle après s'être assurée qu'ils étaient bien seuls,
« Tu es allé plus loin que personne pour cette petite, ce n'est pas un échec, simplement tu as foncé tête baissée quand tu aurais dû être plus prudent. », elle posait sur lui un regard bienveillant quoiqu'on y lisait toujours un fond d'inquiétude, parfaitement légitime, « Attends avant de te récrier, laisse-moi donc finir. Je comprends, je ne prêtant pas me mettre à votre place, mais je comprends. Simplement à l'avenir, j'aimerai que tu ne prennes plus de risque inconsidéré. Ça n'est pas passé loin ce soir, tu t'en rends bien compte. Tu es brillant, fils. Plus brillant que ton père quand tu l'as décidé. Tu arriveras à tes fins ça ne fait pas l'ombre d'un doute mais ne fonces pas tête baissé. Chaque victoire se remportera à force de patience et d'industrie... »

Dans les escaliers, elle entendit les bruits de pas de Temperance qui revenait. Doucement, elle baisa le front de son fils, tant qu'ils étaient encore seuls, puis s'écarta dignement sans le quitter du regard. Elle n'entendait pas le faire passer pour un enfant devant celle pour qui il était prêt à risquer sa vie dans l'espoir d'un gage d'amour.

« Je te laisse te reposer. », plaça-t-elle habilement en s'effaçant pour laisser entrer Temperance.

En redescendant, elle trouva Heinrich exactement là où elle l'avait laissé. Doucement, elle posa ses mains sur ses épaules pour en chasser la tension, au moins en partie.



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MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Sam 24 Aoû - 20:48


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Temperance Mustang
A l'instant où la famille Mustang avait commencé à investir l'appartement, Temperance était descendue du train et l'avait regardé passé. Elle se sentait plus à sa place en dehors de tout ça, loin de Sven. Elle savait déjà que ce qui venait de se passait n'allait rien changer à ses plans. Il s'obstinerait jusqu'à en sortir les pieds devant. Et ça pour Temperance, ce n'était pas une option envisageable. Sur ses lèvres, sur son visage, elle sentait toujours le picotement électrique des caresses de Sven mais à quel prix...

Tandis que tout le monde s'agitait autour de Sven pour le ramener à la vie, Temperance préparait le thé, abandonnée entière à ses pensées, aux projets qu'elle se devait de former avant que Sven ne reprenne ses esprits et ne cherche à la corrompre. Elle avait céder pour presque rien. L'idée d'un baiser sur ses lèvres. Un regard plein d'amour. Une larme. Quelques piques acerbes. Avec le temps, les sentiments aidant, il était devenu sa faiblesse. Et si c'était tentant de lui céder, les conséquences étaient par trop dramatiques. Cela ne devait jamais plus se reproduire...

« Il vient de se réveiller. Je lui ai dis que tu voulais le voir, Maddie, et toi aussi, Tempérance. »

Elle releva le nez sans trop savoir tout le monde s'était retrouvé là. Elle connaissait peu la famille Mustang, Sanjay moins encore que les autres. Ses yeux se posèrent sur lui avec une certaine insistance. Ce qu'elle voulait à l'instant présent c'était tout sauf le voir.

Elle suivit malgré tout la mère de Sven, peu désireuse de se mettre tout le monde à dos, si ça n'était pas déjà fait, mais resta en retrait. Sven lui lança un baiser qu'elle ne rattrapa pas, préférant lever le nez. Ils ne pouvaient pas avoir cette conversation devant sa mère. A coup sûr ils s’enflammeraient l'un et l'autre, cherchant à tout prix à avoir raison... Quand Mademoiselle Mustang l'envoya chercher un verre d'eau, Temperance ne se fit pas prier, ce n'est qu'après qu'elle comprit quel habile jeu de domino Mme Mustang avait joué.

Voilà qu'elle se retrouvait seule avec Sven. Elle soupira, une fois qu'ils furent seuls, et lui apporta son verre. Contrairement à ce que tous avaient fait, elle ne vint pas s'assoir près de lui sur le rebord du lit, mais prit une chaise qu'elle plaça à une distance raisonnable, près de la fenêtre. Son regard tombait sur Sven, implacable, et il lui fallut encore quelques instants avant de dire quoi que ce soit.

« Je peux envoyer un hibou à ton travail pour les informer que tu es retenu par un problème de famille... », suggéra-t-elle pour ne surtout aborder le sujet qui fâche. Son air fermé et lointain en disait pourtant long pour qui la connaissait bien.

Il fallait qu'il se repose. Elle attendrait qu'il s'endorme pour faire ses valises et qu'il soit enfin sur pied pour partir.



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MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Dim 25 Aoû - 13:17


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Sven Mustang
« Sven... » Tempérance n'était plus dans la pièce. Sven s'attendait donc à recevoir un sermon en bonne et due forme comme ses parents étaient capables de lui donner lorsque la situation l'exigeait. Pourtant, elle restait calme, agréable, et apaisante, le sécurisant au plus profond de lui-même, lui qui a toujours recherché l'attention de sa famille, peu importe de la façon dont il le faisait au travers de ses différents caprices qu'il ne s'avouait pas lui-même. Pour lui, tout ce qu'il faisait était normal pour un être aussi exceptionnel. Jamais, ô grand jamais, il ne s'était rendu compte qu'il étouffait son frère ou sa soeur de par sa simple présence, et son intelligence totalement démesuré. Sven plongea son regard dans les yeux de sa mère, et c'est à ce moment-là, peut-être pour la première fois de sa vie, qu'il fit face à sa propre personnalité quelque peu extravagante, et qui pouvait sûrement nuire à son image. « Tu es allé plus loin que personne pour cette petite, ce n'est pas un échec, simplement tu as foncé tête baissée quand tu aurais dû être plus prudent. » Elle confirmait ce qu'il venait de voir dans ses yeux. Et même s'il entendait de lourds reproches à peine voilés dans ses mots, Sven comprit ce qu'elle voulait dire. Il était bien trop pressé de rendre à Tempérance sa liberté qu'il s'en oubliait presque. Pour sûr, il était capable de se tuer pour lui faire ce cadeau, mais, en se mordant la lèvre sur le reproche de sa mère, il se sentit stupide : Comment en profiter s'il en meurt avant ?

« Attends avant de te récrier, laisse-moi donc finir. Je comprends, je ne prêtant pas me mettre à votre place, mais je comprends. Simplement à l'avenir, j'aimerai que tu ne prennes plus de risque inconsidéré. Ça n'est pas passé loin ce soir, tu t'en rends bien compte. Tu es brillant, fils. Plus brillant que ton père quand tu l'as décidé. Tu arriveras à tes fins ça ne fait pas l'ombre d'un doute mais ne fonces pas tête baissé. Chaque victoire se remportera à force de patience et d'industrie... » Sven le savait qu'il était brillant. On n'avait pas besoin de lui rabâcher sans cesse. Cependant sa patience avait des limites qu'il commençait à outre-passer comme la nuit dernière. Il en avait marre de vivre une étrange relation (si tant on pouvait l'appeler comme ça) avec Tempérance. Ne toucher qu'avec les yeux, ça avait sa limite dans le temps. Il avait 22ans, il était temps pour lui de vivre des moments forts avec celle qui l'aimait. Pas forcément sexuelle, mais pouvoir lui tenir la main en se baladant dans les rues chics de Londres, ou dans une des rues de Berlin, Paris ou encore Milan et Venise était quelque chose qu'il aimerait tant faire avec elle. Il baissa le regard, une larme coulant sur son visage. Il ne savait quoi dire, ni quoi faire. C'est à ce moment précis qu'il se sentit, pour la première fois, le plus démuni des hommes. C'était comme si tout ce qu'il savait, tout ce qu'il avait, tout le pouvoir qu'il avait lui servait à rien. C'était rageant pour un homme tel que Sven.

« Je te laisse te reposer. » Elle lui baisa le front, puis se retira dans le salon mettre ses mains sur les épaules de son mari qui leva une de ses mains pour lui saisir l'une des siennes. Heinrich était fatigué, cela avait été éprouvant pour lui. Comme pour les autres, d'ailleurs. Disons qu'Heinrich ne montrait clairement pas ses émotions habituellement. Et lorsque la situation l'exigeait, il avait cette étrange impression que ça lui prenait toute son énergie, comme si son corps lui-même refusait de se laisser aller, puisant alors dans toutes ses ressources pour exprimer ce que ses sentiments ne pouvaient plus contenir. Heinrich leva le visage vers Mademoiselle, avant de regarder Elke, puis Sanjay, puis Ansgard. « Il faut faire quelque chose. Je ne souhaiterais perdre aucun d'entre vous pour rien au monde. Donc, je vais vous demander de m'aider à trouver tous les ingrédients dont il a besoin. » Il se leva, attrapant la théière pour s'en servir un fond. Faisant chauffer le liquide dans sa tasse en trempant uniquement son doigt dedans, il reprit : « Mais avant ça, j'ai besoin de la liste des ingrédients. Elke, Chérie, vous allez vous débrouillez comme vous le pouvez, mais je veux ces ingrédients. » Il claqua des doigts pour faire apparaître une plume et un encrier le tout poser sur un parchemin. Il lança un regard à Sanjay et Ansgard, et il leur dit : « Quand à vous, vous allez m'aider à les identifier. »


(...)
Sven regardait Tempérance avec un amour débordant. Elle ne devait pas se sentir coupable de ce qu'il avait fait. Il fallait qu'elle sache qu'il serait capable de le refaire, juste pour lui tenir de nouveau la main ne serait-ce que quelques instants, ainsi que l'embrasser comme il avait pu le faire. Le contact de sa peau avait provoqué des étincelles dans tout son corps éveillant un brasier de passion. Il savait qu'elle était celle qu'il lui fallait. Il l'avait su la première fois qu'il l'avait vu en compagnie de Sylar Blake. Sven eut un léger sourire en la voyant s'asseoir à côté de lui. Un de ses sourires qui se veut tendre, et qui veut clairement dire : Je vais bien, ne t'en fais pas. Elle lui donna un peu d'eau, qu'il avala avec difficulté, mais ça lui fit le plus grand bien. Elle reposa enfin le verre sur la table, avant de briser le silence qui s'était installé entre eux. « Je peux envoyer un hibou à ton travail pour les informer que tu es retenu par un problème de famille... »

Sven détourna le regard. Il n'avait pas besoin d'avoir fait Rosenkrantz pour comprendre où elle voulait en venir. Il ne dit rien, la laissant continuer, mais elle n'en rajouta pas plus. Il se mordit la lèvre, avant de reposer son regard noisette sur Tempérance. Si l'amour avait précédemment parlé dans ses yeux, là, c'était une colère froide. Inspirant profondément, tendant son cou avant de se remettre correctement, il murmura : « Tempérance Hatcher, je t'interdis de quitter ces lieux. Si jamais, tu ne fais qu'une seule de tes valises, je te promets de venir te chercher avec foudre et tonnerre, tuant quiconque s'oppose à notre relation. » Il souffla, sa respiration était saccadée. Rien que le fait de parler le fatiguer, alors si en plus il devait exprimer un sentiment de colère aussi intense qu'il était passionné dans sa relation avec elle, Sven allait pas tarder à s'endormir de fatigue. « Je continuerais, je le referais. J'étais pressé, mais j'ai compris mon erreur. » Il ne pouvait toujours pas levé sa main. Seul son index semblait trouver la force pour le faire. Sven pesta avant de reprendre : « De toute façon, maintenant, je sais qu'ils vont m'aider. » Dans ils, il parlait bien évidemment de sa famille. Sven les connaissait. Si l'un des membres de la famille mettait sa vie en danger, ils étaient tous là pour lui venir en aide. C'était, dans un sens, une famille traditionnelle, tourner les uns vers les autres. Mais ils étaient plus qu'une simple famille. Être un Mustang, c'était un véritable concept de vie.


uc.
 
MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Mer 28 Aoû - 22:27


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Temperance Mustang
Elle n'avait rien dit et pourtant elle vit son visage s'assombrir dans cette expression si familière qui annonçait toujours une tempête entre eux. Pour une fois c'était elle qui ne voulait pas avoir cette discussion. Sven trouvait toujours les mots pour éroder sa fermeté et cette fois-ci, il n'était pas question de cela. Sans ajouter qu'il n'était pas en état pour ce genre de conversation houleuse :

« Tempérance Hatcher, je t'interdis de quitter ces lieux. Si jamais, tu ne fais qu'une seule de tes valises, je te promets de venir te chercher avec foudre et tonnerre, tuant quiconque s'oppose à notre relation. »
« Je t'aime. », lâcha-t-elle d'un ton arrêté, « Et on ne va pas en discuter Sven, c'est comme ça. »

Ni maintenant, ni un autre jour. Elle l'avait décidé pour tous les deux et surtout pour lui. Et pour une fois, elle ne voulait pas en discuter. Lui dire qu'elle l'aimait c'était la seule chose qu'elle avait besoin qu'il sache. Elle ne voulait pas qu'il s'aigrisse seul dans cet immense appartement qu'il avait pensé pour eux en s'imaginant qu'elle était la pire des sans coeur, la pire des ingrates. Qu'il la haïsse, ça c'était autre chose et si c'était le prix à payer, elle pouvait y consentir.

« Je continuerais, je le referais. J'étais pressé, mais j'ai compris mon erreur. De toute façon, maintenant, je sais qu'ils vont m'aider. »

Temperance soupira. Elle savait bien qu'il ne laisserait pas partir, qu'il aurait toujours tous les arguments et toutes les promesses et tous les je t'aime pour la désarmer. Elle lui adressa un long regard aussi amoureux que résolu avant de détourner le regard.

« J'aimerai que tu commences par te reposer. Il faut que tu reprennes des forces. »

Elle donna un petit coup de baguette pour le border et laisser une douce caresse sur son visage avec le revers du drap. Elle avait toujours été habile dans l'art des enchantements. Là dessus, elle quitta la pièce sans plus discuter.

Quand elle descendit les escaliers, ses affaires la suivaient. Elle partait maintenant ce qui lui éviterait de se laisser charmer par Sven.

« Vous devriez le laisser se reposer. Je pense qu'il aura besoin de ne pas être seul, quelques temps. »

Elle acquiesça et passa le pas de la porte, suivie par ses bagages.



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MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Jeu 26 Sep - 21:52


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Sven Mustang
Sven ne tarda pas à s'endormir lorsqu'elle le quitta. Dans un sommeil sans rêve, le cadet Mustang trouva le repos, un repos qu'il n'avait plus eut depuis bien longtemps. Temperance, quant à elle, n'écouta rien de ce qu'il venait de lui dire et partit préparer ses affaires, tandis qu'Heinrich pressait Elke de se calmer, de se détendre afin de laisser son don s'emparait d'elle, elle ouvrit la porte d'entrée. Heinrich ne perdit pas une seule seconde. Il lâcha les mains de sa fille, posant son regard vers le couloir, tandis que Temperance s'écriait : « Vous devriez le laisser se reposer. Je pense qu'il aura besoin de ne pas être seul, quelques temps. »

Heinrich poussa un juron, sous le regard curieux de Sanjay qui se tordait presque le cou pour la voir fuir. Ansgard se passa le visage dans ses mains. Le Senior leva une de ses mains sans même se lever, et aussitôt, Tempérance se sentit aspirer vers l'intérieur de l'appartement, jusqu'à aller se coller contre le mur en face de la porte d'entrée. La porte se ferma violemment, tandis que ses bagages disparaissaient pour sûrement réapparaître dans sa chambre. Heinrich se leva alors, tendant l'index vers le canapé de son fils. « Je t'interdis de fuir, Temperance. Mon fils a failli mourir par ta faute, je ne compte pas rester là sans rien faire. » Heinrich parlait d'une voix forte, autoritaire, mais pleine d'une émotion que personne chez les Mustang, n'avait un jour entendu de sa bouche. Il avait eut peur, et son ton de voix venait de le trahir, ébranlant les fondements d'un père dur, d'un roc, d'une épaule inébranlable. Il avait dans son regard cette petite lueur un peu folle qu'ont généralement les parents lorsqu'ils ont failli perdre un de leur enfant.

Ansgard se leva du canapé pour lui laisser prendre place. Sanjay lui tendit automatiquement une tasse de thé, qu'il chauffa en claquant des doigts au dessus de l'eau. Heinrich contourna la table pour aller devant elle. « Tu te prends pour qui pour fuir devant l'amour de mon fils ? Hein ? Tu te crois au dessus de ça ? Tu penses qu'il comprendra, alors qu'il t'a prouvé maintes et maintes fois qu'il reviendra toujours vers toi ? Tu es une fille égoïste, Temperance, et j'ai peine à trouver une quelconque différence avec ton diable de père ! » Tout en parlant, il agitait son index comme s'il la menaçait d'un terrible sort. Heinrich n'avait pas fini. « Alors tu vas accepter son amour une bonne fois pour toute, et tu vas nous aider dans la tâche qui est de te retirer ta putain de malédiction de merde, afin de vous sauvez tous les deux. »

Il se retourna, et il ordonna : « Elke, Sanjay et Ansgard vous me trouvaient cela. » Il se tourna vers Mademoiselle, et il lui demanda, presque d'un ton implorant : « Tu peux me montrer sa cache de savant fou, s'il te plaît ? » Heinrich agissait comme un chef. Il aurait fallu être fou pour oser dire quoique ce soit à ce moment précis.


uc.
 
MessageSujet: Re: The Pursuit of Happiness   
Mer 2 Oct - 14:16


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Temperance Mustang
Temperance était habituée à ce que Sven lui tienne systématiquement tête. Ils étaient ainsi faits. Deux caractères forts qui n'avaient rien trouvé de mieux que de se mettre ensemble, présentement, pour le pire. Mais cela ne dépassait jamais les mots. Les mots suffisaient quand on les maniait bien et c'était leur cas à tous les deux. Ils savaient lesquels feraient l'effet d'une gifle, lesquels feraient l'effet d'une caresse à l'âme. C'est exactement pour cela que lorsqu'Heinrich Mustang leva la baguette sur elle, la ramenant de force dans l'appartement avant même qu'elle n'ait réellement pu le quitter, Temperance en resta abasourdie quelques secondes. Ses bagages, eux, n'attendirent pas qu'elle se reprenne pour monter les escaliers en ordre de marche et prendre la direction de sa chambre.

La jeune femme suivit tout ce manège d'un oeil critique et passablement noir jusqu'à ce que le patriarche ne lui pointe du doigt un fauteuil.

« Je t'interdis de fuir, Temperance. Mon fils a failli mourir par ta faute, je ne compte pas rester là sans rien faire. »
« J'allais vous dire à peu de chose près la même chose. » , cingla-t-elle sans lever le ton.

Avaient-ils tous perdu la raison dans cette famille ? Temperance avait beau avoir été élevée dans le respect strict et nécessaire des anciennes traditions - et elle était une parfaite lady quand elle voulait bien se prêter au jeu - elle n'avait pas l'intention de transiger sur la sécurité de Sven, fut-ce devant Heinrich Mustang, tout prince de Prusse qu'il ait pu être dans un lointain passé.

Elle voyait pourtant bien sur le visage de l'homme tous les signes d'un grand chamboulement. Il avait eu peur mais sa réaction était aux antipodes du compréhensible pour elle. En tant normal, si elle n'avait pas été concernée de près, elle aurait pu chercher à comprendre avec toute la méthode et le pragmatisme qui la caractérisaient. Mais elle était trop impliquée.

Le reste de la famille observait la scène sans rien dire. Ansgard lui fit de la place sur le canapé qu'elle n'avait absolument pas l'intention de rejoindre mais sur lequel elle finit par s'asseoir en se disant qu'elle était suffisamment adulte pour ne pas jouer la carte de l'affrontement buté et stérile. Sanjay lui tendit une tasse de thé qu'elle posa sur la table basse après l'avoir remercié. Elke semblait tendue, comme si - et c'était très probablement le cas - elle n'avait jamais entendu son père monter le ton. Seule Mademoiselle semblait observait tout cela d'un oeil tranquille, sans doute aidée par les visions qu'elle avait , parait-il, en permanence. On se demandait même comment elle pouvait rester si sereine, la mine toujours fraîche et reposée, avec tout ce qui se passer autour d'elle, que ce soit dans le présent, le passé ou le futur.

« Tu te prends pour qui pour fuir devant l'amour de mon fils ? Hein ? Tu te crois au dessus de ça ? »
« Ce n'est pas son amour que je fuis et vous le savez très bien. Lui aussi le sait. », répliqua-t-elle sèchement, agacée qu'on la remette sans cesse en face des mêmes questions, « Il finira par mourir. Il ne pourra pas s'empêcher de recommencer. Une fois. Deux fois. Mille fois. Jusqu'à la fois de trop, vous le savez très bien. Vous devriez le savoir. », cette fois-ci le ton était reproche. Elle ne comprenait pas ce qu'il y avait de si difficile là dedans.

Sven était ainsi. Probablement depuis tout petit. Et Temperance, elle, était terre-à-terre. Elle n'entendait pas jouer à la roulette russe tous les matins avec Sven jusqu'à ce qu'il finisse par jouer de malchance sous prétexte qu'il était brillant. Hors de question.

« Tu penses qu'il comprendra, alors qu'il t'a prouvé maintes et maintes fois qu'il reviendra toujours vers toi ? Tu es une fille égoïste, Temperance, et j'ai peine à trouver une quelconque différence avec ton diable de père ! »
« Mein fürst! », Mademoiselle rappelait doucement son époux à un peu de tempérance.
« Je n'entends pas le raisonner. Je ne lui laisserai tout simplement pas le choix. Quant à mon père, je ne vous recommande pas de l'insulter à nouveau devant moi. Vous ne savez rien de lui. », la menace était claire et nette.

Temperance était très à cheval sur l'honneur et, si elle avait largement pu pardonner à Sven d'avoir donné les Blake - après tout, ils n'auraient probablement rien eu à craindre du Magenmagot s'ils navaient rien eu à se reprocher - elle ne passerait pas la moindre insulte sur son nom ou celui de son père. C'était une qualité que Sven appréciait sans le dire, sa fierté et son sens de l'honneur. Son sang froid aussi. Le moins que l'on pouvait dire c'était que les relations avec la belle famille, du moins le beau-père, commençaient très mal.

« Alors tu vas accepter son amour une bonne fois pour toute, et tu vas nous aider dans la tâche qui est de te retirer ta putain de malédiction de merde, afin de vous sauvez tous les deux. »

Était-ce bien la peine de discuter avec pareil fou ? Temperance avait de sérieux doute là dessus. Elle ne reviendrait pas sur l'idée de ne plus approcher Sven à moins d'un mètre et s'il ne voyait pas le pourquoi de ce choix, ni quel danger il y avait à la laisser en présence de son fils, fou d'amour, alors ce n'était même pas la peine de discuter. Elle ne lui répondit même pas, croisant les jambes en portant sa tasse à ses lèvres tandis que des ordres fusaient pour chacun.

Elke observait la maigre liste qu'elle et sa mère avaient déjà pu dresser à partir de leur vision, pour voir ce qui pourrait être ramené le plus facilement.

« Tu peux me montrer sa cache de savant fou, s'il te plaît ? »

Mademoiselle prit doucement la main de son époux et Temperance les regarda disparaître. Comment deux êtres si diamétralement opposés étaient-ils capables de s'accorder si bien. Même de s'entendre sur quoi que ce soit ?



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