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 A Long Sweet Ride Home

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MessageSujet: A Long Sweet Ride Home   
Jeu 8 Aoû - 19:37


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Calixte Mc Swann

A Long Sweet Ride Home


C'était une belle après midi de juin. Le temps était au beau fixe, ce qui n'était pas si souvent dans la campagne anglaise. Calixte avait garé sa cabriolet, une MG bleu ciel de 1974, à quelque distance de l'immense crâne de dragon qui défiait quiconque de passer outre le grand portail du manoir Grey.  De loin, on voyait le jardin de roses que Calixte avait toujours aimé à ceci près qu'elles étaient devenues blanches comme pour porter le deuil de cette grande famille que le Ministère avait poussée vers la déchéance.

Patient comme à son habitude lorsqu'il savait que les choses allaient à leur but, Calixte coupa le moteur et l'engin descendit doucement de son coussin d'air. Il avait quitté ses habituels costumes sur mesure pour une chemise d'été - haute couture - plus décontractée et un jean parfaitement taillé. Chez Calixte, l'apparence était quelque chose d'important. Il ne s'en cachait pas et, il attendait qu'il en fut de même pour ses proches. Les Mustang illustraient parfaitement cette façon de trier son entourage selon des critères suffisamment élitistes pour ne garder que la crème de la crème.

Quelque part, par là, un oiselet chantait. Il semblait que tout ce qui se trouvait au delà des grilles étaient pétillants de vie. Au contraire, de l'autre côté malgré le ciel radieux quelque chose de lugubre semblait suinter du manoir Grey. Les pierres noircies par les intempéries et le temps semblaient crispées, ne laissant entrapercevoir entre leurs noirs interstices que les fêlures d'une lignée meurtrie. De loin en loin, Calixte se rappelait le jour radieux où Lord Grey et le vieux Manfred s'étaient mis d'accord pour le fiancer à Symphony. Personne n'avait été consulté auparavant. Il y avait eu quelques éclats de voix. Quelques sourires forcés. Mais il se rappelait surtout que ce jour-là aussi, le temps avait été au beau fixe. Ou peut-être était-ce tout simplement sa façon à lui de glorifier ce souvenir et de fixer dans le marbre un moment de félicité, bien qu'il n'eût pas été partagé. Symphony avait toujours eu son caractère. Lui, le sien.

Il sourit en repensant à la façon dont elle s'était insurgée contre ces fiançailles alors même qu'elle l'avait toujours apprécié. Simplement parce qu'elle ne pouvait pas souffrir qu'on lui impose quoi que ce fût. Lui, s'était emporté par orgueil, ne supportant pas qu'elle envisage ne serait-ce que de lui dire non. Tout cela c'était passé bien avant la chute du Seigneur des Ténèbres. Désormais, elle ne voyait en lui plus qu'un traître à son sang, sans honneur ni éclat. Quelque part ça le blessait mais elle refusait obstinément de voir les choses autrement. A ses yeux à lui, il n'avait pas trahi, il avait simplement fait la seule chose censée envisageable et il ne le regrettait pas. Pas même lorsqu'elle portait sur lui ses regards accusateurs.

Il jeta un oeil à sa montre, se demandant si elle ne s'était pas ravisée à la dernière minute sans prévenir... Il avait insisté pour lui faire la surprise de leur destination et de l'objet de ce rendez-vous. Ne restez plus qu'à espérer qu'elle ne lui ferait pas de chantage pour lui faire abandonner cette résolution. Qu'importe, il ne virerait pas de cap.




« Gold gives to the ugliest thing a certain charming air,
For that without it were else a miserable affair. »


 
MessageSujet: Re: A Long Sweet Ride Home   
Ven 9 Aoû - 3:36


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Lady Symphony Grey


Dans la triste demeure des Grey, Symphony coiffait en silence Cymbeline qui regardait la vitre devant elle. L’enfante était belle comme les premières fleurs du printemps, ces coquelicots où la rosée n’a pas encore abîmée la pétale fragile de sa jeunesse. Elle ne bronchait ni ne cillait pas, gardait le menton haut. Ses beaux yeux bleus fixaient la vitre, où elle regardait davantage sa tante que sa coupe du jour.

« Tu n’avez pas rendez-vous Symphony ? » Le petit sourire mutin se fit plus large alors que les yeux d’azur de la musicienne se levèrent à peine pour échanger un regard semi-long avec sa nièce et filleule.
« Tu as les yeux qui traînent plus sur les potins que sur les livres de cours Cymbeline... Je ne vois même pas pourquoi tu poses la question à vraie dire. »

Un petit rire perça dans la chambre. Devant la coiffeuse, Cymbeline fixait le moindre mouvement de main, le moindre regard sur la fenêtre de Symphony. Un petit sourire malicieux et espiègle passa de nouveau sur le visage de l’enfant.

« C’est Calixte n’est-ce pas ? » Un petit silence s’installa, comme l’enchanteresse était surprise. « Tu n’as ce regard que lorsque tu vas le voir ou que tu l’as vu. Aloysius dit que ce sont les blessures du passé qui ressurgissent dans les yeux. On dirait que tu souffres quand tu vas le voir... » La jeune femme eut un petit sourire peiné en coin, qui aurait pu passé pour sarcastique.
« Ce n’est pas moi qui souffre le plus de cette situation. »

Cymbeline roula des yeux comme c’était sa phrase fétiche. Symphony cherchait à être forte pour la famille entière mais parfois les choses n’étaient pas aussi faciles qu’elles ne paraissaient. Personne encore ne savait pour la vente des terres Grey, et si la jeune fille se gardait bien de le dire aussi bien à ses frères qu’à leurs héritiers respectifs, elle n’arrivait toujours pas à imaginer ce qu’il allait advenir d’eux une fois qu’elle serait disparue. Il lui arrivait parfois d’être triste et de ne pas pouvoir dormir dans le lit. Elle s’imaginait alors faire un mariage d’affaire. Des rares concubins de son rang et possible, elle ne voyait que Warren Hatcher et Matìeu Hemmington. Ni l’un ni l’autre ne lui aspirait confiance. Ni l’un ni l’autre ne plairait à ses frères non plus.
Pour autant, si c’était la seule façon pour elle d’avoir une descendance plus tard - elle avait tout de même vingt quatre ans et sa jeunesse ne serait pas éternelle, c’était également l’occasion de récupérer un peu de biens et d’argent pour assurer l’héritage des plus jeunes. S’ils avaient tout perdu, elle devait au moins faire gagner le plus aux siens.

« Tu vas être en retard, Symphony. »
« Je suis toujours en retard. »
« Non, seulement avec lui... »

La voix venait de la porte, et il s’agissait du bel Aloysius qui attendait, le visage serein et le sourire aux lèvres. Le serpentard était l’exacte réplique d’un ancêtre à lui dont on ne voulait lui donner le nom. Comme son père, ses colères étaient noires, mais comme son grand-père, il était d’un honneur sans faille. Comme tous les siens enfin, une aura sombre s’étendait autour de lui, une aura propre à tous les Grey, un voile sombre de mort à l’aspect de corbeau noir.

« Il attends devant le portail. Le chien l’a remarqué. »

Symphony hocha la tête, et finalement se regarda dans la glace. Même sans aucune fioriture, Donatello et Raphaël se seraient mis à genoux devant son air de pythie grecque. Ses yeux bleus ressortaient étrangement bien soulignés de khôl noir alors que son sourire rose ajoutait un peu de douceur à un visage pâle. Deux petites tresses sur les bords du visage se reliaient à l’arrière de sa tête, maintenant sa tignasse à peine dressée, à demi-docile. Pour tout habits, elle portait un t-shirt ample, couleur de nacre, tombant sur le bas de ses hanches, cousu par les petites mains de l'Atelier Féerique de Paris, atelier aussi célèbre par son nom que par son talent d'oeuvrage, et un short de jeans sortant de chez Weston&Wist, le célèbre duo de magiciens, comme seul bas, laissant apparaître des jambes aussi longues que parfaites, sans le moindre plis, sans la moindre égratignure. Perchée sur ses talons fins mais petits, elle avait l’air d’une femme d’affaire. Pour autant, elle n’était qu’une enchanteresse de plus sous le Pont de Londres, et ce n’était pas des habits très traditionnels. Aucune soie, aucun satin; que du jeans et du synthétique qui, quoi que griffé, n’en restait pas moins à première vue hors des sentiers tracés par la machine aristocratique.
Qui avait dit qu’il fallait se plier à toutes les volontés ?

Elle attrapa son sac à main et regarda les enfants. La bonne était arrivée, celle que Symphony avait engagé pour alléger les épaules de sa mère. Comme la musicienne sortait du bâtiment, un petit cortège curieux et étrange la suivait. Tout pendant qu’elle marchait, la bonne était à côté d’elle, presque à la même hauteur, titubant pour mieux écrire sur le papier d’un petit calepin avec sa plume à papotte toutes les instructions données par la jeune femme.

« Surtout n’oubliez pas de faire les leçons avec Avalon, il ne faut pas qu’il rate encore une session, et s’il se cache, alors punissez-le sévèrement. Mettez-le au coin pendant deux heures s’il le faut, mais il faut absolument qu’il avance pour la rentrée qui arrive bientôt. Quant à Cymbeline, j’ose espérer d’elle qu’elle range ses affaires car son armoire n’est même plus regardable... »
« Mais Symph’...! » piailla la gamine.
« Je ne veux rien entendre, je veux des résultats. »

Au loin elle le vit. Son expression ne changea pas, mais son coeur se chamboulait toujours un peu à l’apercevoir, encore plus quand elle savait qu’elle allait se retrouver en tête à tête avec lui. Tout d’un coup elle regretta le short extravageant et le t-shirt trop long. La prochaine fois, Symphony, on optera pour une robe. Une robe longue. Une robe longue, c’est parfait.

« Restez sages et soyez au moins obéissants. Si jamais quand je rentre, j’entend dire quoi que ce soit, j’en connais qui iront sitôt à la poivrière. »

Le regard de la jeune femme appuya nettement sur Aloysius qui fit une petite révérence d’au revoir sans un mot. Le petit cortège s’arrêta là, à deux, trois mètres peut-être de la grille qui s’ouvrit quand Symphony approcha. Le grincement insupportable lui rappela que cela faisait bientôt dix ans qu’ils ne l’avaient pas graissé. Que ça devrait être fait. Ca aussi, elle devrait s’en charger. Elle repoussa une mèche de cheveux derrière son oreille, posant enfin son regard sur Calixte, inspirant profondément, faisant une petite révérence :

« Puisse-tu me pardonner mon horrible retard Calixte. J’ose espérer que mes habits sont assez convenables pour... pour l’endroit où nous allons.. »

Elle se mit à fantasmer l’endroit, imaginant un moment un lac désert et silencieux mais magnifique, une montagne, ou alors son pire cauchemar - la maison des Mustang. Plutôt mourir que d’aller cette race de traitre ! … d’ailleurs, pourquoi avait-elle accepté déjà ?


 
MessageSujet: Re: A Long Sweet Ride Home   
Sam 10 Aoû - 12:27


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Calixte Mc Swann
Il la vit arriver de loin dans un son petit short de rien du tout. C'était la première fois qu'elle le retrouvait dans une tenue aussi décontractée depuis la chute de Voldemort. Généralement il avait toujours droit à de longues robes ou des jeans à la coupe parfaite et bien sage. Parfait gentleman, il ne fit cependant aucun commentaire et ne la dévisagea pas outre mesure. Ça ne se faisait pas et vu le caractère de la demoiselle, mieux valait s'abstenir de passer en plus pour un pervers. Elle n'avait pas non plus besoin de savoir tout ce qui lui passait par la tête.

« Puisse-tu me pardonner mon horrible retard Calixte. J’ose espérer que mes habits sont assez convenables pour... pour l’endroit où nous allons.. »
« Je t'aurais plutôt recommander des bottines mais nous nous arrangerons. », fit-il en ouvrant la portière.

Elle s'installa à côté de lui et la voiture démarra. Calixte était un fou de vitesse en voiture mais pour une fois il se contenta de voler à une vitesse relativement modérée. Il n'avait pas l'intention d'en dire plus sur leur destination. Ce qui était sûr c'était qu'il ne prenait pas la direction de la ville. La campagne anglaise filait au dessous d'eux en coups de pinceaux vert tendre. Bientôt ils arrivèrent en vu d'un paysage de collines. Là, Calixte leva le pied et amorça une descente.
Il offrit sa main à Symphony pour qu'elle descende et la conduisit vers un charmant petit bosquet où les attendait un palefrenier et deux palefrois scandinaves à six pattes. Les chevaux étaient d'une grâce infinie avec leurs membres plus fins et plus élancés que la moyenne. Calixte se dirigea vers le plus robuste des deux, un étalon à la robe noir pangaré tandis que le palefrenier - dont l'élégance était remarquable d'ailleurs - menait le cheval à la robe champagne ambre vers Symphony pour lui offrir un étrier.

« Je serais curieux de savoir ce à quoi tu t'attends à présent. », lança Calixte d'un ton plutôt enjoué.

Une balade à cheval et ils arriveraient à destination sur les coups de midi, précisément pour le déjeuner. Mais cela, Symphony n'avait pas encore besoin de le savoir.

Le palefrenier s'effaça, transplanant vers leur destination dans une courbette respectueuse.

« Faut-il que je fasse apporter des bottines ? », demanda-t-il, toujours soucieux du confort de la demoiselle.

Il n'entendait pas que cette promenade se fasse dans le silence quitte à l'entretenir de tout et de rien comme il faisait souvent quand elle avait décidé de ne pas lui décrocher un mot. Il gageait cependant qu'il n'aurait pas à le faire cette fois-ci puisque Symphony semblait plutôt bien disposée. Elle avait accepté de venir sans faire d'histoire, bien que probablement parce qu'elle s'y était sentie obligée. De son côté Calixte entendait bien lui faire réellement passer une bonne journée, et mieux, lui faire oublier un temps son quotidien qu'il n'imaginait fait que de tâches rebutantes qui ne convenaient guère à une lady.

Adolescent, il avait imaginé qu'elle serait comme le trésor du chateau Mc Swann. Il l'aurait alors couverte des mille choses précieuses et rares et aurait céder à ses moindres caprices. Leurs nombreux enfants auraient été la quintessence de la perfection. Et Symphony serait restée éternellement belle et heureuse tant rien ne lui aurait jamais pesé dans son existence.

Devenu adulte, il se rendait compte à quel point cette vision des choses était ridicule mais il gardait une certaine tendresse pour ce rêve, qu'un gamin pourri gâté, trop couvé pour se rendre compte de ce qu'était la vraie vie , avait pu caresser un jour.




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MessageSujet: Re: A Long Sweet Ride Home   
Lun 12 Aoû - 4:50


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Lady Symphony Grey



Calixte et Symphony avaient toujours été sur la même longueur d’onde quand il était question de beauté, et surtout d’achats. Le cabriolet bleu la fit sourire sans pour autant le montrer, et ses yeux glissaient par habitude et réflexe sur les habits qu’il avait choisi. L'élégance mêlé de classicisme, un brin droit quoi que décontracté. L’étrange paradoxe de leur relation était quelque part là : lui et elle étaient fait l’un pour l’autre, véritablement et indéniablement, n’importe quelle voyante les aurait vu ensemble, n’importe quel ami en aurait ri, et autant ils étaient des alter ego indéniables, autant ils se repoussaient. Tout du moins le faisait-elle. Elle ne l’avait fait qu’une seule fois. Elle avait osé une seule fois le fixait de ses yeux noirs, triste comme une biche blessée, enragée comme une lionne, et l’avait même crié. “Non”. C’était ce mot qui avait creusé le fossé entre lui et elle. Elle le regrettait parfois, puis d’autres fois, James lui rappelait les mots qu’il se répétait à lui-même au fin fond de sa cellule : honneur, dignité, loyauté. Aucun de ces mots ne s’accordaient avec le jeune homme, et les trois sied au contraire à la jeune fille. C’était tout le tragique de la situation.

« Je t'aurais plutôt recommander des bottines mais nous nous arrangerons. »

Elle repoussa une mèche de cheveux derrière son oreille, jetant un regard aux enfants qui s’éloignaient déjà, jetant des regards curieux à ce drôle de rendez-vous dont ils ne pensaient rien mais raconteraient tout. James allait être furieux. Elle cilla un instant, et finalement monta docilement dans le cabriolet bleu ciel, s’attachant. Son regard passa furtivement sur la figue de Calixte.
Les choses auraient été plus faciles s’il avait ressembler à son cousin. Il aurait été plus facile de se détacher de lui s’il avait ressemblé à un petit porcelet... ou s’il était tout simplement mort durant tout ce temps. Il aurait été son héros. Mort, oui, mais la chaire n’est que chaire. Quand elle n’est plus là, il ne reste d’un homme que ses faits, et que dirait-on d’un homme qui a vendu ses frères pour se sauver ? Elle détourna le regard sitôt qu’elle eut comprit que tout ce temps, plonger dans le même dilemme, l’éternel même dilemme, elle était restée à le regarder, à observer le profil de son visage adorable.
Dehors, la campagne montrait ses plus beaux atouts. L’herbe couleur d’émeraude brillait sous les feux du soleil. La moisson allait bientôt commencer. Dès août, les tapis de verdure deviendraient bruns avant d’être rouler, de quoi donner du foin et de la luzerne aux bêtes pendant l’hiver. De toutes les saisons, le printemps était sa saison préférée. Le soleil ne marquait pas si fort la peau, les températures étaient plus douces aussi, comme le baiser d’une mère sur le front blanc d’une enfant, aussi fort que ça, aussi bon aussi.

Quand la voiture commença à se rapprocher du sol, elle sortit de nouveau de ses pensées, avec un sourire doux sur les lèvres, ni trop présent, ni trop forcé. Sincère, comme elle l’était trop souvent sans doute pour entretenir de grands liens avec la population magique en général. Elle prit la main de Calixte, hésitante puis sûre d’elle, pour sortir de la voiture. Ses yeux firent le tour des environs, de ses beaux yeux émerveillés quand elle reconnaissait dans la nature les traits d’une nature morte, ou mieux, d’une scène impressionniste, ces beaux paysages piqués de couleur vive rappelant le fauvisme, avec tout le romantisme d’un Musset. C’était beau à en mourir, et pour autant personne n’en mourrait.
Elle suivit son ancien promis sans un mot, dans le silence religieux de celle qui découvre. Sa passion doucement se nourrissait d’un lieu si divin et enchanteur à la fois, ravie, elle qui pressentait pourtant la dernière des journées qu’elle aurait voulu passer pour aujourd’hui. Bien sûr elle était mauvaise langue, mais qui ne l’aurait pas été à sa place ? Elle pencha la tête en observant, silencieuse, les étalons à la taille de Sleipnir, offrant au palefrenier son premier regard d’admiration. L’Allemagne avait toujours eu un charme particulier sur la jeune fille; sans doute que Wagner aidant, elle s’y était plus intéressée qu’à sa propre culture, se consacrant tantôt à l’histoire, tantôt aux mythologies et aux contes que l’on racontait aux enfants. L’Allemagne regorgeait de tout ça, mais elle regorgeait aussi de bien pire, comme Sven Mustang en était la parfaite incarnation.
L’idée lui tira un sourire amusé.

Cela faisait longtemps qu’elle n’avait plus grimper sur le dos d’un équidé. Non pas par peur, mais le temps lui manquait atrocement depuis la mort de son père. Le travail et les enfants lui rongeaient la majorité de ses journées, ce à quoi se rajouter une correspondance assidue avec Brivael et James ses frères, et la gestion de ses affaires le restant du restant.

Pour la première fois depuis des mois elle réussissait à se sortir de cette bulle étouffante et rassurante à la fois, comme l’enclume.

Elle prit les rennes, posa un pieds dans l’étrier et d’un geste à la fois souple et habituée monta sur la selle de la bête. Elle était bien haute du ciel, mais le vertige n’était pas quelque chose que la jeune fille connaissait. Elle jeta un sourire au palefrenier comme pour l’assurer d’être à l’aise sur la bête immense.

« Je serais curieux de savoir ce à quoi tu t'attends à présent. »
« Je n’aurais jamais imaginer tout ceci, alors je n’ose imaginer le reste... » Son sourire était doux. Pour une rare fois, pour un rare moment, ses yeux ne jetaient aucun éclair : « Tu me surprends Calixte. Espérons que la suite soit à la hauteur. »

Son petit minois mutin n’avait rien de celui que l’on voyait d’habitude. Peut-être était-ce le fait qu’ils furent en tête à tête ? Ou le fait que James était bien silencieux ces temps-ci ? Depuis plus d’une semaine, les rares lettres qu’il lui faisait parvenir étaient maigres de nouvelles et de sentiments. Il était affaibli. Il était aigre. Mais avait-il été en huit ans heureux une fois, même d’une petite compensation ? Non. Même sans détraqueur, Azkaban restait Azkaban, et on ne pouvait pas nier qu’il fallait déjà une certaine force pour continuer à garder l’envie de discuter avec l’extérieur une fois dedans.

« Faut-il que je fasse apporter des bottines ? »
« Non, ne t’ennuies pas pour ça, ça ira. »

Elle donna un petit coup au flanc de la bête; l’étalon immense se mit à suivre au trot seulement le cheval de Calixte, à la même hauteur. Ses pas étaient distingués, ses sabots se plantaient bien droit dans le sol comme s’ils étaient dans une représentation étrange. Elle flatta son encolure, laissant se détendre la pauvre créature. Elle reposa ses yeux sur son ami d’enfance, d’une curiosité qui elle ne s’était jamais érodée :

« J’imagine que si tu je te pose des questions sur la suite de notre sortie, tu ne m’en diras pas un mot, mh ? » Ses yeux étaient clairs, brillants de milles petites étoiles, alors qu’elle regardait autour d’elle, avide de découvrir les secrets de ces endroits où il la menait.

« Tu en fais exprès. Tu étais déjà comme ça quand nous étions jeunes. Parfois je me demande comment tu peux encore me surprendre alors que je te connais aussi bien que tu me connais, et tu ne te trompes jamais... Dis-moi que tu as recours à une voyante, au moins une, ça me rassurera un peu quant à mes compétences d’anticipation. »

Son sourire adorable bordait son visage d’enfant. Un sourire qui aujourd’hui était aussi sympathique qu’un chat contre le coeur de son maître, les pattes toutes de velours.

 
MessageSujet: Re: A Long Sweet Ride Home   
Lun 12 Aoû - 21:39


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Calixte Mc Swann
« Je n’aurais jamais imaginer tout ceci, alors je n’ose imaginer le reste... Tu me surprends Calixte. Espérons que la suite soit à la hauteur. »
« Pour la suite je compte bien T'accrocher au firmament avec les autres étoiles. », répondit-il avec le sourire large et triomphant d'un enfant.

C'était le sourire de Symphony qui lui donnait des ailes. Il ne savait pas si c'était des ailes de chauve-souris et d'ange mais il savait qu'avec il pouvait soulever des montagnes. Il n'en fallait pas beaucoup pour changer l'homme d'affaire sérieux et respectable en ce galant cavalier aux humeurs amoureuses.

Adolescent, il lui avait souvent fait le jeu de la séduction quand bien même il n'avait jamais eu aucun doute sur le fait qu'elle serait sienne un jour prochain. Si Symphony avait jamais prêté attention à ce prétendant assidu, elle le reconnaîtrait peut-être là sous des manières moins entreprenantes mais toutes aussi charmantes.

Elle se mit en selle, parfaitement à l'aise et élégante bien qu'elle n'eut pas été chaussée pour une balade à cheval.

« J’imagine que si tu je te pose des questions sur la suite de notre sortie, tu ne m’en diras pas un mot, mh ? », le sourire de Calixte s'élargit, teinté de malice, « Tu en fais exprès. Tu étais déjà comme ça quand nous étions jeunes. Parfois je me demande comment tu peux encore me surprendre alors que je te connais aussi bien que tu me connais, et tu ne te trompes jamais... Dis-moi que tu as recours à une voyante, au moins une, ça me rassurera un peu quant à mes compétences d’anticipation. »
« Une voyante! Tu en dis de vilaines choses lady Symphony. C'est à cela que tu m'imagines passer mon temps quand tu n'es pas là ? Jouant des gallions avec des bohémiens ? », là dessus il piqua des deux, joueur, et son cheval partit d'un galop soutenu devant celui de Symphony.

Il aurait été dommage de monter de si magnifiques créatures et de ne pas leur laisser profiter des belles étendues de verdure...



Leur course se termina sur un petit chemin de sable stabilisé en pente douce. Un charmant muret de pierre les accompagna jusque sur les rives d'un lac sur lequel les chevaux s'engagèrent sans la moindre difficulté. Ils laissèrent à leur côté un cortège d'onze cygnes. Tous étaient noirs, un seul, superbe au milieu de tous, se lovait dans un magnifique panache de plumes blanches.

Au devant d'eux, une charmante maison de campagne et des chênes centenaires pointaient leurs houpiers. Calixte retourna un regard curieux vers Symphony, pour savourer l'enchantement sur son beau visage.



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MessageSujet: Re: A Long Sweet Ride Home   
Mar 13 Aoû - 5:21


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Lady Symphony Grey


« Pour la suite je compte bien t'accrocher au firmament avec les autres étoiles. »

Le sourire ravissant de la jeune fille se tinta d’une légère note d’amertume. Elle aurait aimé lui répondre sur le même ton, romantique et douce comme parfois elle écrivait dans son petit cahier à la reliure abîmée, celui qu’elle cachait dans un coin de sa chambre, coincé sous le bois de son bureau d’adolescente, pour autant, elle n’en fit rien. Elle n’avait pas le droit.

Elle s’était évertuée des années durant à ne lui donner aucun espoir, s’obligeant parfois même à n’être pas plus qu’une peste, à ne poser son regard sur lui que pour lui signifier que quoi qu’il puisse faire, elle n’en ferait rien. Ses années étaient autant de souffrances et de colères qu’elle n’aurait jamais eu si les choses avaient été différentes.
C’était ce qu’elle se disait souvent. Si seulement si. Mais le présent ne se vit pas ainsi. Il ne se nourrit pas des remords et des regrets, mais seulement des faits et des gestes qui formeront le futur. Le présent n’aime pas la laideur des souvenirs, ou l’embellissement de la mémoire. Il ne connaît ni nostalgie, ni anticipation. Il ne connaît que la famine du coeur qui n’a pas réussi à manger à sa faim quand il en était encore temps.

Par la force des choses, le coeur avait oublié la faim, avait oublié ce que c’était que d’être repût de beaux sentiments. Ne restait alors qu’un escarre sale à la place du myocarde, et un caractère à en faire pleurer les verts gallois du Gloucester.

« Une voyante! Tu en dis de vilaines choses lady Symphony. C'est à cela que tu m'imagines passer mon temps quand tu n'es pas là ? Jouant des gallions avec des bohémiens ? »

Un petit rire pointa son nez, mais il fut effacer par le galop des huit pattes fortes de la bête. Joueuse en ce jour, elle le suivit et d’un petit coup du talon dans le flanc de l’équidé, elle rattrapa assez rapidement le cavalier, mais ses yeux n’étaient déjà plus sur lui mais sur le petit vallon qui installait plus bas les alentours d’une demeure de campagne, une demeure somme toute charmante à l’oeil. Les contours de la grande maison était plus accueillant pour autant, plus poétique, comme des cygnes étaient là, une petite horde véritable de onze beaux spécimens, mais un seul blanc. Ne se sentait-il pas un peu rejeter ? Elle pencha la tête, son minois curieux fixant la petite chose, pour finalement détourner le regard, se concentrant de nouveau sur le chemin qu’empruntait son guide.

« Et tu vas me dire que tout ça a toujours été ainsi, et que rien n’a été préparé à l’avance ? » La jeune fille tira légèrement sur les rennes, faisant ralentir le cheval sur ses huits pattes. « C’est un joli décor de vieilles cartes postales. Je ne savais pas que les McSwann avait une demeure si jolie. Tu devrais emménager ici, c’est plus accueillant que le vieux manoir de Manfred entre nous.. »

Pour une rare fois, son ton n’était pas cinglant, mais reposé, comme un vrai conseil. Elle caressait des yeux l’horizon et le soleil qui s’élevait de plus en plus haut dans le ciel, près de son zénith.




- SYMPHONY Aubade GREY -
Avec ses vêtements ondoyants et nacrés, Même quand elle marche on croirait qu'elle danse, Comme ces longs serpents que les jongleurs sacrés Au bout de leurs bâtons agitent en cadence.
merci ♥ silver lungs

 
MessageSujet: Re: A Long Sweet Ride Home   
Mar 13 Aoû - 11:39


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Calixte Mc Swann
Calixte aimait voir en les cygnes de ce lac, une allégorie de son mariage avec Symphony, le cygne noir étant l'emblème de la famille Mc Swann. D'autant que le cygne blanc s'associait le plus souvent à un des autres cygnes, toujours le même à ce qu'il avait pu voir. Bien sûr, les membres de la famille Mc Swann telle qu'elle était actuellement été surpassés par le nombre des cygnes censés les représenter. Mais ça n'était qu'un point de détail dont Calixte se souciait peu.

« Et tu vas me dire que tout ça a toujours été ainsi, et que rien n’a été préparé à l’avance ? C’est un joli décor de vieilles cartes postales. Je ne savais pas que les McSwann avait une demeure si jolie. Tu devrais emménager ici, c’est plus accueillant que le vieux manoir de Manfred entre nous.. »

Il était vrai que cette maison de campagne n'avait rien de commun avec le manoir des Mc Swann. Calixte se mit au pas, chevauchant aux côtés de Symphony tandis qu'elle découvrait les splendeurs du parc.

« Tu serais surprise Symphony. J'ai fait la découverte de cette maison de campagne il y a peu en faisant l'inventaire du patrimoine de Manfred et, si ce n'est les rénovations que j'ai dû y faire, tout était exactement tel que tu le vois aujourd'hui. Jusqu'au personnel d'ailleurs. »

Un couple de paons blancs s'envola sur leur passage dans un froissement d'ailes feutré.

« Sur le papier cette maison appartient toujours à une certaine lady Mc Swann que je n'ai pas pu identifier compte tenu de l'état des papiers... », il posa pied à terre comme ils arrivaient sur un immense parvis de gravier blanc, immédiatement, les gens de maisons vinrent les débarrasser avant de disparaître. « Elle lui a été offerte au tout début de son mariage avec - je présume - l'un de mes ancêtres pour qu'elle s'y sente chez elle en tant que Mc Swann. La première fois que j'ai visité cette propriété, il m'a semblé qu'elle avait été faite pour toi...», conclut-il en lui ouvrant la porte avant de s'effacer pour la laisser entrer dans un petit intérieur coquet. Tout n'était qu'argent, or blanc, bouquets de fleurs champêtres aux fragrances délicates et linges de maison fins. Le parquet, couleur de miel, buvait la lumière que les fenêtres déversaient dans la maison.

Il la conduisit vers le grand salon où l'on avait abattu le mur du fond pour intégrer un petit théâtre de verdure sous verrière. La transition entre la pierre brute des pavés et la pelouse parfaitement entretenue était du plus bel effet. On s'imaginait sans mal une petite formation de musique de chambre s'installer sur les degrés couverts de mousse.

Calixte continua la visite tout en expliquant que la maison n'avait pas eu âme qui vive depuis probablement la fin du 19e à en juger par la décoration. Quand il y était entrée la première fois, tout était couvert d'un épais tapis de poussières et les serviteurs dormaient debout comme s'ils avaient attendus là des siècles durant - ce qu'ils avaient vraisemblablement dû faire. Il la mena ensuite vers une chambrette adorable où l'on avait explosé toutes sortes d'instruments de musique précieux, que lui même ne connaissait pas mais qu'il avait fait estimé et expertisé. Il y en avait pour une fortune mais il n'en dit pas un mot. Certains étaient ensorcelés. D'autres avaient depuis longtemps été oubliés.

Calixte s'effaça, pour laisser à Symphony ce moment pour elle seule car il lui semblait qu'elle seule pouvait l'apprécier à sa juste valeur.

« Je t'attendrais au petit salon... », annonça-t-il avant de la laisser.







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Mar 13 Aoû - 20:15


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Lady Symphony Grey


Elle l’écoutait, et son regard nourrissait une certaine admiration malgré tout. Il avait beau être un traître comme disait souvent James, il avait aujourd’hui plus qu’il n’avait hier, et pour une jeune fille qui avait été élevé avec les notions de patrimoine, tout ce qui se baladait dans ce parc, de la verdure aux arbres, du paon aux cygnes, des quelques fleurs qui décoraient la pelouse parfaitement gardée. Tout était si beau, si idyllique... Comme une vie qu’elle avait effleuré en rêve plus jeune. Il ne manquait qu’un ou deux enfants au tableau, et une bague au doigt. Tout ça ne tenait pourtant qu’à elle, et elle le savait.
Pour autant, elle ne dirait jamais “oui”. Une peur atroce et incommensurable la tenait hors de toutes les portées, et jamais Calixte n’aurait ce qu’il faudrait pour pouvoir faire tomber la muraille qu’elle s’imposait. Car ce n’était pas de l’argent, ni de la beauté qu’il faudrait pour ça.

« La première fois que j'ai visité cette propriété, il m'a semblé qu'elle avait été faite pour toi... »

Elle eut un sourire charmé, passant la première comme il lui ouvrait le passage. La maison était belle, toute de lumière, bien différente même du Manoir de ses parents. Cela lui inspirait le changement, mais aussi l’harmonie la plus pure et la plus totale. Des couleurs si claires étaient osés, surtout dans un manoir aussi excentré. Il ne ressemblait en rien aux époques victoriennes et devait remonter à plus ancien encore, ou alors plus moderne ? Elle n’en savait rien mais était ravie d’avoir à passer une partie de sa journée dans un bâtiment si beau, aux allures de château.

Symphony était sage aujourd’hui, et elle écoutait attentivement tout ce que Calixte pouvait lui dire, lui narrer sur l’histoire de cette demeure. Son attention se perdit cependant dès qu’elle eut aperçu les instruments, tous de très grandes valeurs car elle ne doutait pas du bon goût de Calixte en la matière, car il était de ces hommes qui ne veulent jamais dépenser “si peu cher”.

« Je t'attendrais au petit salon... »

Elle lui jeta un petit regard paniqué, tout d’un coup. Pourquoi ? Elle eut un sourire gêné, en coin, comme si elle cherchait à le dissimuler mais son visage était un livre ouvert quand il s’agissait de cacher ce qui était le plus frappant.

« Tu ne veux pas... écouter ? Un morceau ? »

Ses doigts se portèrent naturellement sur un violon, sans doute car à comparaison celui lui évitait une position inconfortable avec un Viole, et passa de la chlorophane sur les cordes, à peine à vraie dire car elle ne sait pas encore comment il sonne. Elle l’ajuste sur son épaule, silencieuse, puis pose de nouveau ses yeux céruléens sur le jeune homme, un sourire sincère sur le visage :

« Je ne te garantie rien surtout, ça fait quelque temps que je n’ai pas retouché à un violon. J’apprends le piano à Avalon en ce moment. » Un sourire mutin se dessina, comme elle essayait quelque note. Le son était merveilleux. Tantôt chaud comme du velours, tantôt glissant comme le satin. L’homme qui avait possédé ce violon avant avait du gratté plus de corde contre lui qu’elle n’en aurait jamais fait d’elle-même avec les enfants. « Ne te moque pas, surtout. »

Elle tapa deux fois avec son pieds, et sa main commença. Quelque chose d’entraînant, quelque chose de doux aussi, tout comme son humeur, la chansonnette commençait lentement. Ça avait des airs arabes, des odeurs d’encens et la bise doucement caressait. Le violon se mit à frotter un peu plus vite ses cordes, à s’échauffer, et le son montait, montait, plus rapide, dans un rythme soutenu, mais toujours léger, jamais essoufflé. Elle fermait les yeux et sa tête penchait légèrement un peu plus. Le bruit des sabots, elle l’entendait, pinçant à peine le bout des cordes du crin d’abraxan dont était fait l’archer. Elle imaginait bien les cymbales, et c’était bien les cymbales qui, ensorcelées, s’étaient mise à frapper au bon moment, au bon endroit. Le sourire de la joueuse sembla s’élargir et elle accéléra de nouveau. Son violon jouait, mais en duo avec l’être invisible derrière les cymbales, c’était encore mieux.
Enfin elle laissa se rendormir les instruments, les frottements se firent plus doux, plus bas, et finalement elle rouvrit les yeux et décolla son menton de l’instrument. Le crin quitta son amante. Ce n’était que le temps d’une chanson. Que le temps d’une Bacchanale de Saint-Saëns. Son préféré avant Wagner.

« Tu as un orchestre dans cette maison ? Autant d’instruments qui prennent la poussière, c’est assez triste. »

Aucune arrière pensée, mais il était vrai qu’avant d’être enchanteresse, elle était tout comme Circé une joueuse de musique avec un don véritable.


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Sam 17 Aoû - 15:38


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Calixte Mc Swann
Comme il l'avait escompté, Symphony se trouva tout de suite dans son élément dans cette maison de campagne. Calixte lui-même avait été étonné de découvrir une telle curiosité dans les propriétés de sa famille. C'était si peu... Mc Swann. Le vieux Manfred ne semblait pas avoir connaissance de cet endroit et, quand son petit fils l'avait évoqué avec lui il avait vaguement marmonné quelque chose, témoignant très peu d'intérêt à la conversation.

Elle lui proposa de rester pour l'écouter jouer, ce qu'il fit avec grand plaisir. Calixte n'avait pas pour la musique l'amour qu'il portait à Symphony. Il aimait s'entendre jouer les grands auteurs de temps à autre, fermant les yeux en se la figurant elle, jouer pour lui. Il lui avait toujours trouvé quelque chose de romantique quand elle couchait son doux visage sur le corps d'un violon. Pour lui, Symphony était une de ces muses, tout droit descendue de l'Olympe, inaccessible, magnifique, unique et précieuse. Bien sûr, il ne partagea rien de tout cela avec la musicienne, se contentant de la regarder, adossé à l'encadrement de la porte.

« Ne te moque pas, surtout. »

Les bras croisés sur son torse, Calixte eut un sourire amusé. Pourquoi diable se moquerait-il? Et quand bien même elle lui aurait donné matière à rire, il n'en aurait rien fait. Pour une fois qu'elle semblait apprécier un moment en sa compagnie... Les instruments s'animaient autour d'elle comme si eux aussi avaient trouvé une muse chez Lady Symphony Grey. C'était encore plus ravissant que tout ce que Calixte avait pu imaginer et plus il la regardait, plus il la désirait. Elle serait son épouse, un jour, quoiqu'il ne voyait pas encore comment il accomplirait cet autre petit miracle.

« Tu as un orchestre dans cette maison ? Autant d’instruments qui prennent la poussière, c’est assez triste. »
« J'espérai un peu qu'une musicienne séduite y serait revenue d'elle-même... », confessa-t-elle avec une petite lueur espiègle dans le regard, « Tu pourrais avoir des moments à toi ici. Je te laisserai un double des clés et toi tu ramènerais un peu de vie dans cette jolie maison de campagne. Nous les Mc Swann ne sommes pas fait pour faire prospérer des choses aussi délicates. »

Il espérait qu'elle accepte son offre, pas seulement pour se donner d'autres occasions de tête-à-tête, mais sincèrement parce qu'il pensait que cet endroit avait été pensé pour quelqu'un comme elle. Il ne l'avait pas emmenée à l'étage, où des chambres avaient été prévues en nombre, sûrement pour des enfants à venir à en juger par la décoration. Inutile de lui faire peur, elle était déjà bien assez farouche.


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Dim 18 Aoû - 4:14


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Lady Symphony Grey


Quand elle jouait, elle oubliait tous ses soucis. Il ne restait plus qu’elle et son instrument. C’était à l’époque sa seule consolation dans la poivrière. Plus tard, ça avait été la seule chose qu’elle avait trouvé de beau à l’enterrement de son père. Tragiquement beau.
Aujourd’hui, ses doigts n’avaient pas oublié le contact de l’archer, ni son oreille le bruit des cordes frottées, mais à vraie dire, ça lui avait manqué. Horriblement manqué.

« Tu as un orchestre dans cette maison ? Autant d’instruments qui prennent la poussière, c’est assez triste. »
« J'espérai un peu qu'une musicienne séduite y serait revenue d'elle-même... Tu pourrais avoir des moments à toi ici. Je te laisserai un double des clés et toi tu ramènerais un peu de vie dans cette jolie maison de campagne. Nous les Mc Swann ne sommes pas fait pour faire prospérer des choses aussi délicates. »

Elle le fixa, et eut un sourire amusé, en coin. Son sourire pour autant était pauvre, piètre simulacre de ce qu’il aurait du être si elle n’avait pas toute cette pression sur les épaules. Ses doigts s’emmêlèrent les uns au autre une fois le violon posé, et sa voix pour une rare fois se serrait dans sa gorge. Elle se sentait horriblement mal. Autant pour lui que pour elle, mais sans doute plus pour lui.

« C’est très gentil, Calixte. C’est une maison si... si charmante, et tu as déjà fait tellement de chose pour nous... pour moi... »

Elle se piquait de le croire tout du moins, et c’était bien parce qu’elle savait qu’il faisait toujours ce genre de chose qu’elle n’aimait pas le croiser. Elle se sentait toujours redevable. Sans doute qu’elle avait finit par croire dur comme fer que recevoir de l’aide était avilissant, que seuls les faibles en avaient véritablement besoin. Elle n’était pas faible Symphony. Blessée par la vie, mais pas faible.

« Mais... » Elle sembla déglutir, difficilement. Son regard était un peu fuyant. « Tu ne devrais pas être aussi adorable avec moi. Je n’ai pas été tendre dans le passé, et, si ça me touche vraiment - je suis vraiment reconnaissante de tout ce que tu as fait - je me sens autant mal à l’aise car je... je te suis tellement redevable, et je ne pourrais jamais rien t’offrir qui n’est de... qui ne soit de valeur équivalente. Ça me gêne, ça me met horriblement mal à l’aise, et... »

Elle se montrait maladroite, horriblement maladroite pour la première fois de sa vie sans doute, comme les choses allaient trop vite pour elle.
Elle releva la main, pour dissimuler quelques instants un visage devenu trop rouge sous la pression qui remontait de nouveau. Elle perdait rarement pied, mais il fallait bien que ça arrive parfois.

Elle inspira profondément et finalement se calma. Peut-être qu’elle devenait folle ? Sans doute. Calixte devait bien en avoir d’autres, des filles. Peut-être qu’il ne faisait ça que par pitié. Etait-ce pire ? Elle l’ignorait, mais dans tous les cas, c’était humiliant.

« Je ne peux pas accepter un double des clés. Je...Je reviendrais volontiers, mais uniquement si tu m’y invites, et si tu es là. Ce sera plus... » elle chercha un mot, et l’image de James s’imprimait. Il aurait été contre celui qu’elle allait choisir, mais il n’était pas là - fort heureusement pour eux : « … acceptable. Je ne suis pas sûr qu’il soit bon pour toi que des rumeurs ne traînent sur nos comptes. Cela fait fuir les parents de bons partis, des hommes volages. »

Elle se déchargeait toujours du futur comme ça. C’était sa méthode, sa technique. Elle ne se sentait pas concerner. Elle ne devait pas se sentir concerner. Elle devait chasser tout ça, le lançait aux pâtures aux autres, plus jolies, plus riches qu’elle. Elle, elle ne pouvait pas. Elle ne pourrait jamais.
Mais au moins, pour une fois, ce n'était pas avec colère qu'elle parlait, mais avec cette gêne toute féminine, toute nouvelle.




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Dim 18 Aoû - 18:32


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Calixte Mc Swann
« C’est très gentil, Calixte. C’est une maison si... si charmante, et tu as déjà fait tellement de chose pour nous... pour moi... »

Pour elle. L'essentiel de tout ce que faisait Calixte aurait pu se résumer à ces deux mots. Pour. Elle. Il n'avait jamais vraiment su s'il en était tombé amoureux parce qu'elle lui avait toujours été destinée par leurs pères ou si elle lui avait été destinée parce que justement il aimait tout d'elle. Jusqu'au moindre petit caprice. Jusqu'à ce non détestable qu'elle lui avait déjà jeté à la figure et qui lui avait lacéré le cœur jusqu'à l'âme comme la griffe aigüe d'un chat domestique.

« Mais... »
« Mais... », appuya-t-il non sans une certaine malice. Il fallait toujours qu'elle mette quelque chose entre eux. Une fois c'était James. Une fois l'honneur. Une fois le manque de temps. Une fois sa fierté. Ou tout simplement mais.

Elle se dérobait ostensiblement, ce qui, d'une certaine façon ne la rendait que plus attirante. Il fit un pas vers elle, refusant sans rien dire qu'elle s'échappe encore sous un faux prétexte.

« Tu ne devrais pas être aussi adorable avec moi. Je n’ai pas été tendre dans le passé, et, si ça me touche vraiment - je suis vraiment reconnaissante de tout ce que tu as fait - je me sens autant mal à l’aise car je... je te suis tellement redevable, et je ne pourrais jamais rien t’offrir qui n’est de... qui ne soit de valeur équivalente. Ça me gêne, ça me met horriblement mal à l’aise, et... »
« Symphony... » coupa-t-il, mais elle s'était déjà embarquée dans son argumentaire comme on se jette sur un toboggan, sans possibilité de stopper le train en marche.
« Je ne peux pas accepter un double des clés. Je...Je reviendrais volontiers, mais uniquement si tu m’y invites, et si tu es là. Ce sera plus... », il fit à nouveau un pas vers elle sans vraisemblablement apporter trop de crédit à ce qu'elle lui opposait. Il n'y avait qu'une vérité. Qu'importe les arguments, ils seraient toujours mauvais pour lui mais au final, ils feraient comme elle en avait décidé. Parce que Calixte, pour avoir tous les défauts de la terre, restait un gentleman. Un jeune homme taillé dans une étoffe noble et qui observait encore les traditions de ses ancêtres. Sa discrétion et le respect qu'il savait inspirer dans le milieu de la finance malgré son jeune âge faisait de lui l'un des meilleurs sinon le meilleur parti de Grande Bretagne. Il avait des défauts, comme tout un chacun, mais seuls ses très proches les connaissaient or, ceux-ci se comptaient sur les doigts de la main... « … acceptable. Je ne suis pas sûr qu’il soit bon pour toi que des rumeurs ne traînent sur nos comptes. Cela fait fuir les parents de bons partis, des hommes volages. »

Il laissa retomber le silence, la regardant longuement, droit dans les yeux. Du moins, autant qu'elle le lui permettait. Finalement, il lui releva le menton d'un geste infiniment doux et répondit, sans toutefois libérer le délicat menton qui reposait, aussi léger qu'une bergeronnette, sur son index :

« Je ne crains pas les rumeurs Symphony. Et quand bien même, tu serais surprise de savoir ce à quoi seraient près certains parents pour me voir passer la bague au doigt de leur fille. Il y a des marâtres qui affament leurs filles, les privent de soleil et leur noircissent les cheveux dans l'espoir qu'elles trouvent grâce à mes yeux... », expliquait Calixte presque à mi-voix tandis qu'il redessinait sans vergogne chaque trait du visage de Symphony Grey, caressant une mèche de cheveux sans effleurer sa peau, qu'elle devait avoir si douce. Il eut un petit sourire froid et dépité, « il ne passe pas une semaine sans que je vois un homme passer la porte de mon bureau sous un faux-prétexte pour me rendre contre quelque temps après qu'il a lui aussi une fille à marier et qu'il refourguerait à n'importe quelle condition. Des blondes. Des brunes. Des rousses. Des sottes. Des très belles. Des moins belles. Des petits génies. Dans l'ensemble j'ai pitié de ces filles que l'on n'aime pas assez pour elles et qu'on voudrait trop comparer à Lady Symphony Grey. Je ne suis pas un homme volage, cela Lord Lester le savait. Et c'est le seul parent dont l'approbation m'ait jamais importée. Qu'on médise de moi parce que je suis fidèle à une femme qui ne se lasse pas de m'éconduire ? Ne me fais pas ces yeux-là Symphony. Si je fais toutes ces choses qui te gênent tant, ce n'est pas pour t'embarrasser ou me sentir un quelconque ascendant sur ta famille. Si je les fais c'est parce que je ne suis pas toutes ces images d'homme défectueux que tu essaies de me coller sur le dos pour avoir une bonne raison de me dire toujours non. Je t'aime et je vais t'embrasser. Parce que je t'aime. »

Il la regarda encore un instant dans les yeux, ferme et définitif, comme s'il lui interdisait de se refuser et dans le même temps dans son regard il n'y avait absolument rien d'autoritaire. Doucement alors, il se pencha sur ses lèvres, la serrant dans ses bras comme s'il avait eu peur de la briser.

Jamais avant il n'avait dit je t'aime, cela ne se faisait pas dans leurs grandes familles de sang pur. On ne disait rien. On ne donnait rien non plus. On était que status de marbre, toujours impavides et irréprochables. Calixte en avait fini de ce costume, sans doute parce qu'à force d'essuyer les refus de la douce Symphony, de s'être armé de patience, d'avoir appris des absurdités comme la générosité ou l'humilité, quand bien même il ne les appliquait qu'à la famille Grey, Calixte Mc Swann était devenu l'homme qu'il n'était pas encore du temps de leurs fiançailles. Somme toute, un bien meilleur homme que celui qu'elle avait accepté alors.


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MessageSujet: Re: A Long Sweet Ride Home   
Dim 18 Aoû - 21:05


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Lady Symphony Grey


Chaque pas était une torture, chaque seconde une épée de feu dans la chaire. Elle souffrait de ce monde qui les séparait, uniquement creuser par un être qui lui était aussi cher qu’il ne lui faisait peur. Et il faisait tellement de choses pour passer ce fossé, il y construisait chaque jour un pont à la force de ses mains, au prix de son sang. Quelle honte... Si son père la voyait, sans doute aurait-il honte. Et quelle honte ! Il avait tellement attendu, et elle avait tellement prié pour se réveiller un matin, à seize ans, où tout était encore beau, où tout était encore... bien.
Le silence était la pire des punitions. Elle baissa les yeux mais les releva aussitôt qu’il lui prit le menton entre ses doigts. Ses pommettes prirent la couleur des roses du jardin, de cette petite teinte à demi rosé. Ils étaient proches. Beaucoup trop proches. Elle ravala plus difficilement sa salive, et si ses yeux étaient accrochés aux siens, elle savait bien que quelque chose allait se passer, et que ce quelque chose était grave. Une petite ridule se forma comme elle relevait les sourcils avec cette air de pythie en douleur, prise entre deux étaux. D’un côté il y avait le coeur, de l’autre la raison. Pourquoi faisait-il cela ? criait sa conscience, alors que son sang s’échauffait dans ses veines, détendant toutes ses muscles, et là, entre ses doigts, elle ressemblait à une poupée qui n’avait jamais attendu que ça.

« Dans l'ensemble j'ai pitié de ces filles que l'on n'aime pas assez pour elles et qu'on voudrait trop comparer à Lady Symphony Grey. Je ne suis pas un homme volage, cela Lord Lester le savait. Et c'est le seul parent dont l'approbation m'ait jamais importée. Qu'on médise de moi parce que je suis fidèle à une femme qui ne se lasse pas de m'éconduire ?  »
« Calixte... » sa voix se resserra dans sa gorge, comme toutes ses années - huit ans exactement - elle avait jouer avec lui comme un chat joue avec un souris, non pas pour le blesser, bien que dans la majorité des cas c’était ce qu’elle avait fait, mais bêtement pour le protéger d’une chose qui lui était encore toute étrangère.
« Ne me fais pas ces yeux-là Symphony. Si je fais toutes ces choses qui te gênent tant, ce n'est pas pour t'embarrasser ou me sentir un quelconque ascendant sur ta famille. Si je les fais c'est parce que je ne suis pas toutes ces images d'homme défectueux que tu essaies de me coller sur le dos pour avoir une bonne raison de me dire toujours non. Je t'aime et je vais t'embrasser. Parce que je t'aime.  »

Son coeur rata un battement. C’était rare pour elle de perdre autant sa contenance et de rougir autant qu’une pucelle dans le lit d’un bandit, mais il fallait le dire, c’était sa première fois, en tout point. Son premier baiser, et le premier je t’aime qui n’est jamais comptée.
Ses muscles se contractèrent quand il resserra son étreinte, et ses yeux se fermèrent à moitié. Elle aurait pu - du - le repousser, mais l’instant était fragile, si beau. Il était un cygne qui s’envole sur le lac, et d’ici elle entendait le bruissement de vêtements qui se resserrent, juste le temps d’un baiser. Le contact de ses lèvres la laissa toute drôle. C’était doux, et ce malgré la barbe de son ami. Sa bouche était un temple divin, et sans pouvoir rien contrôler, ses doigts glissèrent sur la veste de Calixte, en serrant les pans le temps de l’échange délicat. Son coeur s’accélérait tout seul, et elle perdait toute sa petite contenance de femme bien éduquée. C’était un autre monde dont elle s’était privée huit années durant, avec la peur au ventre d’avoir rater quelque chose. Cette peur était toute naturelle, car aujourd’hui elle se rendait compte que huit ans durant elle avait raté ça. Sa délicatesse et sa douceur. Elle n’osait penser qu’il avait fait ce genre de chose et de discours à d’autres, car aussi malhonnête selon James fut-il, il ne lui aurait pas mentit. Ce n’était pas un trait de caractère qu’elle lui donnait tout du moins.

Le baiser se rompit naturellement, et le cygne blanc recula son visage, comprenant le méfait. Elle venait aussi bien d’y répondre que d’y prendre goût. Son regard se détourna aussi, les joues brûlantes de honte et de gêne. Bon sang, si tout ça venait à s’apprendre... et pour autant... Elle releva les yeux sur lui, de ce petit minois de chat que Joleene avait avant elle, tentant de se faire parfois pardonner, mais ce n’était pas le pardon qu’elle implorait aujourd’hui. Elle se sentait toute bête d’avoir dit non huit ans, et se sentait encore plus bête de n’avoir rien fait pour le repousser aujourd’hui. Être si proche de lui ne la mettait pas dans ses meilleures dispositions. Il lui faisait perdre tout ses moyens à être trop prêt, avec ce regard-là. Bon sang ! Qu’est-ce que diable il se passait dans son crâne?

« Je... » Elle pinça ses lèvres, y retrouvant le goût et la satisfaction de l’instant éphémère qui venait de s’écouler. « Je.... » Ses yeux se baissèrent avec cette honte qui à force devenait naturelle : « C’est un peu cliché comme phrase... mais... mais c’est bien le problème. Je t’ai... Je t’ai toujours aimé. Petite déjà, adolescente, et... encore aujourd’hui... Dans le fond, j’ai toujours pensé que nous étions fait l’un pour l’autre. Peut-être l’éducation, ou la force de l’habitude... mais nous étions bien enfants, ensemble, pas vrai ? J’aurais certes préféré que tu me demandes plutôt que nos pères ne se mettent d’accord, mais j’étais soulagée dans le fond que ça tombe sur toi... »

Ses doigts se resserrent de nouveau sur le vêtement de Calixte, et finalement, la jeune fille recula, le visage balançant, comme pour oublier. Il le fallait. Ce n’était pas sain. Il n’y aurait aucun futur. Elle recula encore, son pieds renversa le pieds d’une cymbale qui tomba sur le sol. Elle sursauta.
Panique à bord. Qu’est-ce qu’elle venait de dire déjà ? Elle releva le regard, le posa sur Calixte. Il devait sans doute croire qu’elle était folle. Peut-être l’était-elle dans le fond ? Elle se crispa et ses yeux se remplirent de sanglots sans qu’elle n’y comprenne rien. Oh. Non. Elle l’avait fait. Elle l’avait laissé la contaminer avec toutes ses idées, avec tous ses sentiments. S’il l’apprenait, ils étaient fini. S’il l’apprenait.. Non, non. Elle renifla, et ses mains se posèrent sur ses yeux pour dissimuler ses tourments et plus encore.

« Mais on ne doit pas, Calixte. S’il l’apprend... C'est pour toi, que je fais ça. Crois-moi. Si ça ne tenait qu'à moi... »

Sa phrase resta en suspens, la gorge nouée par la trouille, car c’était bien ce qu’elle avait : peur.


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MessageSujet: Re: A Long Sweet Ride Home   
Lun 19 Aoû - 18:52


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Calixte Mc Swann
Elle ne se déroba plus une fois qu'il eût posé ses lèvres sur les siennes. Pour Calixte, c'était comme tenir entre ses bras un petit oiseau de paradis. Peut-être parce qu'il avait eu si souvent envie de prendre ce baiser sans sa permission, comme un gamin espiègle et mal élevé qu'il n'était pas.

Quand ils se séparèrent, tout était sur le visage de Symphony. Les je t'aime silencieux qu'ils avaient tus tant d'années. L'embarras, la crainte, le plaisir coupable mais délicieux. Tout. Une certaine candeur aussi.

« C’est un peu cliché comme phrase... mais... mais c’est bien le problème. Je t’ai... Je t’ai toujours aimé. Petite déjà, adolescente, et... encore aujourd’hui... Dans le fond, j’ai toujours pensé que nous étions fait l’un pour l’autre. Peut-être l’éducation, ou la force de l’habitude... mais nous étions bien enfants, ensemble, pas vrai ? J’aurais certes préféré que tu me demandes plutôt que nos pères ne se mettent d’accord, mais j’étais soulagée dans le fond que ça tombe sur toi... »

Il sourit posément attendant le mais à la fin de l'histoire. Avec le temps, lui aussi aurait préféré que leurs pères lui laissent le temps de faire sa demande. Il l'aurait faite, pour sûr, mais pas si jeune. Il aurait attendu d'être un homme et qu'elle ne soit pas encore tout à fait femme. Il en aurait parlé à tous et elle aurait été la dernière au courant. Elle aurait bien sûr détesté tout cela mais elle aurait dit oui, sinon par l'élan de son coeur, pour les yeux noirs que lui aurait jeté son père. Mais les choses ne s'étaient pas passées ainsi et aujourd'hui, ils se trouvaient l'un et l'autre sans bride paternelle pour veiller à ce que les choses se déroulent selon le plan.

Elle recula et sursauta comme un chat réveillé par le bruit de la cymbale qu'elle venait de faire tomber. Calixte n'eut qu'à tendre le bras pour attraper sa main, promettant de la ramener au plus près de lui si elle faisait un pas de plus pour s'éloigner.

« Mais ?», demanda-t-il par jeu...
« Mais on ne doit pas, Calixte. S’il l’apprend... C'est pour toi, que je fais ça. Crois-moi. Si ça ne tenait qu'à moi... »

Une ombre passa sur le visage de Calixte. Il. Comment ne pas se doutait qu'il reviendrait se mettre entre eux mais du fin fond du trou pourri où la justice magique l'avait envoyé? Le visage de Calixte reprit vite sa contenance. James Grey en avait pris pour perpétuité. Il n'y avait aucune raison pour qu'il vienne sonner à sa porte un jour et lui demander des comptes.

« Ca ne tient qu'à toi Symphony. Tu ne peux pas vivre toute ta vie dans la crainte de ce que les autres penseront. Pas même James. Et tu n'as pas que James. Je sais que Brivael approuverait, ne serait-ce qu'en mémoire de votre père. Et si c'est des représailles à mon encontre que tu as peur alors saches que je ne suis peut-être pas le fier héros qu'a été Brivael, je n'aurais aucune chance en combat singulier face à James et d'ailleurs je n'ai jamais eu le goût du duel, mais je suis bon stratège et une fine lame dans l'esprit. » , ça n'était plus à démontrer d'ailleurs et rien qu'à la façon dont il la regardait, elle ne pourrait pas mettre en doute ce qu'il disait, « Je ne laisserais personne me détourner de toi Symphony. Tu le sais bien. » , il l'attira à nouveau contre lui mais cette fois-ci simplement pour le plaisir de l'entourer de ses bras et de se sentir son protecteur, « Et je ne laisserais personne vous faire du mal. »

Cela avait le mérite d'être clair. La maison Mc Swann avait accordé aux femmes et enfants de la maison Grey son entière protection et tout son soutien depuis la chute du Seigneur des Ténèbres, quand Calixte était devenu le chef de famille. Symphony savait que les sentiments qu'il nourrissait à son égard y étaient pour quelque chose mais ça n'était pas tout. Il y avait aussi, quoiqu'on puisse en dire, un certain sens de l'honneur et du devoir derrière tout cela.



« Gold gives to the ugliest thing a certain charming air,
For that without it were else a miserable affair. »


 
MessageSujet: Re: A Long Sweet Ride Home   
Mar 20 Aoû - 20:02


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Origine : Anglaise (Forêt de Dean).
Préférence Magique : Métamorphose.
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Lady Symphony Grey


Ce n’était pas vraiment qu’elle avait peur pour elle, car si James Grey était un monstre qui s’inscrirait sous tous les noms de ses ancêtres Grey aux auras sombres, il ne lui aurait jamais fait aucun mal. Elle en était sûr, car ils avaient été élevé ainsi. James n’était pas Hermenegild qui tua ses deux frères. Il était meilleur - aux yeux de sa soeur en tout cas.
Pour autant, ne pas lui faire du mal à elle n’incluait pas d’épargner ce frère de sang, ce Calixte Mc Swann en qui il avait cru, et qui l’avait poignardé dans le dos. Selon lui. Les lettres parlaient de traîtrise, de vente, de haine aussi. Il y crachait sa rancoeur, celle qui n’avait jamais cessé de tourner. Azkaban lui avait pompé les pensées les plus positives et son coeur avait été rendu noir de suie. Il était un château qui avait vieilli sans jamais voir le soleil. Sa pierre était devenue de l’asphalte. James Grey aurait bien mieux fait de porter le nom de Black.

« Ça ne tient qu'à toi Symphony. Tu ne peux pas vivre toute ta vie dans la crainte de ce que les autres penseront. Pas même James. Et tu n'as pas que James. Je sais que Brivael approuverait, ne serait-ce qu'en mémoire de votre père. Et si c'est des représailles à mon encontre que tu as peur alors saches que je ne suis peut-être pas le fier héros qu'a été Brivael, je n'aurais aucune chance en combat singulier face à James et d'ailleurs je n'ai jamais eu le goût du duel, mais je suis bon stratège et une fine lame dans l'esprit. »

Symphony le regarda, mais son coeur doutait. Elle avait toujours vu en Brivael et James deux grands guerriers. L’un était blanc, l’autre était noir. Et elle était tout autant persuadée que si Brivael ne ferait pas de mal à l’aveugle, James avait toujours eu cette colère dans les veines.
Dans le passé, Lester suffisait seul à calmer ce qui était un véritable volcan, ou plutôt une tornade. Il suffisait alors de le frapper assez fort pour qu’il cesse tout simplement. Mais aujourd’hui, James était autre chose. Plus grand. Plus fort. Il était un monstre de haine, rongé jusqu’à la moëlle. Y avait-il seulement encore quelque chose à sauver chez lui, elle se le demandait.

« Calixte, je... »
« Je ne laisserais personne me détourner de toi Symphony. Tu le sais bien. »
, elle agrippa de nouveau sa veste, dans un geste qui lui semblait machinale, baissant les yeux, « Et je ne laisserais personne vous faire du mal. »
« Ce n’est pas pour moi que j’ai peur, mais pour toi. Tu sais, je connais mon frère, et… Et James est pas un mauvais garçon, c’est quelqu’un de… de brave, et… Je veux pas que ça finisse comme ça entre vous. Je ne veux pas qu’il lui arrive quelque chose, et je ne veux pas que… » Elle releva les yeux, le fixant. Son visage était beau. Intacte. Elle baissa aussitôt les yeux, serrant plus fort sa veste. Ses mains délicates tremblaient un peu. « Il est capable du pire. Je ne veux pas que tu finisses comme ça Calixte. Bien sûr que je te haïrais si tu en aimes une autre, si tu te maries à une autre, mais c’est le mieux. C’est le mieux... enfin... »

Elle inspira profondément, pour s’en persuader, pour respirer ses mots qu’elle ne pensait que trop peu. Elle relâcha doucement la veste de son ami, rouge.

« Je sais que Brivael sort la semaine prochaine. Jeudi. On ira le chercher avec Etàn à la sortie... » Elle releva ses yeux de nouveau, croisant son regard. Peut-être que Brivael changera quelque chose dans tout ça ? Elle allait devoir lui expliquer plus qu'elle ne l'avait fait dans les lettres. Que la Demeure des Grey n'était plus leur. Qu'il n'avait finalement plus qu'un titre, et qu'elle s'était refusée à le vendre comme on vend un chiffon ou un mouchoir.

Elle osa de nouveau un regard sur Calixte. Un petit sourire naquit malgré tout. James ne lui ferait pas de mal, pas vrai ? James ne voulait, après tout, que son bonheur... Brivael saurait lui faire entendre raison, et puis, dans une prison...
Elle se posta sur la pointe des pieds et même dans ses talons, elle faisait ses pointes comme on fait des coeurs sur du papier. Sa bouche se posa doucement sur la sienne, douce, mais vive. Elle était trop gênée pour s’attarder.

Elle retomba talon sur le parquet, d’un même coup, et retira doucement ses mains du costume de Calixte, lissant le tissu pour le remettre comme il était. « J'ai besoin de temps. Pour réfléchir. Peser le pour et le contre Calixte. Et je sais que tu me le laisseras. Tu n’es pas à une semaine prêt, j’imagine... »

Son petit sourire était espiègle, quoi qu’un peu gêné. Après huit ans, elle se sentait encore cruelle de l’avoir fait attendre, mais des deux, elle n’oubliait pas qu’il était celui qui l’avait suivi.


- SYMPHONY Aubade GREY -
Avec ses vêtements ondoyants et nacrés, Même quand elle marche on croirait qu'elle danse, Comme ces longs serpents que les jongleurs sacrés Au bout de leurs bâtons agitent en cadence.
merci ♥ silver lungs

 
MessageSujet: Re: A Long Sweet Ride Home   
Mar 20 Aoû - 22:27


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Calixte Mc Swann
« Ce n’est pas pour moi que j’ai peur, mais pour toi. Tu sais, je connais mon frère, et… Et James est pas un mauvais garçon, c’est quelqu’un de… de brave, et… Je veux pas que ça finisse comme ça entre vous. Je ne veux pas qu’il lui arrive quelque chose, et je ne veux pas que… »

Calixte n'aurait pas employé lui-même ces qualificatifs-là pour parler de James Grey. Mais par respect pour Symphony il ne fit aucun commentaire. Par ailleurs, il l'avait toujours vue très proche de James et quelque part, il savait que s'il devait effectivement arriver quelque chose à James, elle ne pourrait jamais le lui pardonner.

Il s'était d'ailleurs toujours demandé comment Sven, son meilleur ami, gérait cela avec sa femme, Temperance. Après tout, si elle avait accepté de l'épouser et de lui donner ce petit bout de chou ravissant qu'il leur enviait parfois, c'était bien qu'elle lui avait pardonné. Et il savait que les talents de maître des potions n'y étaient strictement pour rien. Quand il regardait Sven et Temperance, il ne voyait rien d'autre que de l'amour. Un bonheur sans tâche qu'ils s'étaient construits ensemble, surtout au prix des efforts de Sven. Mais le tout tenait ensemble très solidement aujourd'hui. Il espérait qu'un jour il pourrait lui aussi envoyer un patronus à Sven pour lui dire qu'il devait rappliquer de toute urgence, et finalement lui demander s'il voulait bien être le parrain de l'enfant que Symphony portait... quoiqu'à la réflexion il faudrait déjà faire avaler cette pillule-là à Symphony et ce n'était pas gagné. Comme presque tout avec ce bel oiseau rare dont il s'était épris.

« Il est capable du pire. Je ne veux pas que tu finisses comme ça Calixte. »

Cet aveu lui réchauffa le coeur. Doucement il caressait le dos de sa main répondant sans montrer le moindre signe d'alarme... après tout James Grey en avait pris pour perpétuité et on ne s'évadait pas comme ça d'Azkaban...

« Il ne va rien arriver à personne. Je te le promets. »
« Bien sûr que je te haïrais si tu en aimes une autre, si tu te maries à une autre, mais c’est le mieux. C’est le mieux... enfin... »
« Ça non plus ça n'arrivera pas. » , répondit-il, cette fois-ci bien ancré dans cette certitude.

Si finalement Symphony lui échappait, et dans l'hypothèse ou il se lasserait de la courtiser, Calixte savait qu'il serait trop aigri pour aimer à nouveau. Il finirait alors plus probablement comme ce vieux Manfred, seul et sénile dans une maison trop grande et trop vide pour lui. Et si c'était pour prendre une épouse et lui faire vivre l'enfer parce qu'elle ne faisait rien comme Symphony quel était l'intérêt. Calixte avait été un petit prince capricieux et pourri gâté mais il avait bien grandi depuis.

« Je sais que Brivael sort la semaine prochaine. Jeudi. On ira le chercher avec Etàn à la sortie... »

Il acquiesça sans rien dire. La sortie de Brivael ne pouvait qu'augurer de meilleurs cieux pour la famille Grey même si cela ne signifiait pas que tout allait être rose. Par ailleurs, Calixte ne doutait pas que Brivael achèverait de sécuriser Symphony dans ses choix, alors sans doute, arriverait-elle à se lover dans ses bras sans se sentir coupable ou avoir la sensation de commettre un acte de haute trahison.

C'est sur un sourire de Calixte qu'elle posa furtivement ses lèvres finalement. Pour l'instant il n'en demandait pas plus même s'il aurait aimé avoir tout d'un coup. Un grand mariage. La promesse de rire d'enfants. La promesse d'un sourire heureux sur ses lèvres à elle. La promesse d'être sa femme pour le meilleur et pour le pire. Mais un baiser suffirait pour le moment.

« J'ai besoin de temps. Pour réfléchir. Peser le pour et le contre Calixte. Et je sais que tu me le laisseras. Tu n’es pas à une semaine prêt, j’imagine... »

Il eut un demi rire amusé.

« Je préfère te laisser le temps qu'il faut pour former la bonne décision. Reviens moi juste avec la réponse de Symphony Grey. Juste Symphony. Pas James. Pas Brivael. Pas une autre. La tienne. » , il prit son visage dans ses mains en coupe pour poser un baiser sur son front, « envole-toi bel oiseau, et reviens-moi vite... » , fit-il en la libérant, il espérait, le coeur plus léger.



« Gold gives to the ugliest thing a certain charming air,
For that without it were else a miserable affair. »


 
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